mai 31st, 2022 § 0 comments § permalink

Solitude du cri

Je suis parfaitement seul
Mes cordes vocales commencent à faiblir
Un cri que j’ai poussé l’autre jour
M’a laissé une empreinte d’abandon
Et mes cordes vocales s’enlisent
Dans les vocalises silencieuses
Des terres meubles et des pylônes

Je ne résume pas de discours en une voix
Mais des séquences viennent parfois
Oblitérer le sens de mes paroles
Elles se multiplient et dans un désir panoptique
J’envoie des émissaires au ciel et aux collines
Celles qui se démarquent à l’horizon
Des immeubles froids dans l’épaisseur de la nuit

Je suis ce qu’un rien oblige
Pour des rancœurs et des contrariétés
Je clapote dans des eaux troubles
Et suis une trajectoire insensée
Ce monde heurte la séquence de celui
Qui vit dans les artères et les futaies
Les tunnels aussi de cette nuit
Et les allées où rire et discourir
Sont des fruits transis

mai 30th, 2022 § 0 comments § permalink

Permanence.

Le flot continu, je te l‘avais dit
Continuellement tu vois et respires ce que vis
L’atmosphère et la biosphère autour de toi
Qui sont écorces de ce sentiment
Continument tu as le sentiment terrestre
Et le palimpseste humain se décharne
Et se régénère dans tes chairs
Les musiques sont toutes
Elles sont toujours une pour ce qui vient
Tu peux être si longuement présent
Dans les fentes et les failles
Dans la plénitude du ciel

Mais ensuite, mais ensuite
Les zones de mort

mai 25th, 2022 § 0 comments § permalink

LA VASQUE DES CHAMPS ELYSEES

La vilaine vasque
Je laisse au sol la pauvre maison des autres
Je laisse au bord de la vasque le tremplin des autres
Je tente d’amortir un sentiment amer
Qui suscite d’autres mers encore que la vasque
Et j’étreins des manches solitaires dans la main de ce parc
De cette fin d’avenue aménagée en espace vert
Là je tue une chose tuée
J’étreins des nuées de petites vies
Petites, parce qu’elles sont immenses
Et que je n’ai accès véritablement
A la folie de leur délire

Des femmes marchent, accompagnées
Ou seules comme les cristaux de cette vasque
Et comme la pierre taillée pourtant d’une main de maitre
Elles avancent et personne ne veut nouer de lien
Autre qu’une vague appréhension et parfois une accroche
Mais je ne désire rien tel un ver qui se tortille
Je ne suis non plus dans la sagesse antique
De ces pierres et ces eaux qui déferlent

05 /21

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

(Tu sens l’adrénaline, ça me rappelle aussi
Comme les phénomènes sont dans le soir
et dans l’air mais alors comment se peut-il
Que l’adrénaline ait une telle odeur
Sur un visage)

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

JE ME SOUVIENS DE TOI

Je me souviens de la salive amère du soir
Comme des algues s’accrochent à des bois
Et des pierres moussues dans les murs
Un tunnel où l’on entre dans l’usure
Et des bancs sales d’être dévêtus
Cela n’avait jamais été un endroit sinistre

Cela semblait irréel et pourtant c’était la vérité
Il y avait des marches où j’étais assis
Il y avait des déchets et des produits
Des senteurs qu’on ne perçoit pas
Il y avait de l’ivresse et un trouble
Et des rameurs qui avançaient

J’étais seul mais montaient des saveurs
Et des ivresses et le grain des marches
J’avançais dans mon cœur et voyais des images
Je pensais à des gens qui n’ont pas de présence
J’étais habité par un secret et une souffrance
Et je restais dans le cœur du bonheur

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Ne plus penser

Tu peux vraiment être ému de ne plus penser
C’est la vision primordiale de l’étrange
Ramifiée sous toutes les ramifications possibles
Tu ne penses pas et la seule explication est de ne pas penser
La tension est une vague de fatigue qui s’achemine
Dans la béance du cerveau qui ne pense plus un laps de temps
Et s’en va dans l’inconnu et l’étrange défaits de tout système
Pour être un paysage évocateur et un orgasme d’étrangeté
Tu te régénères dans le fond de l’entité première
Qui est une image douée de langage

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Souvenir

Je pense à un immeuble d’Allemagne
Une petite chambre à jeux où il y avait des filles
J’étais heureuse et émue de les voir jouer
Et dans le calme de la chambre close
Je rêvais heureux et restais dans cette vive figuration
Où entrait le monde des émotions amoureuses
Et de la plus secrète harmonie qu’on puisse connaitre
Dans le silence et l’absence de parole
Mais seulement des propos de jeunes filles
Et la figuration d’une chambre
Et du jeu qui s’élabore

J’arrêtais le temps et parlais aux anges
Quand je ne me souciais plus
D’être fille ou garçon

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Le bruit de la vie

Ils sont des nerfs sans pensée
Des panoplies de discours sans panoptisme
Des vides sonores et électriques agités
Des phraséologies vides de sens
Quel effet cela fait de ne pas penser
De véhiculer des sons sans référents
De tourmenter la phrase sans style
San but, et ressasser la misère mentale
Quel effet, de mimer la parole, les intonations
Les injonctions stériles à ne rien être
Doit-on basculer dans ce vide châtré
Pour faire partie de la secte du grand néant
De la grande famille du presque rien
Des invectives stériles qui ne mènent
Qu’à une misère toujours plus vaste
Sans plus aucun débarcadère

Je pensais quelquefois à des vides
A des langages de fleurs
J’arrêtais le temps face à des paysages
Mais en vérité je pensais toujours
Ou je ne pensais plus parfois
Et je jubilais d’une tension présente
C’est cela le grand bonheur

mai 20th, 2022 § 0 comments § permalink

TEMPLE

La grande orée, il m’arrive
D’être à ce point éloigné qu’un millésime
Entre dans les veines et le petit sang
Ne colle aux traverses et la marge
Des jambes en marche se délite
Dans le visage des marées

Je ne dis pas ce qui tient en déclin
La plus fine ramure et l’aile aux abois
De la marche et du mouvement
Des terres et des liens qui gravissent
Le temple et sa manière plastique
D’exténuer à tout va

Le sentiment sensible

mai 17th, 2022 § 0 comments § permalink

Les trois amis.

Je pense à des jeunes dans leur chambre d’hôtel
Ils sont tellement des pitres intellectuels
Ils gravissent des monts imaginaires
Et si puérils que des enfants les prendraient dans leurs bras
Ils cassent des objets, ils ne dorment pas
Ils fêtent la vie et ne dorment pas
Ils sont si cruels avec l’intelligence
Rien ne leur échappe

L’un répond qu’on est isolé en soi aux paroles de son ami
Et ils se droguent et ils s’agitent dans la chambre d’hôtel
Ils vagabondent dans cet huis clos qui ne leur appartient pas
Mais leur esprit a saisi l’essence de ce lieu
Si bien qu’ils sont à l’aise chez eux comme des blocs
Hilares et millénaires

Ils continuent leur cirque et si fine est leur intelligence
Et percutant leur propos qu’ils se comprennent
Ils ne trompent rien dans une entente parfaite
Et sont tellement cruels avec les autres
Les autres qu’ils pourchassent de leur esprit
Et ridiculisent le monde à un point
Qu’aucun souci ne les traverse

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