août 18th, 2022 § 0 comments § permalink

TUEZ

Il faut toujours tuer. Tout est là ; c’est l’unique réponse. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Sort qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut tuer sans trêve.

Mais qui ? Des cibles, des masses, des jeunes filles, à votre guise. Mais tuez-les.

Et si quelque fois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous restés éveillés, l’ivresse déjà brimée ou disparue, demandez au mouvement de l’air, au mouvement du vent sur l’eau, au mouvement des astres dans l’univers, à l’oiseau migrateur ou immobile, au mouvement du temps, à tout ce qui bat, à tout ce qui blêmit, à tout ce qui bouge, à tout ce qui est de silence, à tout ce qui parle en vous, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge vous répondront : « Il est l’heure de tuer ! Pour n’être pas les victimes martyrisées du Sort, guérissez-vous ; mais tuez sans trêve ceux qui tuent ! Des cibles, des masses, des jeunes filles, à votre guise. »

août 18th, 2022 § 0 comments § permalink

Tuer.

Il faut tuer. Tout est là. Si le roseau te parle et le chêne te montre sa force, c’est pour te dire : tue, mon frère, mon majestueux compagnon, ici les rivières te protègent, mais tuer oui, tue il le faut. C’est l’unique moyen de communiquer avec ce qui est juste et fécond. C’est la plus belle des majestés.

Oui tuer, telle est la plus gracieuse des majestés, la plus emplie des coupes, la plus résonnante des conques qui sonne le renouveau, telles sont les véritables particules des sons de cloches qui aiment tant à voir au-delà de ce sort qu’on nous fait.

Tuer oui, dans le grand tumulte, dans le grand art, dans la grande frénésie des corps. Pourquoi ne supprimerions-nous pas la vie en général d’une humanité qui ôte les bonheurs et se rit de la finesse des trèfles, tuons.

Et si tu vois le carbone revenir, si les yeux mauvais, le mauvais œil ou l’œil du malin vont en toi semer le désordre, si l’unique clairon des grandes terres agraires, des feux et des rivières se perdent dans les talons les plus durs de l’œil du malin, alors tue, poignarde, avec plaisir, avec délice et grandeur. Car la vie est unanime et toutes les possibilités mènent au geste qui se recueille.

août 14th, 2022 § 0 comments § permalink

Maison de pierre

J’ai été gêné mais il me reste une page de pierre
Comme l’essaim d’un livre
Dominant la plaine qui n’est plus de toujours
Les adverbes concassés et la déduction
De l’œuvre soustraite au temps
J’ai été gêné dans la page qui offre son moule
Aux présences sensibles et aux manies
Maintenant seulement dans le bout des phalanges
Est la seule maison que tu as construite

août 12th, 2022 § 0 comments § permalink

Nid.

Je vis encore des histoires qui à peine
Sont sorties de ma jeunesse et se reformulent
Je suis dans de longues brisures mais aussi
Toute la plénitude de dunes ou de collines

Et pourtant la rocaille semble pleine
Aussi d’être ce nid et ces visions
Les seules complaintes et la vérité
Semblent un délire insensible

Parmi chaque relief nous venons au fait
Quand tremblent le bout des phalanges peut-être
Et s’insinuent complétement le courant
Des variations géographiques

12/07

août 10th, 2022 § 0 comments § permalink

NATION

Au moment où la brulure tenait les vagues
Je suis entré dans l’eau des cloisons
Dans la terre suspecte où battent les cils
Les seules paupières explosives
Les touches d’une mer morte

La plus ténue des cryptes et des nations
Marchait dans les sévices accordés aux peuples
Et aux portes closes des demeures.

août 8th, 2022 § 0 comments § permalink

La longue avenue.

Veux tu voir comme la neige a cessé d’être
Il y avait de la mousse encore sur les interstices
Il y avait une grande flaque à vrai dire il y avait la nuit
Mais des saveurs différentes se trainent dans le rêve bleu
Et dans le souvenir où l’on ouvre le crâne de ces grandes pauses
Et bâtiments et poutres et parkings qui longent l’avenue de soi
Si bien qu’on se voit seulement sur cette échine précise
Calibrée du monde où le sentiment millimétrique
Perçoit ces cases de bois d’un hiver et le restaurant si seul
Qu’une nuée d’autres choses fourmille
Et on meurt presque

août 7th, 2022 § 0 comments § permalink

Other people is other books
Not you, not your book
opened at the page where your cock is
a quarter of the beautiful poem

I am at the library, – I text you, –
sucking at the end of my pen
and the year inside of me is august chimes
the zero year

the calendar theme is not food
my worried routine of not starving
you barely know the feeling
when you eat because you have to

because you are a boy
stuffing things down my throat
because you are my boy

Lily Ruban

août 6th, 2022 § 0 comments § permalink

BONHEUR PARTI

Ce n’étaient pas des bonheurs vrais mon pauvre
Ces couillonades d’instants fébriles et cannabiques
Ce moment ultime où tu n’es plus
Mais la seule et ultime graine la plus fragile
Qu’on vient saper au fondement
Pas un bonheur vrai chérie

Pas un bonheur vrai bonheur fébrile tu comprends
Pas être bon pour toi car mauvais sort venir
Mauvais sort jeté par je ne sais qui venir
Ou mauvais karma ou autre

Pas bon pour toi si on veut plus alors
Fais avec bébé fais avec ce qu’on te dit de vivre
Fais avec l’élégante matière qui te reste
Dans la fournaise ou la fraicheur tu t’es bien amusé
Juste avant non alors dommage pas grave

août 5th, 2022 § 0 comments § permalink

20 ANS

J’étais comme il y a 20 ans putain
J’aurai dû presque fuguer
Dans la bulle des rochers
Près de la rivière

Au-dessus la route larmoyante
Un rondpoint de toutes les ténèbres
Et bruits d’univers

Puis en dessous les rochers sans sécurité
Ça passe sous le code de la loi
De parler avec les anges

Et se voir narquois
Dans la grande densité
De l’espace en émoi

(L’espace a toujours été un émoi)

30/07/22

août 2nd, 2022 § 0 comments § permalink

Année

Tu voudrais du feu pour la nouvelle année
Tu voudrais une main de soufre
Mais rien ne s’échauffe dans la contre-allée
Et le temps passe comme une écluse
Dans les jours qui tombent
Ce seul mensonge et cette vérité
Déracinent les alvéoles du temps
Je marche ainsi en mouvement
Je suis la pierre et la seule éclaircie

Ils se succèdent dans la montée
Salubre de cette terre
Et n’ai plus rien de rigide

Je suis le moi qui ne souffle
Dans la messe des doutes

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