Mojave ghost.

MOJAVE

Tu balances dans le désert
L’ombre tue ce qui mange mais
Maintenant
Décoction seulement
Et phases de bras
Dans un linceul noir
Et robe qui de bras
Est la cervelle

Ce noir vêtu de cheveux
La structure capillaire
Voilée
Par l’apparat
D’un diable
Écœure l’atmosphère

Tu es béate comme le long du
Chas
Où passe le rêve

De te voir jamais
Ailleurs
Que sur le sable
Et les grèves
D’océan taris

Hallali
Sur l’escrime
Et le vent qui passe
Dans la culture
De l’émoi
Est ce qui est plus
Plus encore
Qu’une accolade
Emotive

Le tracas de n’être plus
Que l’émoi
Dans la voix
Qui danse
Sur le jour

En apparence
Se vêt
L’unique logique
De l’apparence

En balance
Se traverse
Spectral
L’image du moi
Le dicible
Et son amoureuse
L’indicible

La nuée gravite
Etait l’épouvantail
Dans l’appétit
Des semblances acquises

Le poing des douleurs
Dure, imprécis
Le foin
Des animaux partis
Est la preuve
Fossilisée
D’amours terribles

En allée
Dans l’allée
Qui est dure
Comme le sable
Des verres

Je suis marié à des amantes imaginaires qui m’observent avec des caméras, placées dans des arbres. Mes amantes imaginaires et leur amant imaginaire forment un couple qui va au-delà de l’amour. Car si deux imaginaires se rejoignent une collision entre en jeux, parfaitement irréelle pourtant. Qu’elle est donc cette histoire entre nous, a-t-elle lieu dans un quelconque espace, un périmètre quelque part. Et pourquoi cette collision ne peut elle avoir une saveur ? Est-elle condamnée à la rouille comme ce cieux Nosferatu ? Et de quoi parlent-elles, si elles ne peuvent sauver cette saveur qu’elles désirent, si tout le monde se sait vu; les deux parties, et que rien n’entre en collision ? Quel est ce jeu inédit qui existe sans exister ? une tourmente, une spirale irréelle qui a fait entrer de drôle de phénomènes dans le monde ?

2 poèmes d’inspiration plus intellectuelle que sensible

ELLE-MÊME

Pleinement elle-même, réjouie, contentée
Elle s’amuse de la plante des pieds
Qu’elle tient et qui dodeline
Dans le suc raréfié des veines

Elle vient comme un chien s’accomplit
Dans l’estomac de la reine
Et digère des panoplies
Qui lentement s’égrènent

Elle meurt d’être aimable
Dans l’indécence la plus souveraine
Et pouffe d’être sale
Dans les grands paradis des escales

VILLE

On ne peut pas dans la ville
Prendre avec des mains l’essence
Des parterres oublieux

On ne peut pas lever le chemin
Avec d’autres tiges de fer
Que le monde qui advient

On se surprend à toucher des cimes
Cramoisies et bétonnées
Dans l’étonnement du jour serein

Collage : Edward Barrow

LE MAL

La pellicule était tellement fine
Des gens sont envoyés, des gens disputent aux nervures fines
Ce qui n’est plus, ils veulent que plus rien ne soit
Et plus rien n’est. Il reste l’agissement spectral
Le tout amour et la toute détresse qui étaient
Il n’y avait pas de mots. Le comportement a détruit
La gangue des mots. Il reste le mal
Il reste la douleur. Il n’y a plus de musique tu entends
On a tué cette métaphore qui trainait
Avec sa cape dans ce désert
Dans cette périphérie

Série « Tellurique », par Faustine Ferhmin

https://www.instagram.com/faustineferhmin/

Dessin : Lucie Kerouedan.

LE COEUR OUVERT

Je suis au fulminement, cela transpire
Et découpe les petites tranches du bois mélodieux
Dans une prairie sylvestre et mentale
Elle attache des rares esquives

La beauté poétise, voir est indicible
Le regard est une ligne ouverte
Et mes yeux sont le panorama
Des éclaircies plates

Des velléités sommaires, j’ouvre le grand
Sens du large et j’ai voulu dire
Que jamais rien ne s’arrête
J’ai voulu garder l’empreinte céleste

ASPHALTE

Nous levons le pied sur l’asphalte qui brule
Il peut être dur et vertigineux
Quand les cadenas se ferment

Mais si l’aréole de la route sublime
Les tours et les vaisseaux des bras
De cette tour suprême des arbres

Nous recadrons les limailles de fer
Nous rongeons les armatures de bois
Et nous stationnons dans l’orfèvre

VALLEE

Si nous puisons à l’affiche la belle
Et la devanture espiègle de faux bois
Cela se referme dans une faible lumière

On touche le creux d’une vallée urbaine
Où montent et descendent des souterraines
Et l’hospice d’une église sereine

Les avenues sont les mêmes mais
Nouvelles sont assises les demeures
Où figurent des rois et des reines