février 28th, 2022 § 0 comments § permalink

Je ne pense pas qu’une guerre changera grand-chose à l’ordre des choses. Les uns colmatent leurs angoisses avec des tissus de fer, les autres font des tissus de masse et certain des objets de subversion. Toujours la quantité de ces tissus et de ces métaux sont en sursis. Ils n’ont aucune autre utilité que de marquer une fonction qui est vouée à disparaitre, et creuser un peu le lit des nations, jusqu’à l’épuisement.
Tout est particulièrement épuisé, comme les ressources, la fatigue amère et les tranches de ce sommeil et cette vapeur luisent dans les esprits de tous, les sommeils qui approchent sont les plus nerveux qui soient. Ils nous auscultent puis font de nous des machines de nerfs tellement stupides que les sentiments de la plupart penchent vers ce vide nerveux où le sens est une électricité, un mécanisme d’insectes. Dans cette fausse à insectes, les gens pullulent et leurs coriaces mandibules se choquent les uns les autres, jusqu’à ce que le poison soit diffus dans l’air, et à ce point que tous s’empoisonnent et se menacent. Mais ils ont une trêve : la contamination, et l’immunisation contre leurs angoisses.
C’est précisément là le principe d’une guerre, quand les machines sont bien huilées, que tout est clair pour tous, il faut passer à l’attaque, sinon à quoi bon avoir perdu ce précieux temps au pris de toute une vie, de tous son charme, sa beauté et sa langueur. Il va falloir maintenant user le canon et faire du feu du soufre l’arme balbutiante du souffle, de la destruction plus vaine encore qu’une mégalopole dans un désert.
Combattre n’est plus dans l’air du temps, mais bâtir du fer et des instruments de précision est le meilleur stimulant. Il engrange une force qui correspond à la dévastation des hommes et à une certaine lâcheté. Tout cela en somme, n’est qu’un sinistre bâillement, passif agressif, une sinistre revanche sur la mollesse. Et ce bâillement pourtant plus mou encore, le plus mou qui soit, avale la quantité du monde, ses insectes, son vent solaire, ses petites impressions qu’on avait au bord des chemins, des quais et cet air du soir revivifiant, ce grand sentiment qui nageait et berçait les têtes, le lieu du bonheur et de la jeunesse, le lieu disons où les mesquineries mêmes étaient belles, où l’on pouvait envisager un monde assez vaste, un seul temps, pour pouvoir se distraite tout en restant fort. Cela est avalé, la musique est devenue l’art particulièrement en berne de nos jours, elle ne produit plus de réel.
Ce bâillement sera le feu et le souffle neurasthénique qui ensevelira ces joyaux, ces sentiments fugaces qui faisaient le piédestal du monde.

février 27th, 2022 § 0 comments § permalink

Le sang des céréales

Plus pourris encore
Qu’un vaste champ agraire
Il se rappelle les poulaillers sommaires
De son enfance dans les champs
Puis martèle l’indicible matière
Qu’il aimerait tant pouvoir éprouver
Dans le coin des granges et des lampes

Il s’essuie nonchalamment
Après avoir rendu grâce au déjeuner
Il pullule comme des abeilles aux champs
Des fines traces sur son chemisier
Des morceaux sans nom et sans verbe
Acheminés au tumulte de son grand néant

C’est le temps agraire contemporain
Qui s’éprend de la petite commère
Qui a vendu boutique à l’odorante
Menstrue du temps

février 26th, 2022 § 0 comments § permalink

Tout

Au-delà du sentiment lysergique
Emoi contractuel qui n’a pas de formes
Antagonisme de la chair et de l’épice
Et tout est dissous superbement
Le sens n’a pas d’ailes mais seulement
Le grand angle poursuit le tour
Sans aucune attache
Et le grand ferment n’a pas d’ivresse

Mais tout à un contour, pourtant

février 26th, 2022 § 0 comments § permalink

Jour

Tu sens le vin diurne coller
A la face décantée du superbe saturne
Mais le vrai jour n’a pas d’autres jours
Il est le seul et il n’y a rien qui derrière
N’enfreint ce même jour qui est tout
Seulement la cornée ouverte du sentiment
Intérieur et seulement le sentiment
Qui s’active dans celui hallucinogène
De toujours.

février 25th, 2022 § 0 comments § permalink

Molécules

Mais l’île et la végétation sur laquelle
Je me trouvais excitaient de leurs membres souillés
La nouvelle et l’aurore dans cette fin d’après midi
Je sentais le tumulte qui envahissait les plantes
Et couvrait l’ardeur des phénomènes
En une danse infiniment solaire

Je ne pouvais déceler ce qui parmi les habitants
S’effondrerait tandis que la tendre angoisse
Se diffusait dans les clairières
Et les parties secrètes et foisonnantes
De la chair des arbres. J’étais si perdu en moi-même
Que je ne réalisais rien de cette vie nouvelle

février 25th, 2022 § 0 comments § permalink

Inès

Je bataillais avec les éléments
Et me déchainais dans le grand con d’Inès
Plus j’allais, et plus la friction avec le monde me faisait
Voir et entendre ces claires régions
Cartographiant chacune de ses émotions
Ses singularités et ses anfractuosités
Qui composaient l’union avec ce corps et ce cœur
Dissemblable pendant que nous nous unissions
Les galeries des arcs fusionnaient avec les grandes comédies
Et l’amour devenait si clair qu’elle était uniquement
Ce corps haletant qui s’effondrait
Dans la plus subtile des volières

Nous chantions le désir par les cris et les effondrements
D’un asphalte brûlant, de créneaux qui s’affaissaient
Sur les assises océanes et les mains
De nos grands cœurs

février 24th, 2022 § 0 comments § permalink

L’avenir de la France

Lorsque Jacques passa par l’esplanade de la Défense
André sodomisa Éric avec ses mains
Le cul de Bernadette enfla et se crut dans le nu
Des arches et des tours émues
Les chiens violacés ne surent jamais
Qui entra le premier

Un SDF chiait aussi sur l’esplanade pendant qu’une patrouille
De police lui brûla la nouille avec son hélice
Mais Yvonne se crut au Super U
Et sodomisa les gendarmes

février 24th, 2022 § 0 comments § permalink

Beau jour

La série d’usure n’était
Que la parfaite magistrature d’un monde d’irréelles
Structures de métal et de fer
Il souvenait aux autres écuelles
Dans l’inimaginable cinglerie de l’incertain
Qu’il subsistait des corneilles
Où poser son déclin

Les bardes tranchèrent la joue de la ville
Si bien que personne n’entra qu’une aile fugitive
Et les mots moururent pour libérer la place
A d’autres stances moins dures

février 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Enigme

Mon cerveau gonfle et mes chairs
Cérébrales insufflent au fleuve ce qu’il faudrait savoir
Ne pas se rendre dans le lieu où cela fait mal
Devoir ternir les exaspérantes fleurs et boucler
Dans la gaine d’une voiture ce fleuve
Il faudrait manger les reliques et ne pas
Avoir de temporalité et de style
Mais un élément ne dit pas comme sa force
L’engage à se trahir

J’en viens au corail mort des idées.

PELLICULE

Il n’y a qu’une mince pellicule entre le tout et le rien
Entre ce qui mijote et ce qui va te bondir à la gueule
Comme un monde adverse
Là ça va saillir dans tes flancs
Tout y est si abrupt
Tu vas sentir et récolter le suc
Qui va te renifler à son tour et te manger

février 22nd, 2022 § 0 comments § permalink

RUMEUR

La rumeur, inaccessible antenne
Caprice du créateur de plagier les enceintes
D’une terre féodale et de son va-et-vient
Des coqs à crête carmin qui vomissent leurs aisselles
Dans l’éponge spongieuse des lendemains
Les abricotiers se penchent sur la terre comme des ailes
Et le clapier transpire et sue des odeurs de cervelles
Les mains d’un clavecin, comme pétries de l’air libre
Chantent en souverain dans les tempes voisines
De la ville éprise

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