avril 25th, 2022 § 0 comments § permalink

Daumesnil

La grotte a un double plafond de roches
Elles sont saturées de calcaire et de silices
Des pigeons logent dans les niches
Et l’eau s’altère dans les fientes et les roches
Une odeur de vieilli rend l’esprit sensible
A ce confinement de volatiles

Dehors le lac emprisonne des cygnes
Qui viennent à la rencontre de cette maison morte
Où rien ne bouge et tous les battements d’ailes
Sont des éternelles bribes de calvaires
De petites révoltes soumises et matées

Je n’aime pas cet endroit, il est lugubre et rien
N’émerge de cette peau de chagrin à touristes
Rien ne transmet un gout de l’ailleurs
Il n’y a de corps sensible que réclusion
Je n’aimerais pas être un saint
Et n’aime pas les villes

avril 20th, 2022 § 0 comments § permalink

VISAGE

J’entends un velours ou une voix dans la nuit
C’est différent de ce que l’on entend habituellement
Je dis que dans le soleil il faut aimer ce que l’on a entendu
Et puis il y a une croix sur les visages
Il y a une longue croix maintenant que la nuit nous habite
Mais avant seul soleil faisait jouir du visage
Dont il faut toujours se souvenir
Les joues et les cheveux toujours
De celle qu’on a aimée toujours les joues
Le visage et les cheveux

avril 19th, 2022 § 0 comments § permalink

Nuage

Il y a un nuage qui trempe
Dans l’acier chaud d’un ciel chargé
On ne le dirait pas mais ce nuage est réversible
D’acier et bâti de poutrelles démiurgiques
Il semble léger, mais il est de la fonte et de la charpente
Il est gros et saisissant, comme une pensée
Il déverse de l’eau sur des contrées entières
Sur des monolithes éparpillés

Ce nuage grotesque et tellement beau
Tellement subtil et façonnant les rêves
Ce condensé de miasmes et de mimosas
Cette vapeur bleue et chaude qui danse
Et pétrit l’air et les lieux de sa masse
Il est bien plus que cela encore
Il est le pire et le meilleur
Une psychose

Il tend les villes, il aspire les bordures
Et là où les buildings parfois le tenaillent
Il enchante et il bourlingue sans jamais bouger
Il est la piste de musique qui ne finit pas
La répétition et la grande élancée
Le ventre des dieux

Le vide qui se matérialise et surtout
La fenêtre ouverte qui déborde d’elle-même
Le temps général et le temps gâté
Singulier. Les époques diverses
La seule unité
Le corps

avril 16th, 2022 § 0 comments § permalink

Gravité de l’instant

1.

Agressé de toutes parts
Et souffrant le martyr jusqu’à la dernière limite
J’ai dû rentrer chez moi, passant par toute la ville
Oui je vous dis, mon martyr n’a aucune limite
Je souffre tellement, et suis dans une telle détresse
Que la folie serait presque un secours
Pour ma souffrance sans limite

Malgré ce martyr immense, impensable
J’ai été quitté et mon chagrin
Tandis que les passants et les motards
M’exterminent psychiquement
Et me détruisent jusqu’à la dernière limite
J’ai été quitté
Et j’ai été presque bien avant
Adossé et alité
Mais pensez-y

Mon martyr, s’il doit avoir une limite
Elle n’est pas définie
Elle est presque sans bord
La maladie rôde
Les pires soucis

Les pires qu’ils soient

2.

Suspicieux, comme une détresse féconde
Et comme la rivière m’inonde
De chandeliers morts en guise de cet amour
Que n’ai plus, que je n’ai eu
Mes milles dieux exemplaires qui m’ont traversé
Me laissent le traversin de ce cri alité
De ce fourvoiement dans le Colysée
Suffoqué et mort comme cette ville
Et toute l’agression du monde

Quitté, trahi, déambulé dans les milles connexions
Affaibli comme l’assassin héroïque des tue-rêves
Transcris dans le monde superbe
Je vis parallélisme
Et seule la vraie candeur
Seul le rêve hybride
Seules les sagesses ?

Cri de détresse orgastique

3.

Ça tombe au mauvais moment mais
Je vous avais pas dit que j’allais super bien
Je vous l’ai jamais dit que je vais mieux que vous
Vous ne me croyez pas ou quoi
Dommage alors, dommage pour moi
Je suis mon seul rêve vous endommagez mes roues
Elles sont belles comme de la soie
Sur l’or des routes

Je suis le seul fauve en cage
Qui est dehors si bien
Qui est si tard et qui se lève dans la route
Dans la rosée des seules roses
Dans le symbole de la seule vie
Dans le seul créneau
Et le pneu qui conduit
A tous les seuls périples
Et le seul paradis

Je vous l’offre

4.

J’ai si souvent été
Dans le cocon nuptial des paradis
Dans la chair algale de la terre
Et les oiseaux qui soupirent et rient
Dans le subtil lait de l’oubli
Mais pourquoi seule conscience et seul paradis
Que ce lait étrange de l’oubli

Seule offrande et seule décharge
Que l’inconnu étourdi
Ne plus penser une seule seconde

= plus grand des paradis

avril 15th, 2022 § 0 comments § permalink

Nature

Le chat est allongé en long seigneur
Sur les dunes de l’éternité viennent
Les rongeurs exaucer de petits vœux
Le chat semble être autant sporadique
Que l’éternité se mêle à la grève

Mais ici il n’y a que le bois qui règne
Et l’absence de contrées sauvages
Dans le seul principe de ce qui passe
Et n’opère de délices avec les spasmes
De la nature véhémente

De la tranquille présence des plantes
Du corps narquois et de l’hélice tremblante
D’une orée noire et d’une verte palisse
Tout est en place dans la terne mélasse
Qui se dégage de ces arbres froids

avril 14th, 2022 § 0 comments § permalink

Pensée intempestive

Les malades capturent l’âme sereine
De ces beaux-là qui ne savent que le sable
Des idées et rouges et bleus sont les vitraux
Qui tintent dans le creux de la main
De ces seigneurs délaissés et ces mouches
Touchant le cœur de la tendre araignée

Les gens pleurent de ne savoir être
Dans la touche du grand instrument
Et dans la cime des tendres éléments
Les éléments clairs viennent adoucir
Le cœur squelettique de la madeleine

Les gens meurent d’être des faux semblants
Dans l’échine de la terre qu’ils habitent
Les machines les prennent en tenaille
Mais dans le fond du lac est l’algèbre
Qui semble ne jamais être pareil

avril 13th, 2022 § 0 comments § permalink

Fête funéraire (d’après un tableau de Munch)

Les gens tournent ensemble dans la nuit
Les visages sont émaciés et gras
Et ces chevelures qui manquent cette vieillesse lasse
Tournent et rient dans le vent gras de la peinture
Striée de bleu et de gris

Les gens tournent et les bouches vampirisent
Les femmes sont sveltes et vides et jeunes
Elles pensent sans savoir et se contentent
De ces hommes et ce paysage

La musique est lourde et lasse, les basses et les aigus
Tournent dans le grand soir
Est-ce le soir de la vie qui détonne
Et laisse ses quartiers à la ville basse
Les terrasses et ce gazon que borde le lac

Les gens tournent et lasse est la vie
Mais les rires et les dents lâches enchevêtrent les esprits
Les gens tournent dans la ville lasse
Et le gazon maudit du grand lac

avril 13th, 2022 § 0 comments § permalink

LE SECRET

C’est bien derrière cette falaise dis-tu
C’est bien en bas que les eaux ont gonflé
Subitement, sans que l’on sache pourquoi
Les eaux ont afflué et tu as paniqué
Elles ont grossi à vue d’œil
D’une charge dont on ne connaissait l’origine
Ensuite tu es monté par les rochers
Il y avait la falaise à gravir
Tu l’as escaladée, lentement
Puis tes mains ont agrippé le sommet
Et enfin tu t’es libéré
Mais à ce moment là ce cocher est venu
Et te parla dans cette langue que tu ne connaissais pas
Et c’est bien là dis-moi qu’il t’a emmené
Et tu ne veux pas nous dire où
Tu ne veux pas qu’on le sache c’est cela
Tu nous caches quelque chose
Tu ne veux vraiment pas le dire
Parce que tu souffres d’un mal
De quel mal souffres-tu pour ne pas dire
Ce que nous autre savons
De cela même que nous le savons ou bien
De cela que tu ne veux pas que l’on sache
Que tu as été neutralisé par une force certaine
C’est cela donc on t’a neutralisé
Et tu ne veux pas guérir
Avant que nous tous le soyons
Tu voudrais mourir pour qu’on ne te possède
Et que se fasse une chose si simple
En es-tu certain

Cela te tourmente-t-il aussi de savoir
Que ce qui flétrit te touche si bien
Que tu disparais
Comme peut-être tu as disparu
Là où t’a amené le cocher

avril 13th, 2022 § 0 comments § permalink

Labour

Le progrès qui fait de l’homme un parasite
Me laisse aux mains d’une détresse séculière
On mange si bien dans le temps ce qui n’est plus
Que j’enjambe des bretelles pour partir
Je ne veux plus de ces semblants de merveilles
À moi seulement le devenir
La force qui n’a rien à voir avec le moindre appareil

Je dévaste les champs
Je suis seul sur la terre parmi le délire
Et le seul relief

avril 7th, 2022 § 0 comments § permalink

Bannières

Un vent frais d’avril me dicte les dispositions
A être sans cesse neuf malgré la médicamentation
Qui m’amoindrit légèrement. Je suis seul et angoissé
Dans le tumulte du jour et des crises successives
Le chagrin et le drame, les entrées fusionnelles
Dans les médisances et parfois le si ingénu calme
Pèse son poids et s’ouvrent les cheneaux de la transparence
On voit un filon que l’on obtient et on s’égaye
De tourner la page des évanescences

Une bannière cohabite avec le monticule des jours
Effondrés sur eux-mêmes, comme tas de cailloux
Amassés et dressés sur une grande crête
Sur les quelques milliers d’âmes humaines
Sur les tranchants et les gaines que l’on pose
Sur les têtes, et dans le ton scabreux de l’univers
Tournent et mangent les pierres

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