juin 26th, 2022 § 0 comments § permalink

VERS

C’est du suicide je te dis
Tu vas quand même pas croire que j’ai fait ça pour rien
Que j’ai tancé tous les espaces pour n’arriver à rien
Qu’une petite psychose dépressive
C’est quand même moi qui ai tout arrangé
Je suis devenu le pilier de ce monde
Je suis devenu la chair algale
Et maintenant par suite de je ne sais quel sortilège
Je devrais trimer dans ces pertes de soi
Je devrais manger des aliments sans gout
Des vers de terre et ces geckos instables
Des vers de poésie et des vases vides
Sans une goutte pour étancher sa soif

J’aurais fait cela pour rien
Je me serais suicidé vendu à la plus haute des pertes
Sur la plus haute des tours j’aurais bu du salpêtre
Je l’aurais mélangé au soufre de ma bouche
Et j’aurais implosé comme un anachorète
On se fout bien de moi, on s’est payé ma tête
Je vais pleurer la rage et n’être que boule au soleil
Dans la chaleur de je ne supporterais rien de matériel
Car une page si fine m’a touché si bien
Que j’ai concrétisé mes rêves

Mais les rêves concrétisés contrairement à ce que l’on pense
Ne sont toujours pas réels, ils sont un amas
Qui existe bel et bien mais qui ne sert pas
A se mouvoir sur les routes et les chemins
Ils sont encore à l’état embryonnaire
Et ne murissent jamais

Ils sont encore des laps de temps éphémères
Et grandissent seulement du mauvais côté
Je vois la porte et la déferlante parfois
Je vois l’écume qui a une odeur
D’autres fois je ne pense
Et suis l’animal qui se dore au soleil
Parfois la confiture est tellement forte
Qu’elle me monte au nez

juin 24th, 2022 § 0 comments § permalink

Chanson.

Je voudrais pas être votre ami
Je ne voudrais surtout pas qu’entre nous
On puisse se comprendre et se saisir la main
Je ne prends pas les mains de ces gens là
Je ne déteste rien de moins que cela
Je ne voudrais pas que le mouvement casse
La seule et unique défense et le seul et unique
Indicible et la morale chancelante
Et un certain goût du doute

Je ne voudrais pas que s’ouvre la route
Sans que j’aie pu enlever toutes les croutes
Qui parsèment le chemin qui s’ouvre avec vous
Je ne voudrais pas me laisser encore
Sur le côté avant que ne parte le train
Je ne voudrais pas être votre ami pour que rien
Jamais rien ne goutte à la surface des embruns
Et sur la terre et toutes les croutes terrestres
Je ne voudrais pas que saille la déroute

Je ne voudrais jamais vous tenir
Ni ternir les grandes messes où rien ni personne
Ne se joint à l’hôtel, je voudrais vous voir loin
Et détruire ce qui vous ouvrirait au grand doute
Je voudrais vous laisser dans ces cages à lapin
Et le goudron peut-être ne se jamais laissé fouler
Par vos pieds et vos orteils malins
Non je ne le voudrais jamais

juin 24th, 2022 § 0 comments § permalink

Le bonheur.

Le matin où l’air clair m’a fait croire
Qu’il n’y avait aucune boussole en moi
Mais des rebonds incertains
Ce serait le bonheur,
De prendre des coups qui surviendraient
Des heurts
Pour un plaisir amplifié
Pour une nourriture et une exaltation supplémentaire
Des coups qui seraient le tumulte de la vie
Les ossatures et la poudre des os
Le plancton

Et le rêve élancé, émacié
Mais toujours supérieur
Ce serait le corps adolescent qui prend les coups pour le bonheur
Et le tumulte pour un tremplin
Jamais rassasié de la suite qui vient encore
Là directement
Dans les fossés des prairies et les trous des tuiles
Là en ville

Ce serait une maison d’oiseaux qui battraient
Tous d’une aile comme une batterie géante
Des nids de poules sur la route
Et des océans vainqueurs sans date et sans âge
Seulement des mouvements
Des directions

juin 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Le balcon.

Les membres et les corps sont des obus
Dans les méandres des toits et la grande universalité
Du temps versatile nous touchons nos doigts et pensons
A l’instant qui se profile dans nos cœurs
Et nos désirs narquois

juin 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Le balcon.

Je touche l’impossible de nos spasmes
Sur le balcon ta chevelure est cette mesure
D’ont l’accord universel tremble
Dans une entité qui se jette aux ornières
Aux décompositions de l’instant
La ville se dénude et la pierre
Touche les veinules de nos corps
Il y a une chose qui brule

Un dessin à venir se profile dans nos veines
Le dessein de t’obtenir est une couche
De suie ou de sang dans l’atmosphère
Les cheminées brulent et le ciel est une extase
Dans les tempes de l’été aphasique

juin 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

La fin.

Leur proximité dévoilait leur mort et ils s’en allaient
Ensemble dans cette musique sans bruits
Et dévitalisés ils construisaient des chemins
Où l’on pouvait voir le seul alexandrin
Inaudible, et passible de ses empreintes
Que l’on voyait sur leurs mains

Ils étaient à l’œuvre d’une déconstruction
Et un sourire violent les animait
Ils battaient des paupières et leurs sourcils
Etaient des coups de vitres lancés à l’office
Des églises ennemies

juin 15th, 2022 § 0 comments § permalink

La chair du vide.

Dans la brûlure de tes os
J’avais conquis la poudre de leur texture
Ils ne brulaient pas
Les os ne brulent pas quand on se rend
Sur la place où ils vainquent les déboires
Amoureux et les ciboires
De la verte colline

Les collines étaient tes os et ils soufflaient
Sur leurs bases et sur leur fonte
Ils se muaient en arbres et se prenaient
Les uns aux autres comme les mains des femmes

Ils agitaient les crêtes rocheuses
Au-dessus des étangs prospères et glacés
Ils se concentraient dans la grande plaine
Dans la grande marge des jours
Qui n’avait pas eu lieu

juin 12th, 2022 § 0 comments § permalink

A une inconnue

Tu me rappelles cette angoisse du Subutex
Tu me rappelles une limite que j’ai aimée
Une aseptisation par la défonce
Comme de la lessive ambulante
Une lessive d’hôpital dans la tête
Une lessive surabondante et crissante
S’ajoutait aux impuretés du corps
Aux saletés qui trainaient au sol
Au tout à l’égout du corps

Mais aimant comme un objet
Aimant comme une âme dans un sourire mauvais
Comme un méandre et des lèvres
Vivaient autour du goulot des joues
Gonflées de cet ozone nocturne
De cette nomenclature et cette béance
Qui couvrait les ors de la nuit

Les trouées d’invectives
Les lampadaires qui dérivaient
Les drogues et les autres passants
Qui encore ne juraient dans les ombres
Qui encore n’étaient parfaitement vides
Nous étions jeunes en ce temps
J’étais de la lessive angoissée

juin 10th, 2022 § 0 comments § permalink

Le rire du squelette

On me tient des propos définitifs
Définitivement mon petit tu vas entrer dans la phase
Où je t’oblige, je vais t’emmurer dans une bonne continuation
Et te souhaiter toute la chance du monde
Les gens manquent cruellement d’humour
Mais quand j’aurais des billets de banque elles reviendront
Ou quand mon tombeau suintera la gloire
Quand les roses m’auront farci
Et que mon beau squelette rayonnera

Je me souviendrai comme j’étais drôle à en perdre mes côtes
A démonter systématiquement les petites recettes
Et les petites affaires des uns, à cracher à la gueule
Des uns et des autres à démoraliser les troupes
Qui essuyaient les revers de leur petite cervelle
Leur petite connerie démocratique et personnelle
J’ai fait des pays nouveaux où tout est permis
J’ai fait des pays sans politique
Et je ne m’en suis pas vanté

juin 10th, 2022 § 0 comments § permalink

Carré

Le carré noir de tes cheveux
Va sur la pale de l’immeuble je dis
La cisaille emmène et se fend
Dans le toit amène circule
La lente tempe
Et l’épine dans le chantre ouvert
La faille entre par la fenêtre sur le toit

Je suis le froid fendu je suis la faille
Dans la pierre aiguë je suis
La cervelle ingénue de tes doigts
Et suis fissure qui se fait avoir
Par la
Mauvaise sciure qui sort
Des écharpes

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