juin 7th, 2022 § 0 comments § permalink

Là-haut

Je ne fais rien pour que tu sois
Exactement en ce maquis et cette ligne
La bordure n’est qu’en soi même
Si les limites sont si dures
C’est que le relief est de pierre calcaire
Je m’effrite et ne sais toujours
Quand l’apollon et la grande prêtresse
Quand la lente agonie des plantes grasses
Succulentes en cette besace et ce grand large
De vent et de feuillages ciselés
Tiennent les terres et les granits
De ce doute vernaculaire

J’embrasse la pierre et tiens aux troncs noués
Aux archives des siècles ce qui penche
Dans la grande entente et quand en bas les villes
Usent de leurs si belles filles
Et de parures qui sont de ce métal mobile
Dont on ne sait l’origine
On dirait que les choses sont si subtiles
Que des vacances d’autrefois

Je n’use pas le granit pour en jouir

juin 7th, 2022 § 0 comments § permalink

Orphée

Dans le bleu panoptique le bleu qui vient
Il y a la durée du soir orphique
Qu’un chien stupide a brisée
Il y a des lignes d’immeubles
Et des villas et derrière il y a la colline
Où le saint a conquis la grande énigme
Et la grande épingle qui est passée
Par l’égout et par la divinité

Je suis le seul à être parmi la multitude
D’autres esprits qui ne seront
Jamais les mêmes bornes et les mêmes racines
Dans l’allée et dans la grande bordure
Dans les haies qui se dessinent

C’est une semblance de symbiose si fine
Qu’orphée seul passe par les lignes
De la musique inaudible
Et du rayon invisible

juin 1st, 2022 § 0 comments § permalink

L’iris fondamental

J’obtiens parfois le grain
Le train dans la cornée du terrain
Et dans l’angle de la pièce
Je pars déjà où viennent
Les rêves m’atteindre différemment
Tes yeux sont du minéral vivant
Et de la douce ambroisie
Tes yeux sont la tempe et la faille
Où je meurs aussi

mai 31st, 2022 § 0 comments § permalink

Solitude du cri

Je suis parfaitement seul
Mes cordes vocales commencent à faiblir
Un cri que j’ai poussé l’autre jour
M’a laissé une empreinte d’abandon
Et mes cordes vocales s’enlisent
Dans les vocalises silencieuses
Des terres meubles et des pylônes

Je ne résume pas de discours en une voix
Mais des séquences viennent parfois
Oblitérer le sens de mes paroles
Elles se multiplient et dans un désir panoptique
J’envoie des émissaires au ciel et aux collines
Celles qui se démarquent à l’horizon
Des immeubles froids dans l’épaisseur de la nuit

Je suis ce qu’un rien oblige
Pour des rancœurs et des contrariétés
Je clapote dans des eaux troubles
Et suis une trajectoire insensée
Ce monde heurte la séquence de celui
Qui vit dans les artères et les futaies
Les tunnels aussi de cette nuit
Et les allées où rire et discourir
Sont des fruits transis

mai 30th, 2022 § 0 comments § permalink

Permanence.

Le flot continu, je te l‘avais dit
Continuellement tu vois et respires ce que vis
L’atmosphère et la biosphère autour de toi
Qui sont écorces de ce sentiment
Continument tu as le sentiment terrestre
Et le palimpseste humain se décharne
Et se régénère dans tes chairs
Les musiques sont toutes
Elles sont toujours une pour ce qui vient
Tu peux être si longuement présent
Dans les fentes et les failles
Dans la plénitude du ciel

Mais ensuite, mais ensuite
Les zones de mort

mai 25th, 2022 § 0 comments § permalink

LA VASQUE DES CHAMPS ELYSEES

La vilaine vasque
Je laisse au sol la pauvre maison des autres
Je laisse au bord de la vasque le tremplin des autres
Je tente d’amortir un sentiment amer
Qui suscite d’autres mers encore que la vasque
Et j’étreins des manches solitaires dans la main de ce parc
De cette fin d’avenue aménagée en espace vert
Là je tue une chose tuée
J’étreins des nuées de petites vies
Petites, parce qu’elles sont immenses
Et que je n’ai accès véritablement
A la folie de leur délire

Des femmes marchent, accompagnées
Ou seules comme les cristaux de cette vasque
Et comme la pierre taillée pourtant d’une main de maitre
Elles avancent et personne ne veut nouer de lien
Autre qu’une vague appréhension et parfois une accroche
Mais je ne désire rien tel un ver qui se tortille
Je ne suis non plus dans la sagesse antique
De ces pierres et ces eaux qui déferlent

05 /21

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

(Tu sens l’adrénaline, ça me rappelle aussi
Comme les phénomènes sont dans le soir
et dans l’air mais alors comment se peut-il
Que l’adrénaline ait une telle odeur
Sur un visage)

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

JE ME SOUVIENS DE TOI

Je me souviens de la salive amère du soir
Comme des algues s’accrochent à des bois
Et des pierres moussues dans les murs
Un tunnel où l’on entre dans l’usure
Et des bancs sales d’être dévêtus
Cela n’avait jamais été un endroit sinistre

Cela semblait irréel et pourtant c’était la vérité
Il y avait des marches où j’étais assis
Il y avait des déchets et des produits
Des senteurs qu’on ne perçoit pas
Il y avait de l’ivresse et un trouble
Et des rameurs qui avançaient

J’étais seul mais montaient des saveurs
Et des ivresses et le grain des marches
J’avançais dans mon cœur et voyais des images
Je pensais à des gens qui n’ont pas de présence
J’étais habité par un secret et une souffrance
Et je restais dans le cœur du bonheur

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Ne plus penser

Tu peux vraiment être ému de ne plus penser
C’est la vision primordiale de l’étrange
Ramifiée sous toutes les ramifications possibles
Tu ne penses pas et la seule explication est de ne pas penser
La tension est une vague de fatigue qui s’achemine
Dans la béance du cerveau qui ne pense plus un laps de temps
Et s’en va dans l’inconnu et l’étrange défaits de tout système
Pour être un paysage évocateur et un orgasme d’étrangeté
Tu te régénères dans le fond de l’entité première
Qui est une image douée de langage

mai 23rd, 2022 § 0 comments § permalink

Souvenir

Je pense à un immeuble d’Allemagne
Une petite chambre à jeux où il y avait des filles
J’étais heureuse et émue de les voir jouer
Et dans le calme de la chambre close
Je rêvais heureux et restais dans cette vive figuration
Où entrait le monde des émotions amoureuses
Et de la plus secrète harmonie qu’on puisse connaitre
Dans le silence et l’absence de parole
Mais seulement des propos de jeunes filles
Et la figuration d’une chambre
Et du jeu qui s’élabore

J’arrêtais le temps et parlais aux anges
Quand je ne me souciais plus
D’être fille ou garçon

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