Julia Ducournau représente très bien les relations instantanées dans la première partie du film Titane, où deux amies mènent une vie sauvage, tuent des gens puis l’oublient aussitôt.

Le paradoxe de la civilisation de la transparence, au sens de l’immersion dans la vie privée de l’autre est de soustraire l’intimité au monde.

Le jugement envers une personne comme on le voit avec moi même devient de plus en plus instantané. Toute forme de relation et à terme de construction mentale risque d’être affaiblie. Je ne tiens pas là un discours conservateur mais de ce qui a trait à l’appréhension du monde, potentiellement doublé d’une immersion dans la vie privée de l’autre et ses conséquences.

Il y a un risque qu’on ne puisse plus transmettre non seulement l’évolution civilisationnelle, mais les bases civilisationnelles.

Il n’y a qu’un possédé qui puisse ne prendre le parti de ma situation.

La vie qui m’a été promise et qui n’a été promise qu’à moi-même, soit extérieurement au projet qui me concerne n’a pas pu avoir lieu ailleurs que dans des subterfuges que j’ai trouvé par moi-même. J’ajoute que le reste du monde étant au courant de ma situation sauf moi-même, d’autres projets injustes sont venus se greffer sur ma personne. Je n’ai eu en tout et pour tout que le moyen d’une réclusion pour ce qui concerne mon existence.

Est-ce que vous pensez, honnêtement que j’aurais pu me réaliser professionnellement dans ma situation, être parmi une équipe professionnelle à 40, 50 ou 60 ans, lorsque tout le monde aurait été au courant de ma situation sauf moi ? Et je ne parle pas même d’un métier d’artiste. Est-ce que vous pensez aussi, que j’aurais pu fonder une famille, de mon choix si je puis dire, avec une femme et bientôt des enfants qui auraient été au courant de ma situation mais pas moi ? C’est bien pour cette raison que mon géniteur n’a jamais voulu que je grandisse, comme je l’entendais souvent dans mon enfance, afin de ne pas avoir à affronter cette réalité. Rien ne pouvait révéler ma situation que des fantasmes ou des sarcasmes comme on le voit aujourd’hui.

Allons enfant de la patrie
Le jour de gloire est arrivé
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé
L’étendard sanglant est levé
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils et vos compagnes

Aux armes, citoyens (formez)
Vos bataillons
Marchons, oui, marchons
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons
Sillons
Ouh ouh

Julia Ducournau donne à voir une violence explicite dans ses films. L’effet escompté n’a pas lieu pour autant. La plus part des gens viennent voir un match de boxe pour le plaisir de l’adrénaline et n’en ressortent nullement plus pacifistes.

Incendie à Kehl, 0 victimes heureusement.*

Kehl

Le mot Kehl (Kohl, chou frisé), en néerlandais kool, en allemand du Moyen Âge kōl, avec les variantes kœl, kœle, est issu du mot latin caulis qui, comme ses variantes cōlis, coles, signifiait, dans un premier temps, Stengel (tige des plantes, du chou, tuyau des plumes), Kohlstengel (tige du chou frisé d’hiver), avant de prendre le sens de Stengelkohl (litt. chou à tige). Mais Kehl (Kohl) désigne, de nos jours, avant tout le chou frisé d’hiver, de Wìnterkehlde Krüselkehl (der Krauskohl), ou bien le chou vert, le chou de Milan, de Savoie, de Grìenkehl (der Grünkohl), avec ses feuilles cloquées et son cœur jaune, que nous appelons aussi de Wìrschìng (der Wirsing, der Wirsinkohl). Les Néerlandais l’appellent savoiekool (litt. chou de Savoie). Dans le Sundgau, Chehl désigne aussi le chou cabus, et un monsieur de Knoeringue, Chneeriga, appelle le chou frisé d’hiver chruselta Wìnterchehl. Une dame de Rahling, en Moselle, dit : De Kehl, vùn dem tùt m’r de Blätter àbstrippe (Le chou frisé, on en arrache les feuilles, on le plume). Elle dit de Blätter, alors qu’à La Petite Pierre, non loin de là, comme à Strasbourg, on dit d’Blätter. Quand une dame d’Eckwersheim dit : Ich màch àls e Stìck Kehl ìn d’Flëëschsùpp (Je mets un morceau de chou vert dans le pot-au-feu), il s’agit d’un morceau de chou de Milan, car elle appelle le chou frisé d’hiver Fadderkehl, comme à Haegen, ìn Hajebi Zàwere, ou à Entzheim, ìn Antze, où un monsieur explique : De Fadderkehl wùrd àbgezopft, noh ìsch àls e Stangel dràn, ùn denne Stangel, denne Stiel màcht m’r weg. M’r bracht d’ìngerschte Blatter àb, noh wàchst’s scheen wittersch. D’ìnnewandsische Blatter, wo noch klëën ùn jung sìn, die wàchse wittersch. Un couple de Strasbourg prononce Fedderkehl, et un monsieur d’Eckbolsheim dit : De Fedderkehl, bi dem werre d’Blätter àbgenùmme, ùn noh triibt de Stängel frìschi Blätter. Un monsieur de Bischheim, originaire de Strasbourg, remarque : Frìhjer het m’r àls Kehl ìm Gàrte ghett, der blit de gànze Wìnter drüsse. Denn er hàlt sich, der ìsch wìnterhàrt. Noh het m’r ìmmer frìsches grìns Gemìs ghett fer de Wìnter. Er muess sogàr e bìssel Froscht hàn, noh wùrd’r zàrter. Àwwer m’r het ne àls gàr nìtt gsëhn ìn de Gschäfter. Es sìn die Bioläde, wo àngfànge hàn, ne ze verkaufe. Jetz ìsch’s Mode worre, Fedderkehl ze kaufe ùn ze koche. Avez-vous remarqué l’origine latine du mot Kehl (Kohl), caulis, qui signifie tige, notamment tige du chou, et montre que c’est par les Romains que nous connaissons le chou frisé d’hiver que l’on plume pour le cuisiner ? Il est le premier chou à avoir été cultivé. Et savez-vous que, dans la cuisine romaine de jadis, caulis désignait aussi un trognon de chou ? On le faisait cuire, coupé en fines lamelles, avec une potée de légumes. Au cours d’alsacien, l’enseignante explique : Dìs Wort Kehl, wo vùm làtinische Wort caulis kùmmt, dìs zeijt, dàss d’Römer d’erschte sìn gsìn, wo Kehl gsääit ùn gesse hànÙn dìs Wort caulis beditt eijentlich Stängel vùm Gemìs, ùn StängelkehlD’àlte Reemer hàn de Stängel vùm Kehl klein gschnìtte ùn mìt ànderem Gemìs gekocht. Do ìsch nìx eweggschmìsse worre ! Une dame remarque : Dìs màch ich au, àwwer mìt’em Stùrze vùn Grìenkehl. Savez-vous que le mot latin caulis (tige de légumes, de chou) a donné, en italien cavolo, et en français chou ? Et qui utilise l’expression ich bìn fàscht vùm Stängel ghéit (ich bin fast vom Stängel gefallen, j’en suis restée baba) ?

Un monsieur d’Obernai appelle le chou frisé d’hiver Krüselkehl (Krauskohl). Les lexicologues nous apprennent que le verbe allemand kräuseln (friser, frisotter), qui date du 15ème siècle, vient du verbe néerlandais du Moyen Âge cruseln, issu de l’adjectif néerlandais du Moyen Âge krūs. Et que l’origine de l’adjectif allemand kraus (frisé, crépu) date du 12ème siècle, est difficile à définir. Mais ils savent qu’en allemand et en néerlandais du Moyen Âge krūs signifie ebs Gedrëhjtes / Gedrahjtes(etwas Gedrehtes, litt. quelque chose de tourné, de bouclé), et qu’il fait partie de la famille du mot Kringel (petit rond). Une dame d’Oberschæffolsheim nous explique comment elle cuisine le chou frisé d’hiver, qu’elle aime beacoup : Ich koch viel Krüselkehl. Ich dämpf e Zìwwele, ùn Knowli, ìn e bìssel Eel, noh schnid ich de Kehl drùff, àwwer nùmme s Grìne vùn de Blätter, e bìssele Wàsser dràn, ùn loss’s gànz làngsàm kechle. Dìs kànn m’r noh zue Riss odder Grùmbìre esse. M’r kànn au direkt d’Grùmbìre mìt’em Kehl koche, noh muess m’r àwwer meh Wàsser dràn màche. En Moselle, une dame de Sarreguemines dit Kruwwelkehl. Le verbe kruwle, prononcé krüwle en Alsace Bossue est une autre prononciation du verbe allemand kräuseln (friser, frisotter). Une dame de Berling, en Alsace Bossue appelle le chou frisé d’hiver Zottelkehl (litt. du chou en broussaille), et précise : De Zottelkehl, der ìsch so fescht, so röu (le chou frisé, il est si dur, si rugueux). Avez-vous lu sur des paquets de semence de choux frisés vendus en France, des dénominations allemandes comme Halbhoher grüner Krauser, Ostfriesische Palme, ou Westländer Winter ? Certains jardiniers l’appellent aussi chou frisé d’Ecosse, et trois dames de Strasbourg, Saverne et Bouxwiller ne le connaissaient pas avant de l’avoir découvert dans des magasins, sous le nom chou kale. L’une d’elles prononce même du chou kalé, en précisant : M’r sàt so, ich weiss àwwer nìtt wàs’s bedittDìs ìsch bstìmmt de Nàmme vùn ere néie Sort Kehl, viellicht e chinesischi, odder e jàpànischi Sort.M’r kànn Wok demìt màche, mìt Rissnüdle. Une autre ajoute : M’r kànn ne röhj esse, ùn smoothies demìt màcheÙn sogàr chips, chipsle ! Ich hàb d’Rezepter üss Buech, l’Alsace, pays du chou. Un couple de Bischheim, originaire de Strasbourg, prononce kale comme en anglais, comme leur fille. Le monsieur remarque : Jetz wo d’Àmerikàner gànz verrùckt sìn vùn dem kale, jetz ìsch’r au Mode worre bi ùns.M’r het ne jo vorher gàr nìtt gfùnde ìn de Gschäfter, d’Litt ùff’em Lànd hàn s Vìeh demìt gfìtert, ùn jetz màcht m’r sogàrdes smoothies de chou kale !  M’r het ne johrelàng gànz vernoochlässicht, ùnsogàr veràcht. Ùn jetz tuen mìr ne wìdder entdecke, wie ebs gànz Néies. Une dame de Schiltigheim remarque : Jetz schwärme àlli vùn dem chou kale, ùn vorher hàn se ne gàr nimmeh geplànzt ìm Gàrte ! Er het viel Vitamine, er ìsch àrich gsùnd. Savez-vous que le mot anglais kale signifie chou frisé ? Un monsieur de Haguenau, qui a habité au Pays-Bas, nous apprend qu’en néerlandais on appelle le chou frisé d’hiver boerekool (litt. du chou paysan), en anglais kale, le chou-fleur bloemkool, en anglais cauliflower, et le chou de Bruxelles spruitjes (petits bourgeons), en anglais brussels sprouts (litt. des pousses, des rejetons, des bourgeons de Bruxelles). Avez-vous remarqué qu’à Eguisheim on dit Blüamakehl, comme à Mulhouse, et Sprisslakehl ou Reeselakehl ? Qu’à Mulhouse on dit Reesalakehl, mais aussi Brisslakehl ? À Colmar Bluemekehl et Brisslekehl ? Et à Strasbourg Bluemekehl et Reeselkehl, ou Reeselekehl.

Quelle est l’origine ethnique de Kehl ?

Allemand : nom de lieu dérivé de divers endroits portant ce nom, notamment la ville située de l’autre côté du Rhin, face à Strasbourg. Issu du moyen haut-allemand kel(e) « gorge », d’où un surnom pouvant désigner une personne atteinte d’un goitre ou possédant une voix rauque particulière. Variante de Köhl (voir Kohl).

Quelle est l’histoire de Kehl ?

Située originellement sur une île près de la rive droite du Rhin, à environ 1600 mètres de Strasbourg, l’agglomération de Kehl apparait au XIe siècle. En 1333, un premier pont reliant Kehl à Strasbourg est construit mais il faut attendre 1388 pour qu’une liaison permanente se crée entre les deux sites.

  • Je ne partagerai plus de descriptifs quand il y aura des victimes et une potentielle origine criminelle humaine (soit non climatique, géologique ou animale).