septembre 18th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Oui j’apprécie le monde parce qu’il est beau
Ce n’est pas tellement la vie
La vie sert à apprécier le monde
Ni les gens, qui ne sont là que pour nous aider à apprécier le monde
J’aspire et j’admire le monde parce qu’il est beau
Parce qu’il est délectable et superbe
Parce qu’il a une âme
Certes il n’en a pas toujours, mais alors je cherche à apprécier autre chose
Et je trouve l’âme où elle n’était pas
Coincée dans une mauvaise herbe
Dans les cheveux gominés des sans âmes
Et tout proche, l’âme qui vient au bout de l’allée
Au bout du rail d’acier

 

A quoi servent les gens ? Ils servent à aimer le monde
Quand on ne l’aime plus, le monde est un complexe de solitaire
Une sortie de route dans une jachère nerveuse
Qu’on trouve beau le néant, et on y est
Si l’on tente de semer, si l’on y met les pieds
On est enseveli pas les miasmes de quelques mauvais nerfs

Aimer le monde, car il est autant la chasse au cerf
Le tableau de maitre, que l’infime vie dans laquelle il résonne

Je cherche une âme toujours et j’en trouve toujours
Dans toutes les architectures et les cités
Si la saleté la dispute aux constructions de verre
Si l’air saturé prend la place sur le désert
Ce n’est alors qu’un suspens, car la réclusion
Est une âme en latence, et l’âme vient toujours

Ceux qui veulent sa mort, car ils sont paresseux
Ceux qui se comparent, pestent et ruminent
Ceux qui veulent attaquer l’âme jusqu’en ses derniers retranchements
Car ils souffrent de l’avoir égarée
Ceux-là sont les marginaux du bonheur
Ceux-là qui dans la comparaison permanente ne voient pas le monde
Ceux-là pour qui la vie est un vecteur rouillé vers des objectifs stériles
Ceux qui se comparent et se désensibilisent
Chez qui rien du monde n’entre
Ceux-là seront un jour sauvés, je l’espère
Car il n’y a rien sans l’âme
Et qu’au-delà de leurs comparaisons, il y a le plein bonheur bouddhique
La pure contemplation

Travaillez, travaillez à votre âme
Il n’y a rien à faire que vivre
Et rien à comparer

Le châtiment du libertin

septembre 18th, 2017 § 0 comments § permalink

LE CHÂTIMENT DU LIBERTIN
(OU LE DESESPOIR SELON MUSSET)

A entrer comme une forme spectrale
Dans toute l’horreur de la vérité
Sans habits et qui, n’est rien de la vérité
Mais un monde primitif et farouche
Sans savoir et sans curiosité
Rien qu’un désir sans désir
De déceler des vérités cachées

Errant, dans une sorte de décharge
Où des données s’accumulent
Sans en faire de bilans ou de structures
Sans rien habiter
Mais faire couler ce magma rugueux
Dans une âme triste et sale

Sans rien qui puisse habiter, soulever, embellir
Sans rien qu’une force de gravité
Qui n’obtient aucun secret
Où tout s’étale comme une étendue vaste et sale
Sans rien espérer qu’un matin brumeux
Qui nous fasse voir comme le monde est large
Dans son étau lumineux

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Je m’en souviens Suzy
La saveur de ta cave insérée dans mon lit
Où je couchais chaque soir
J’ai éjaculé dedans
Comment ne pas m’en souvenir

Toute noire, noire comme le fond d’un océan
Une chose enracinée, immobile, bétonnée
J’ai éjaculé dedans par le mouvement

Cette chose inerte et belle, où j’ai succombé
Etait aussi une dentelle
Une broderie belle et sensible
Une chose surdéterminée
Où le hasard m’a fait jouir

J’ai jouis en toi Suzy
Et je t’ai aimée pour ça
Notre baiser qui précéda le sperme
Fut d’une telle retenue
Que des anges se sont glacés les sangs
Et que le noir qui s’en suivit
Etait plongé dans la religion du temps

Morphée

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Morphée

 

Poignante irréalité de tes cils et la cambrure
Rechignée de tes joues
Où se désistent tous les efforts du monde
Et s’appuie la gravité

Que faire de cet égoïsme
Mourir dans les mains du sommeil
Pour aggraver l’embellie
T’obtenir comme la sœur du sommeil car vraiment
Il y a tant d’éveil en toi qu’il faut bien dormir
Te rejoindre dans l’impuissance du rêve

Symbole

septembre 18th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Quand la chair s’est arrachée et les nerfs se sont irrités
Quand il n’y a plus rien
Qu’une fragilité détruite
C’est marrant comme on peut se recomposer
Par le cri
Par le bruit et la fureur

C’est marrant comme des fleurs symboliques
Par un temps pluvieux
Peuvent réclamer leur douceur
A nos âmes asséchées
Et faire une chair symbolique
A nos aigreurs

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Ce bout d’amour qu’est Laetitia
Pleine de poésie de sève et de sexe
Pleine de cette corvée de cette cognée
A tancer à brimer à manquer de respect
Envers cette anatomie cette élancée
Que je vais que je veux brimer atrophier
Tancer jusqu’à recueillir jusqu’à démanteler
L’armature de tôles et de rêves réprimés.

Poème du 25.03.16

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Je te salue, vieil océan

Je te salue pour la perle de tes dents blanches d‘écume et tu sais bien
Que c’est ce blanc qui m’a mordu
Ce blanc qui m’a confondu aux divines entrailles qui fondent au dedans de l’immense bleu qui me tord
Car attention ce bleu là fait des milliers de mètres de profondeur
Autant dire que c’est immense et noir et dense au point d’éclater les vertèbres et leur moelle et de finir dans le meilleur des cas tétraplégique
Voilà ce que j’ai à dire sur tes flots immenses et bleus, sur tes entrailles profondes qui ont fait rêver des légions de marins
Mais les dents blanches de cette fille sur le pont qui sourit savent elles dans leur profond sourire
Que ces flots immenses à la dérive broient dans un noir profond ceux qui y plongent
Sait elle cette natte châtaine ou peut-être oui elle sait pertinemment quel est le sort des plongeurs qui s’aventurent un peu trop profondément dans les flots

Les poètes me direz-vous, doivent chanter et non s’effrayer
Très bien, alors je chanterai les vertus de cette charmante fille avec cette charmante natte
Cette toute charmante fille pure comme le pelage d’une mouette symbolique, innocente comme la colombe des évangiles
Ce charmant sourire aussi vieux que l’océan, mais plus léger que le plus petit organisme vivant de la mer
Ce charmant baume derrière ces cheveux châtains et ces cils à peine perceptibles, je le chante et j’en meurs d’amour
Mais quand même c’est un peu fort, un peu trop fort pour qu’on n’en revienne pas au profond malheur de l’océan
Alors me direz vous le soleil, n’est-ce pas cela cette charmante jeune fille, un rayon solaire et arrêtez un peu avec vos névroses que diable ! Un peu d’humour, un peu de légèreté !
Soyez certain que je ne pourrai jamais me rassasier plus d’une après-midi de ce baume insupportable, inavouable, scandaleux, ce sourire aussi léger qu’un atome solaire et dense comme les muscles du plus fort des boas du Brésil
Voyez-vous, je trouve cela scandaleux, cette atteinte portée à la mer !

septembre 7th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Toi qui nous a toutes niquées
Tu forniques encore et rumines
A chaque instant d’un indice enseveli
Tellement riche de saturation
Qu’on croirait que tu nous possèdes
Comme une goutte ou une sueur
Restée intacte et glissée dans tes vertèbres
Ton enveloppe charnelle ton reliquaire
Qui teinte dans l’obscurité et se décèle
Comme du lichen apparaît
Sur l’écorce des arbres.

août 22nd, 2017 § 0 comments § permalink

 

Voilà, tout est bien, mais les hommes, ce sont des portraits datés, des commandes. Des commandes de mécènes, d’adultes qui nous gouvernent et nous censurent. Tant que nous appliquons les règles et même rions courrons pour notre plus grande joie certes. MAIS si nous bifurquons, si notre gorge devient adulte et parle de choses troublantes…

août 19th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Tout était nature, et culture
Et faisait un vert et rouge abîme
Au tremblement de l’inconscient
Les choses s’accordaient à devenir
Et des génies, des drames se faisaient
Et la plus profonde patte de la nature
Etait d’une modernité intransigeante

Il y avait de la lutte et de la simplicité
Dans les alarmes
Et les moments gouvernés par l’attirail de l’être
Défiant toute plasticité
Que le néant a fait commettre sous le nom de paraître