septembre 23rd, 2018 § 0 comments § permalink

CHARME
 

Dans la rame ou le couloir obstrué où passent
La musique et le battement, obséquieux
Qui tarde à venir
Aucun événement si ce n’est
La sidération non simulée d’une geisha
Aplatie sur la surface plane du sol
Comme toutes choses équarries
Satisfaites d’elles-mêmes déambulent
C’est étonnant

A quel point les choses figées, plaisent
A quel point l’air est meurtri
Et l’unique courant est un fond marin.

septembre 21st, 2018 § 0 comments § permalink

EGO TRIP
 

Diable épris de lui-même
Se morfond de transcendance
Dans une odieuse union
Entre les sphères et soi-même

Maudite soit l’immobilité
Qui m’a confectionné une âme en peine
Car je prends comme une corvée
Ce qui se meut comme une reine
Tapie dans l’océan,
Vautrée comme rascasse dans les fonds
Qui pourtant respire l’oxygène des volcans.

Morte à elle-même la vivante confection
Et le vivant poisson.

septembre 21st, 2018 § 0 comments § permalink

PROSAISME

 

Pourquoi ça descendait du ciel avant
Et maintenant ça vient de la terre
C’est la question de la modernité
Les anciens voyaient le ciel
Et les modernes la terre
Et toujours un peu plus
On devient léger du poids de la terre
Tout comme on pouvait s’enraciner dans le ciel

L’éros qui tombait était le trouble
Et l’identité vacillait sous le poids du ciel
Qui n’a jamais été léger
Si vous dites que les racines sont dures
Sachez que le ciel l’est aussi

La question de la dureté relève du diamant
Qui est dur comme un plaisir malvenu
Minéral et mort

septembre 18th, 2018 § 0 comments § permalink

WELTENDE

 

Des beautés virginales s’insinuent
Comme serpents arrachés aux arbres
Le mal citadin persiste
Et les beautés nues se coiffent
D’une étrange vêture

Les hommes coassent comme des strangulés
Et la ville les engloutit
Parmi les décombres les serpents vêtus
S’insinuent comme des colombes

septembre 16th, 2018 § 0 comments § permalink

SETE

 

C’est une circonvolution latente
Qui passe par les ventres
Ainsi les corps d’oiseaux
Démantibulent l’ozone
Et traversent un temps qui est pris
Dans le drame de la folie
Sois éprise de l’instant.

Sois donnée dans la sujétion du ciel
Les cœurs rencontrent
Les cerveaux qui s’évasent
Les fourmis invisibles
Trainent comme des choses confuses
La couleur rose du devenir
Sait les saisir dans son osmose
C’est ainsi que le soir tombe.

Il y a pourtant de vieilles choses
Comme des palimpsestes
Qui ne portent plus de poussière
Mais des rêves neufs, épris de lumière
Il n’y a pas de temps pour penser ce qui ne se pense
Mais le temps pour voir
La traversée de l’invisible corniche
Et le col des cétacés.

septembre 15th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Il faut avoir en tête
La terrible enfance et la sève de l’enfance
Voir comme l’on construisait
Des échafaudages solides comme des fèves
Lancées dans l’eau, qui sondaient les fonds vaseux
Comme des gouffres salutaires

Aujourd’hui de cruelles filles, mijotent
Dans le puits de l’enfance des tournures et des lacis
De vulgarité, comme des lacets rocheux
Et l’on attend que le sang de la montagne
Epuise la surprise et le drame

septembre 15th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Elle est meurtrie. Par ?
Le poids de l’air.
Et moi dans le vestibule j’attends
Je m‘empiffre de cet air raréfié
Je dis bonjour sans voix
J’exécute ce qui m’est permis, dans l’attente
Intense de ce qui va venir
Nous sommes des peaux odorantes
Et cette odeur est intuition
Du mal pénétrant
Nous venons, à nous présenter
Face à la bouche du néant
Face à la bouche du monde
Qui coule le long d’égouts automnaux
Nous suffoquons, attendons que vienne
Le couperet qui ne manquera pas à l’appel
Et nous ajournons enfin
La décision.

septembre 13th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Tu t’annules comme un hiver
Pris dans la fournaise du temps
Et l’imprécation de tes cimaises
Se fixe dans l’atmosphère comme du ciment
Tu grelottes dans cette imprécation
Comme le fond des animaux sevrés
Et franchis les limites larvées
Du tendre crépuscule.

Mais rien ne t’écrase
Comme tu le fais des sombres mégots
Dans la nuit bleutée
Et le noir, le blanc renversés
Lèchent tes lèvres autant que tu mords l’acier
En dessinant le poids de l’air.

septembre 11th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Tu as des problèmes d’identité extrêmement graves
Comme un cyclone entends-tu
Dévaste, et tue
Dans la fourmilière du cyclone
Tu te laisses creuser par la faim
Et les cris que tu portes au monde
Ne disent rien du monde
Que cette maigreur puérile
Cette faim et cette maigreur
Lentement se nourrissent de ta nourriture
Une mie de pain seulement te rassasierait
Si tu pouvais ouvrir tes bras au monde
Et recevoir un peu du fluide
Autre que celui qui te meut
Comme une libellule errante

Va faire la pute, plutôt que de te nourrir
Va brûler l’encens du trouble
Et ne jamais manger le pain du monde
Ta voix douce pourtant
Dans une tessiture tranquille
Quel est ce cyclone qui mange en toi
Et te fait fluide comme une peinture
Expressionniste où tout a du sens
Dans le volume et les nappes de couleur
Si seulement tu pouvais être plus rectiligne
Qu’une fumée d’encens

Si tu pouvais écouter
Comme tu sais le faire avant que
Ce foutu incendie commette ces dommages
A cette si belle tessiture et cette si belle voix
Si tu pouvais ne pas mourir
Et noircir le tableau de ton identité
Percluse comme un crucifié
Et chancelante comme une girafe sur de la glace
Si tu pouvais entendre
Comme tu sais entendre
Une autre voix que ce filon noir qui vient
Et dont tu ne peux t’échapper

septembre 8th, 2018 § 0 comments § permalink

PERDITION

 
Il y a dans les entrailles de la terre un noyau
Oui, un noyau
Il n’est pas vert et rouge, ou bleu
Ni jaune ou noir comme on le pensait
Il est rose
Et monte comme un dôme triangulaire
Dans l’épine dorsale des poissons
Ils sautillent à l’idée d’être happés
Par des poissons plus gros
Que sentent-ils ces poissons
Avec ce triangle de chair rose
Ayant fini de se laver dans les courants
Ils suivent un autre courant chaud
Ils frétillent dans leur banc
A la recherche d’autres poissons

Le dôme de chair qui a construit le monde
Est inconnu des volcanologues
Certains théorisent les forces élémentaires
Ils combinent cela avec les rêves
La philosophie métaphysique
Ils recherchent des formes de cosmogonies aigues
Mais l’épine dorsale du poisson
Et ce qu’il en a pensé
D’être le fruit de la terre

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