mars 29th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Il ne veut pas non il ne veut pas
Trop ingurgiter trop étudier
Il ne veut pas que les caractères noirs
Se mêlent à sa pensée
Se rigidifient lui foutent la migraine
D’un adulte névrosé
D’un ankylosé

Il ne veut pas
Flancher derrière sa canne se plier
Sous le poids d’un corps
Qui ne suit plus l’esprit
La fluidité
Le jeûne de l’esprit

Il ne veut pas
Tremper sa langue ailleurs
Que dans le foin des bêtes
Il ne veut pas ruminer
Comme une bête pensive
Il ne veut pas passer à l’avaloir
Au dépositoire des gencives.

mars 27th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Dans le fond où l’épuisette
De souffrance gagne
Ma claustration

Se joue le drame du monde.

mars 27th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Cambre toi
Dans la cellule close du rêve
Ton âme fichée
Vient comme une venaison

Dans les sources de l’informe
Où tout s’exagère.

mars 26th, 2017 § 3 comments § permalink

 

Je lis tout le temps. Il m’est impossible de savoir ce qui se produit autour de moi. Je suis plongé dans ma lecture. Je sais bien que la lecture est une forme de silence, je sais que rien ne peut lui porter atteinte dans le silence, et qu’en dehors de lui, rien non plus ne communique avec la lecture, car elle est une paupière tellement close qu’aucun trouble ne l’atteint. Cependant je lis depuis des années, et peu à peu ce piège de silence s’est refermé sur moi. Peu de choses me dérangeaient, mais en cultivant le silence d’une manière si fréquente, bientôt ce silence est devenu méthodique, sans que je m’en rende compte. Je ne tolère plus aujourd’hui autre chose que le silence, et ce silence qui était le fruit de la lecture est devenu sa condition. Si le monde ne m’ébranlait pas en dehors de la lecture, aujourd’hui tout m’ébranle, le moindre petit accroc. Car l’accroc est comme une balle tirée dans le corps, elle ne le perturbe pas seulement, mais elle détruit son organisme. Rassurez vous je ne suis pas fou, je tolère les accrocs, seulement je dois faire avec, et des accrocs répétés m’enflamment tout autant que la lecture m’enflammait avant quel que soit le contexte. (…)

mars 25th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Décortiquée sur les sables noirs
La chair à fondu dans les nerfs
Rien ne subsiste
Que la rugosité de la grève

mars 25th, 2017 § 0 comments § permalink

 

C’est comme une ironie que
La lumière électrique
Balbutie au hasard

Des objets condamnés
Des objets de basalte millénaire
Ont vécu l’atrophie du soleil
L’indifférence des déserts
Comme une ironie que cette lumière.

mars 24th, 2017 § 0 comments § permalink

 

L’échéance à venir
Qu’attendent les ouvriers
Saturés de créneaux

Est une montagne sans voix

 

 

L’ovale serpent
Dont luisent les écailles
A l’oeil semblable

Aux abysses sans écume

mars 22nd, 2017 § 0 comments § permalink

 

Douée d’hébétude
Jamais de vulgarité si ce n’est
Ce bonheur plein qui t’enlaidit
Ces affres d’affection qui ternissent ton visage
Et le mien par le plaisir qui pourtant
Est un affect
Une mélancolie, une tristesse que tu es la seule
A avoir passées au mortier
Faisant de la fragilité du ciment
De la peine le barbelé du bonheur
Comment expliquer que ta douceur native
Ait pu cimenter l’attirance, chaque petit flocon
En une vaste étendue de béton.

mars 18th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Cette pâte
Matière plénière
Qui se réalise dans l’écorce
Et succède à la sève des arbres
Au silence des plantes
La rêverie des orchidées

 

 

Je ne suis pas amoureux d’une chimère
Mais d’une plate bande
Où tournent des chardons
Il n’y a rien de la matière
Qui n’épouse le piquant
Des odieux chardons

 

 

N’essaye pas de faire du Eluard, tu n’y arriveras pas. Pense à Tzara, le terme qui le caractérise : rocailleux. L’acte créateur vient de cela, la rocaille. Tu n’y arriveras pas autrement. On ne trouve jamais qu’en s’essayant, en laissant aller le pur intellect au-delà de tout désir de perfection.

 

 

Dans la rocaille
Du silence de la ligne de crête
Où se tord le lacet inébranlable
De la montagne cogitent
Les vastes étendues

mars 18th, 2017 § 0 comments § permalink

SEINS

 

Tes deux protubérances
Comme des ballons dégonflés
Où pendent les foisons et les sangs
Assoiffés des mondes
Tes deux agissements
Restant fébriles à l’approche des mondes
Deux stagnations chancelantes
Eruptives
Glacées dans la raison du monde

Tes deux préceptes qui font le mouvement
Et la tragédie
Ces deux choses qui nous congédient
Emettent des balancements
Dans le nœud natal et chéri
Des ouvertures et des préludes

Tes deux failles inversées
Où cogitent en dormant des bras d’enfant
Résolus à oublier le sens qui les berce
Tes deux langueurs
Où boivent des bêtes irréelles

Voilà qui fabrique le monde.