mai 22nd, 2018 § 0 comments § permalink

 

Il est là, Orphée oh c’est toi
Tu es venu sur la berge et le bord du lit
Loger le fruit de la nuit comme un long râle
Tout en toi est effusion solaire
Eternel ombrage des arbres
Et clameur de la forêt
Les bêtes t’isolent dans leur tanière
Et toi plus humain qu’une idole
Tu manies l’esprit et son corps épris
Des choses qui passent sur la grève

Eternel Orphée, qu’aucune prière ne peut toucher autant
Que les bruits des berges et de la lyre
Inscrite dans le verger cérébral
Où s’abrite ta longue nuit

mai 20th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Tout gravite autour du champ que tu déploies
Et cette tourmente de bonheur
N’a rien qui ne soit l’excellence
La vérité surprenante et l’objectif
De toute civilisation
Toute pensée construite

Seule toi défies l’espace et ses corollaires
Comme des fleurs crépusculaires en pleine lumière

mai 18th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Animal que je perçois dans mon sommeil
J’ai tant vécu que je sens un influx d’expérience
Une denrée à consommer qui pourtant
S’est construite sur des édifices vacants
Des pierres et des ardoises
Des rails, des haies vives qui seulement
Dans le désir gelé d’un hiver
Ou sinon toujours

L’expérience est un résidu impérissable
Un bonbon qui parfois passe sous la langue
Une lagune d’être qui s’étend sous le palais
Et dans la bouche toujours le soleil
Ou la lune arquée de moindres choses
Que l’efficient soleil

La gravité des propos, les mots qui se dirigent dans l’abîme
L’humour qu’ils tracent comme de longs cils coagulant
Le cynisme mordu par la même liberté
Qu’il a portée et aimée
Qu’il a supportée
Font des mots la matière plastique et sommaire
De la morsure et de la radicalité

mai 15th, 2018 § 1 comment § permalink

 

Je ne parlerai pas de la journée
Il est temps que je parle du cosmos
Laser, laser
C’est toujours la nuit que les choses irradient
Différemment
Quelle belle idée d’avoir nommé bijou le cosmos
Car le cosmos est minéral et organique
Et il semblerait que rien ne tienne
Pas même une flammèche
Qui soit dans les bras du cosmos, exténué
Mais fort dans le silence et l’espace

Le cosmos est un corps sans organe, disait l’autre
La cosmogonie asexuée des religions
Se libère dans la chair de la nuit
Et l’étoile du berger
Fait aux moutons la meilleure laine

mai 11th, 2018 § 0 comments § permalink

 

La chose vient choquer la tête
Libérée d’ailes
Et viennent les ailerons
Comme des dents sur de la glace
Dire et médire sur le propriétaire
Où elles ont semé leur glaive

Le despote avale sa salive
Bien qu’il ait le monde dans les dents
Et que rien ne vienne conjurer le signe
Qu’il a perdu entre le pouce et l’index
La raison de vivre

Comme des prémisses partent et s’enfuient
Il sombre dans la frustration et le glas onirique
Bain de mélancolie
Qui fera nuages des constellations
Or des excréments quand viendront
Le temps et le cristal de la clémence

avril 26th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Je me demande d’où ça me vient toute cette violence
Ca vient de la mer sucrée où sont morts les tiens
Dans une fumée une attaque de feu et de fer
Ça te vient de ce que les cigognes apportent les bébés avec du fer
Et ça se tient, car les bébés sont ligotés
Au bec des cigognes avec de l’acier
Et les cigognes sont comme des ciguës dans l’air
Les cigognes elles sont mortes avec le fusil
Qu’elles ont pris dans les hanches

 

Il y a aussi de la violence un peu partout ailleurs
Dans les plats de lentilles
Et la mélancolie des yeux d’un de tes parents
Qui pense à la manière dont on les a chauffées
Puis écrasées au millet
Avant de faire fondre leurs vitamines
Dans la casserole à vendre qui traine encore
Quelque part

 

Il y a de la mélancolie un peu partout
Quand on y pense on pourrait vite pleurer
On pourrait se dire pourquoi les hommes sont si gentils
Quand ils ne font pas la guerre
Et qu’ils utilisent des instruments de bêche avec une larme dans leur sourire
Et pourquoi ils étoffent ainsi le jardin
Avec pour seule pensée un bel œillet et de beaux rubans
Les hommes sont gentils quand ils ne font pas la guerre
Ils pleurent dans le sein du ragondin qu’ils ont mangé
Et avec ça ils font un beau cercueil pour un écureuil

Exposition

avril 26th, 2018 § 0 comments § permalink

EXPOSITION

 

Tu vois la chair
Squelettique de la honte
L’exposition, aux arbres aux yeux et au vent
Qui sont le regard émacié du rire
Perclus dans les boucles des arbres
Tu avances avec l’exposition du rayon oblique
Et comme dans une euphorie cannabique
Tu subis la foison des lubies de la terre
Qui t’empressent et te font roue
Roulant sur des coteaux imaginaires

Le trouble anime et actionne les roues
Elles sont la douceur
D’avoir des pulsions qui t’excèdent
Un calme dans l’assujettissement du moi
A la corvée du monde et aux yeux de ses sujets
Tu es toi aussi le sujet d’un amalgame de choses et pulsions
Qui danse comme sac en plastique
Déchet échoué au gré du vent

Tu es dans l’étrange qui est le contrôle de la honte
Et tu trônes plus que tu ne rêves
Car tu ne rêves plus
Qu’à des accès de violence de surface

avril 21st, 2018 § 0 comments § permalink

1.

Toi odieusement corporelle
Toi qui n’es que réalité et matière
Avec tes yeux battus de colombe
L’humaine condition qui ne rêve
Après avoir eus tous deux le courage
De démanteler les choses instruites
Par une condition hasardeuse
Nous sommes dans l’affreuse
Et délectable réalité.

 

2.

Nous tremblons, comme des bougies flamboient
Et ce feu de cire cynique
Nous pousse à conquérir
L’âtre espiègle où nos désirs se noient
Nous sommes brouillés comme des appâts
Victimes de nos dermes et nos langues
Nous exultons dans l’entrechat
Comme des coquilles s’abreuvent
Du lait princier de nos émois.

avril 19th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Le cyprès est évanoui
Tu vois le cyprès là dans le ciel jaune
En fait il n’est pas jaune
Mais les feuilles de l’arbre à côté du cyprès sont jaunes
Il y a le cyprès les feuilles jaunes au-dessus du mur
C’est un cimetière je présume
Là où poussent les cyprès dans les cimetières

Mais en fait ce cyprès là me donne
Ce cyprès que je vois avec l’odeur du vent qui crisse dans mes oreilles
Ce cyprès est une invention de la vérité

Zarathoustra

avril 16th, 2018 § 0 comments § permalink

 

Oui la tourmente où je suis agit
Sur la cité électrique évanouie
Dans le creuset de l’espace

Il y a des guillemets à peu près pour tout
Ce qui suffoque dans le gosier de la ville
Je vois trouble entre la vie
Et le dogme et la tragédie
Et l’effondrement du sursis
Mais la vie pourtant tourne et vient
Et viendra demain

Cher Zarathoustra sais-tu
Dis-tu bien que l’espace entre vie et doctrine
S’alimente de sarcasmes au couchant
Et se dore des premières ramures
Quand vient l’enfant soleil rire aux yeux
Du vieux père désarçonné

Je ris de la ville et le sarcasme
Est le repas du silence
Où la vie sera plongée
Ténue comme les lois d’une table
Evanouie, évanescente loi
Chiures rigides d’émois

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