décembre 15th, 2019 § 0 comments § permalink

 

C’est toi qui voulais un espace spacieux
une densité restreinte de boiseries
où tu pourrais allègrement être
l’objet rêvé d’une ancienne semonce
que toujours visiterait le bonheur
ton bonheur singulier d’être
la fille que tu étais

et pourtant c’est moi encore dans le lieu de cet étau
qui délabre les mêmes meubles et les mêmes ustensiles
à quoi sert cet état délabré et sain
cette chambre où l’on peut lire encore
la semonce ou bien des toiles qui dans la main
laissent présager ce qui sépare de l’âme

là encore ce rêvoir qu’ont connu les enfants
d’une génération
là encore où le rêve a pris dans un crépuscule
mais dis moi l’aube est elle aussi un devenir
une tempe qui bat et un verre brisé
une foi qui dans le coeur gonfle
sans savoir ce qui s’éclaire

mais oublier et donner à voir
la visite et le tumulte d’un gris
et d’une lucarne sur le ciel

décembre 14th, 2019 § 0 comments § permalink

 

Ne dis rien que le sperme de la nuit
le mien n’est pas noir comme le sont d’autres cors
enfouis dans une plaine,
car ici des futaies et des steppes
avec des mains seigneuriales posent leurs os
sur des génies reposés dans les lierres
des alcôves où ton corps est une fin en soi
ce n’est plus qu’un démiurge synergique
plus rien que la stridence des perdrix
et le tout envolé dans la bouche
d’une prairie où le sens fait rage

rare ligament, rare denrée
quand tout est muni de la sphère et l’idée
quand un hêtre apparaît comme la statue de sel du vivant
mais toutes amenuisées sont la lueur et la caverne
assaisonée par les douces pénates
et l’hybridité du monde moderne

décembre 12th, 2019 § 0 comments § permalink

 

je pensais que celui-ci avait raison quand il préférait rire des feuillages
d’une chose totalement stupide
comme si vous ne vous souveniez pas du contenu de la blague
donc ceux-là n’ont jamais ri qui se sont évertués à écrire
d’abord moi je riais et buvais
et me levais de ma chaise avant de me rasseoir fatigué
ma chaise d’interné mais avant j’avais un peu fait basculer le monde
dans des lueurs oranges
et ma lingerie blanche surtout épousait la folie
parce qu’il y a des lambeaux et parfois des dentelles
dans la manière de déconstruire

je n’emploie plus les mots, ils s’écoulent et ont pour seul substance
l’enfant intelligent qui n’écoute pas d’autres choses
j’attends le fond des drogues que j’ai prises
et qui m’ont pincé et qui ont fait fleurir
des folies sages et des substrats
d’années en années

je n’aime pas ceux qui n’ont jamais prisé
et ceux qui ne font que conduire leur petit cheval
dans la trainée et dans la boue jusqu’à ce qu’ils récoltent un peu de neige
je n’aime pas ceux qui ne savent autrement jouer de la folie
que par des mots et du langage
il faut se lever un jour dans le bleu et le cristal
du matin, mais surtout virer et détruire ensuite la myriade du noir
pour savoir construire en raison du temps
autre chose que des mots mais des mets hallucinogènes
qui fermentent et détruisent
l’enveloppe charnelle d’une année entière

décembre 9th, 2019 § 0 comments § permalink

 

Ton visage – le crémeux
enfin tes nerfs quotidiens appellent à aimer
des phases succulentes
comme plantes et pot les choses vont un train
et une préciosité absente
mais je voulais pourtant amortir ces états
qu’un démiurge tout aussi nerveux
esquive, et qui laisse aimer à sa suite
d’autres combinaisons encore de mélodieux
quand toute musique absente ausculte un silence
méticuleusement démembré

Une légère fuite cérébrale, se plait à ouvrir d’autres champs
d’autres allégories puissantes ensevelies là
précisément où se trouve la chimie de ta chimère
et le lieu déconcerté par toute prévenance

c’est morts d’être nés qu’ainsi se forment les espaces
dans la durée

décembre 8th, 2019 § 0 comments § permalink

 

L’intensité du soir est avilissante
les tombeaux sont sereins et c’est pour cela
qu’on nomme soir ce qui est serein
quand viennent s’opacifier les éclats de verre
brisé par des schémas récurrents
tu es incorrecte en raison d’une divinité qui le soir
s’abstrait de sa pourriture d’ambre
et fait coaguler des impressions de ciels et verdures
intériorisées comme le sont les pensées
décoratives d’une décadence.

décembre 8th, 2019 § 0 comments § permalink

 

l’infime dont il s’agissait lorsque j’entendais des voix
mais celles que je dis quand je suis là
où, dans les rochers et le monde en déroute
il n’y a qu’un soupir qui alimente les fonctions organiques

 

le corps est un instrument qui succède à cette mèche
d’un cosmos débraillé
ainsi les voix dont je parle me disent le chemin
et la déroute dans les rochers fantasmagoriques

 

quel est le sens pourtant d’une déroute, une fuite
conquérir le diapason de l’orphisme et l’inculquer à des restes de monde
aux restes seulement car l’unité est dans la légère traverse
qui a bâti les premiers acides, les volcans
et il se peut que vous entendiez encore cela

 

il se pourrait que des veines encore d’orphisme
ne puissent céder aux tentations mauvaises
et que les ennemis de l’infime s’avalent eux-mêmes
car Orphée veille
et cette veille est un autre acide un autre volcan
une déroute nécessaire où les plumes à peine de volatiles
colorées prennent la vaste mer ou la rocaille
pour le champ du devenir

décembre 6th, 2019 § 0 comments § permalink

 

vous êtes la fleur de ma vie comme l’on succombe
aux orties mensongères et au vase
d’une profonde divinité
votre esprit saillant comme un masque
aux transpirations fortes de l’océan
et pourtant si recluses dans ce sang et ce visage presque
désertique

rousse comme une guêpe et belle
comme des guêtres salubres aux pieds des étalons
transpiration encore
que ce sel et cette façon d’être sèche
tout en oeuvrant à concentrer
l’humeur dans des pièces altières.

décembre 4th, 2019 § 0 comments § permalink

 

parfois il faudrait un appareil respiratoire
pour oublier et mourir
dans le sentiment de la plaine
déserte et brûlée
où la chair de la terre quand même absorbe encore
de la pluie comme un savoir
une aubaine pour la respiration
une façon de donner à la joie de mourir
d’autres verbes encore que celui de la glaciation
car il semble que mourir est la dernière obligation

ce sont des terres abstraites aussi
pourtant elles ont le sens familial et social
d’un combat qui est venu à son terme
ou seulement la manière qu’a la vie de se mesurer
à l’élaboration d’un système
qui s’est couvert de sa chute
pour demeurer dans la dissolution de ce sable
autrefois granit
maintenant aussi tel les éponges marines

tel des cuvées qui respirent

décembre 3rd, 2019 § 0 comments § permalink

 

Mais c’est pour garder un bon souvenir de moi
que tu es partie
à ce moment là c’est pour enlever au corps du papillon ses ailes
arracher au fumier sa mauvaise essence
c’est pour me tancer dans un infini mouvant
pour me faire voir des alacrités des salaisons
des désarrois opaques où la lumière derrière
est la lumière du nord des septentrions
où j’ausculte la dernière paroi
où les falaises de roches ont cette vision en elles
de roches plus lointaines où le givre
n’a pas encore eu lieu
pour me faire sentir friable parfois à ce point
que je dois être en plein crépuscule
pour mesurer une dernière fois le violet et le brun
qui plaisaient à ma culpabilité

mais combien de temps je pourrais partir
je ne bouge plus
et remue ma truffe en poussant des couinements de vieil homme
enseveli par le train du jour le grain
que des folies subalternes découvrent
la puissance de n’exister
que dans des fondrières de doutes
où je guéris oui d’une humaine platitude
en étant plus plat encore qu’une merde
et qu’un noyau dans un estomac

novembre 29th, 2019 § 0 comments § permalink

 

Emporte-moi globicéphale
la ville a parfois le caractère abrupt
d’une arête, ou d’une artère où circulent
sans cesse ces passants crédités
par la grâce d’une cité

globicéphale au nom abrupt de l’évasion
la transmission des sangs marins dans la générosité
d’une sainte mère
d’un coeur envahi encore par ces données urbaines
des nuits au tamis et l’ivresse et l’amour dans une soie
bien encore qu’elle lui nuise
avec des alarmes et parfois l’ennui de connaître

et toi globicéphale
toi le dauphin qui piques dans le sombre quand seulement
il n’y a plus d’enceintes et d’artères urbaines
qu’un champ liquide où la pression
n’est pas tout à fait la même

je sais en toi ce couronnement de la ville
vers l’infini qui s’oblitère
et dans la tendresse d’avoir commis la faute de partir
tu portes le seul sel qui m’ait conquis

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