Le verre de Pastis

juillet 27th, 2017 § 0 comments § permalink

LE VERRE DE PASTIS

 

Je buvais un verre bien servi
Avec presque autant de pastis que d’eau
J’avais à peine bu une bière au préalable
Ce fut un cocon de stupeur
Que m’apporta l’alcool fort d’anis
J’étais lié au lit, où je m’enfonçais
Je m’effondrai dans des pensées
Stupéfiantes, profondes, inconscientes
Une forte rêverie, s’empara de moi
Je m’égarais dans des scénarios précis
Bercé par une incurable ivresse
Et m’adonnais, une heure au moins
A l’exercice de la rêverie
Qui est, selon certains spécialistes
Nécessaire à la santé

Du moins l’est l’activité de ne rien faire

Je rêvais de manière éveillée
A des poncifs qui sont mes rêveries
J’étais dans des routes tortueuses
Routes de nuit, où je m’élançais en bolide
Mais toujours ce même cynisme
Cette même étrangeté
Paranoïa stupide
Creusant une distance
Face à d’hypothétiques interlocuteurs

juillet 27th, 2017 § 0 comments § permalink

 

A Paul Verlaine

 

J’avais peur qu’on me retire la poésie
Que les rêves de blés soient des portes
Et l’odeur des résédas des tombeaux
Passés à quelques produits malfaisants

Peur à en mourir, mais cependant
Que rien n’advenait, je restais sur un qui-vive
Qui mourait et ressuscitait
Rien ne se passa, qu’un bruyant été
Rien n’advint, qu’un sentiment épais

juillet 25th, 2017 § 0 comments § permalink

 

L’oiseau de malheur
Incitait des malades de boissons
A boire en sa présence
Des égarés, à consommer des produits
Qui mirent à mal leur santé
L’oiseau de malheur toujours
Se sentait gouverné par une inexplicable liberté
Qui ne pourrait apporter
Que du bien à ses victimes
Une sorte de félicité
Que tous partageraient

Et tous en effet apprécièrent le moment
Où l’oiseau de malheur les envouta
Tous reconnurent l’instant
Que le bel oiseau de malheur
Leur communiqua comme un souffle étrange

Tous se perdirent, tous moururent tôt ou tard
Peut-être ne fut-ce là qu’un hasard
Et qu’ils seraient de toute façon, morts tôt ou tard
Peut-être même que l’oiseau augmenta
Leur espérance de vie
Ou, au cas où il l’abrégea
Leur apporta le bonheur d’avoir vécu

Mais tous furent éconduits
Et tous avaient souffert avant que l’oiseau de mauvaise augure
Les poussa à multiplier leurs chances, de vivre, ou de mourir
Personne ne sut laquelle des deux fut effective
Mais toujours l’oiseau se lança dans de nouvelles entreprises
Et conquit de nouvelles victimes, en bien, ou en mal.

juillet 20th, 2017 § 0 comments § permalink

 

La raison enfouie communiquant
Ses veines de coquilles et ses foisons de sens
Oursin déconstruit dans la marée de l’œil
Et peuple hybride dans la bouche décousue
Ayant pris les formes de lave déliée
Boursouflure de désir envolé

juillet 13th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Je voulais, la mélancolie
Je l’estimais divine et n’avais rien lu
Aucune encyclopédie
Sur ce sujet de haute envergure
Rien n’était su, qu’une légère intuition

Au fil des années, je devins malade
Le petit paradis, qui m’avait été légué
S’avéra une maladie de longue haleine
Je fus pris dans les mailles
Que la légèreté m’avait offert
Par son appel de sirène

Aussi succombais-je
A ce chant intuitif
Et toute l’absorption de son émotion

Trempé jusqu’aux os
Par l’envoutement de cette nation
Faite de prismes poétiques
Et d’émanations trompeuses
Je sentis le froid, me geler
Quand vint l’hiver d’après.

juillet 10th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Tu te tiens si bien
Derrière le lacet de la rivière
Verte transparente, comme un pli
De cette rivière, faite de vase
Comme une tourterelle, mangeant la sève
Des arbres malades

Tu fais des crins que tu portes le lit de parfums
Que le courant emporte

juillet 10th, 2017 § 0 comments § permalink

 

L’unique pli de la pensée
Dérive en nappes roses de sens et de vigueur
Tout s’apprend et se volatilise
Dans l’air consistant de la vigueur
Ce qui est simple, marche et prévient
Des plaies purulentes de la complexité
La pensée dérangée

juillet 9th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Le verre pilé qui surgit en soi
Et qui de ses éclats manifeste le danger
Comme un roi pris en tenaille par ses sujets
Une couleuvre délaissée
Sur une étendue de goudron bouillant
Les pièges que l’on se tend
Sont la résultante d’un affect
Libéré de toutes entraves
Plein, et intègre

 

Le verre pilé de l’angoisse
De la frustration qui est de l’angoisse
Sans angoisse
Tout ce qui se projette dans l’espace nu
Sachant que l’espace, est la plus nue des entités
Et qu’elle accueille tous les courants possibles
Le courant central étant soi, limité par la boite crânienne
Où des intempéries viennent battre

juillet 4th, 2017 § 0 comments § permalink

 

Chez certains angoissés
L’eau est l’élément de la strangulation
Ils étouffent des mers
Et parfois d’un verre d’eau
Ils ont si bien été immergé
Dans le ventre de leur mère
Qu’ils n’aiment plus rien que le fond des mers
Et haïssent l’eau tout autant

Ceux qui se sont émancipés
De l’angoisse et la claustrophobie
Mais aiment à être immergés
Dans les remous du vrai
Ceux-là vivent l’immensité
Sans jamais être altérés
Ils s’enveniment de raison
Et vivent selon leur gré

L’amour, tout comme le sel des mers
Le sucre des fruits
Est une ouverture illimitée
Sur les possibilités de l’être
Ils aiment corps et âme
Les bras de l’aimée
Ils aiment comme on aime
A délier les chaînes
Et boivent le vin du vrai
Qui se mêle à l’ivraie

juillet 3rd, 2017 § 1 comment § permalink

Lorsque près de la rivière
Tu tiens la main du luminaire et viens aux portes
Des esprits petits de la lumière
La vase luminescente, éclaire le chemin des lucioles
Les gaz des fonds vaseux, soulèvent la masse visqueuse des morts
La main luminescente du poète s’accroche
Aux paroles des nécromanciens
Le jeu de rivière et de feux, qui flambent à la surface
Font au poète une mauvaise révélation
Trop ennuyé qu’il est à déchiffrer tout mystère

Il n’y a pas de mystère à la mort, ni à la léthargie
Qu’un fond qui s’est asséché ou une motte noyée
D’horribles castors mouillés viennent bâtir
L’échafaud du poète trempé
Qu’il meurt noyé ou broyé
Après avoir glissé sur la fraiche terre d’escargots
Qu’il se pende ou qu’il se penche
Vers la mauvaise lampée noire des eaux
Le poète tient le mystère comme une vase malodorante
Des cygnes stupides approchent
Feulent à sa face
Crachent leur salive inhumaine.