avril 28th, 2021 § 0 comments § permalink

Enfance
 

Un enfant fait mine de tirer à blanc
Alors je lui saisis les jambes
Et lui donne un grand coup
Dans les dents

Je frappe si fort sur lui
Qu’un rai de sang l’ensanglante
Je suis fort et souris
Au forfait immense
De la violence

Je m’enfuis en courant
J’ai peur que la police avance
Dans la nuit.

avril 27th, 2021 § 0 comments § permalink

LES MONTS IRANIENS

 

Découpés dans la sphère
Ubique
Ils jaillissent en étant stables et sont
Le dessin du rêve
Le vrai dessin de la densité
Et la légèreté fébrile
Ils sont subtils et vrais telle une clarté mobile
Faite de pierres et de roches
Véritablement sensibles

Ils sont pleins ainsi que des crocodiles
Bercés dans le haut vent et dans la grande planète
La région où ils ne sont qu’eux-mêmes
Dessinés par la terre millénaire
Jamais ils n’ont été désirés
Mais semblent être seulement
Des roches et de la terre consumée
Par le feu des astres
Par une âme humaine

Ils sont emplis de vérités comme les strates
Parfois stratosphériques
De leur irréalité

avril 27th, 2021 § 0 comments § permalink

UNE PASSANTE

 

Celle qui passait, moqueuse et désireuse
Pleine sans le savoir, de désirs réprimés
Et pourtant ouverts et déversés
Contenus et débordants
Mais dans ce léger sourire de débauche
Des univers s’ouvraient
Des falaises, encore pétries de vents
Tombaient et le produit de la chair
De l’écorce et la pierre
Montait ainsi qu’un avènement

Je fus surpris que sa grande nature
S’étale à loisir
Dans un couvent de délices
Dans des rêves aboutis
Des fioritures qui stagnaient
Comme de longs embruns
Et du sel dans les artères urbaines
De la poésie dans la cité

Qu’elles soient contentées, vaincues ou touchées
Ces femmes distribuent la morale
Et le bonheur de résider parfois
Dans le monde où l’on conquiert sans cesse
Des pages, des ivresses
Des grandes histoires qui ne sont
Qu’un petit grain logé dans l’air
Dans l’espace qui s’ouvre
Parfois.

avril 20th, 2021 § 0 comments § permalink

Le réveil d’Orphée
 

Ca les a rendues jalouses
Que tu pénètres ainsi le corps du monde
Jalouses que tu ouvres les voies à l’indicible
Et charmes le monde avec ce pouvoir
De tirer la musique dans un nid de rochers
Et de répandre la seule musique par la voix
Inaccessible du seul instrument et de la seule corde
Qu’elles sachent, alors qu’elles n’ont rien pu faire
Que le monde souriait à la claire musique
Qui prenait les flots de lisières et les grèves
Dans l’entraille d’un monstre de forêt
Et que viennent se surajouter des voix
Que leurs griffes ont déchirées

Jalouses de n’être ainsi ballotées par l’inaccessible
De seulement être par une narcose ensevelies
Lorsque tu avais le don de tirer
Au fond des puits et des nappes
Dans les ornières et les orées
ce qui ne s’épuise jamais

avril 17th, 2021 § 0 comments § permalink

MOTS

 

Des mots d’une profondeur exquise
Des mots me mènent
Où le verbe commun transpire
De simples conseils ou bien une parole
Presque évangélique de n’être
Qu’une émission sonore

Des mots talismaniques
Des verbes qui sont des fusées
Où l’être est une chair malléable
Des mots fortuits et construits
Soulèvent l’écorce du monde
Et fleurissent dans l’onde

avril 17th, 2021 § 0 comments § permalink

Anarchie
 

Peu importe l’anarchie des fleurs
Peu importe les sigles dans la grande faïence
Et sur les vêtements de jeunes sœurs
Peu importe si les désuètes années
Ont été sifflées par une grande machine
Dont il ne reste que des ruines

Les écluses sont des cœurs et la ville
A de la terre dans les entrailles
Les chants sereins des oiseaux
Sont les pierres décortiquées
Des anciennes demeures

avril 14th, 2021 § 0 comments § permalink

Échelons
 

Je dus franchir l’étape suivante
Un cycliste individualiste
Un abasourdi au milieu de la route
Un vieux con qui marchait et prenait toute la place
Entravèrent mon chemin et me firent souffrir
Je fus réduit à la plus violente des contraintes
Dans ce malheureux guet-apens

Mais ensuite encore
Un homme stérile et nerveux
Paya au parcmètre
Je vacillai
Et perdis la conscience

 

Je fus réveillé dans un hôpital
On m’annonça qu’on allait me guérir
En me sectionnant les nerfs
Sans me le dire
On allait simplement supprimer ma sensibilité
On me dit juste que je ne souffrirai plus

Et là malgré mes suppliques
Malgré que je réclamasse qu’on m’aide
Un soignant bucolique et morbide
Me dit que tout se passerait bien

 

Je fus tué
Et je n’avais plus de sentiment
Pour en éprouver la peine

avril 13th, 2021 § 0 comments § permalink

BLES

 

En effet il n’y a rien de plus beau que cela
Des vents qui soufflent sur une bordure de blés
Noirs et blonds proches d’une façade de bord de mer
Oui il n’y a pas d’autres choses à dire
Regarde comme cela est beau

La psychologie aussi prend son sens
Dans le succès de l’image pure et intuitive
Je ne dis pas quels sont les secrets de l’image
Car elle est double comme une respiration
Qui prend sa jouissance dans les fonds

Transparence des blés et du ciel
Du noir et du blond dans la seule façade
Et la seule rencontre et le seul mot
Qui touche à ce qui s’était évaporé
Et forme maintenant l’image

Comme une respiration

avril 10th, 2021 § 0 comments § permalink

Dans un jardin (à une écofeministe)
 

Dans ces fumigènes clairs
Les poussières annihilées se terminent
Toujours par la même vigueur
Et entrent dans le salut
De cette sueur estivale toujours
Façonnée par la nature et ces jardins spécieux
Banals et ordinaires

La comédie de l’instant
Le dasein de l’avenir
L’être-là et seulement ne rien faire
Qu’obéir aux lois de la déesse mère
Son ennui et son extase
Dans une douce langueur
Une vivacité de l’esprit
Vives herbes et esprit malin

avril 10th, 2021 § 0 comments § permalink

Passante
 

On entre des fois dans une apothéose
Qui se soustrait aux éléments urbains
Dans la symbiose d’une lèvre
On entend des pépiements invisibles
Longer des fleuves paisibles
Dont la grâce pourtant et le dénuement
Nous invitent à faire macérer en soi
Un sentiment subi

Elle passait ainsi que ce fleuve que j’ai connu
Ouvert aux aventures identiques
De l’eau mais aussi à ses débris qu’il charrie
Son bonheur de n’être jamais le même
Et de permettre au sens de se déployer
Aux idées de se former quand tout se tait
Et avale les quantités du monde

Ainsi on aime ce qui passe, ce qui vient
Dans le cœur de la passante.

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