décembre 30th, 2020 § 0 comments § permalink

L.

 

dernière étoile montante
de l’inéluctable sève de la poésie
toi, dormante dans le plein ciel
de l’agilité
toi fulgurante qui nais ainsi
qu’un diadème
ou bien une écluse
toi dernière nommée
je ne chanterai pas
ce qui est ainsi dévoilé
mais l’obscure façon
qu’ont les choses de se renouveler
dans le monde du vide
des haltères s’aiguisent
dans la pression
et le muscle sans cesse habitable
de l’écluse
d’un ciel nouveau de la roue
d’une destinée
battant les sphères
dans les serres de l’agilité
et dans le contour
d’une fraternité
qui se nomme désir

décembre 30th, 2020 § 0 comments § permalink

EQUIVALENCES
(A Valery Larbaud)

 

Ô ma belle nature tentaculaire
il y a encore en toi un reste d’urbanité
tu sembles grésiller comme le font les villes
et charger l’air d’une béquille citadine
tu sembles plus triste encore
et te recueillir
dans les champs sveltes et les traces de pneus
sur des boues nouvelles
tu sembles par le blé faire quelque voile
sur l’échine d’une autre terre

nature proche, proche dédale de somnifère
nature, sur le devant et les côtés sont des tristesses vaillantes
personne ne t’a vue que moi
les riverains sont occupés à des affaires qui ne t’intéressent
que dans les chantiers qui éventrent ton atmosphère
nature proche, est-il une oeuvre qui soit tienne
une grande oeuvre corporelle et saine
qui travaille le long de tes rivières
saines comme fêtes anciennes

mais tout est triste quand se construisent les demeures
tout semble loin d’une autre cité subalterne
que j’ai connue dans un plus grand bonheur

décembre 30th, 2020 § 0 comments § permalink

LE MONDE INTUITIF
 

dans la tangente à l’oubli s’ébauchaient
des formes qui avaient la couleur blanche
et la raison première des naufrages
clairs comme des arcs-boutants,
les esprits engendraient des navires
des attirails célestes qui se gavaient
de gourmandises et de jeûnes

assis sur un monde délectable, le froid
mais surtout la clarté blanche du soleil
les rayons n’importaient pas
ils avaient la tête posée sur l’essieu
d’une architecture en mouvement
mais la sérénité sûrement
tire son mouvement d’une colonne

19 : 59

décembre 30th, 2020 § 0 comments § permalink

LA ROUMAINE

 

j’étais allé la voir et je l’ai embrassée
par la force des choses
outrancière, mais simple
comme une âme en perdition
s’étale sur des breuvages illicites
tenue par la possession
d’une armature sans matière
elle chevauchait la vie à grand prix
satyre, que mon envie d’être à sa solde
mépris, du monde ennemi que de l’aimer
dans les transes perdues
la seule réalité

d’être avec la prostituée
la roumaine qui se limitait
à ce monde que je chérissais.

décembre 29th, 2020 § 0 comments § permalink

STANCES
 

ta croissance et ta construction sont les fléaux qui s’accordent
à la morale chancelante du monde
tu aimes cela qui est inique
tu aimes cela qui est juste
mais rien n’arrête ce qui est construit
que tu prends à la volée
la durée
qui est une chevelure colorée
un tiroir où cèdent des parfums
à d’autres objets archaïques

des instances diverses
et des concepts qui frôlent toujours
une semi-éternité
dans le grand couvercle du jour

des marées habituelles
recouvertes de la nouvelle phosphorescence
mais cet entrain à être excuse certaines perditions de ses objets

les spectateurs ne sont avertis de cette grande vie

décembre 27th, 2020 § 0 comments § permalink

AUTEL
 

Elle aussi elle vit dans ce monde de bruits
les mêmes humeurs
les mêmes mélancolies
les mêmes entraves
pullulent sur la cerise pourrie
des tensions vacantes

spiritualisons ce réduit
où se trouve confinée la vie
parfois par sa biologie
d’autres, son grand avènement
irréductible à la satiété des sens
à la grande folie

je suis mûr d’entendre les sens
et les primautés noires et blanches
du grand segment qui me prend
par-delà les mers
sur l’autel pourri
de cette même cerise

décembre 27th, 2020 § 0 comments § permalink

DON

 

je vous lègue quelques écuelles
je vous lègue l’eau courante
aux sources des étoiles
le lait des voies célestes
les pieds brûlés
et les mains enchanteresses
bâtisseuses de cathédrales
et de vides stériles dont vous ne tirerez rien
je vous lègue ma fraternité
la conversion à la parole solitaire
mais qui est tant dévouée
à ce qu’on s’entende enfin
un peu plus qu’en d’autres circonstances

je me demandais comment trouver la plénitude
un air sain de coton
bleu et violacé, blanc surtout
un espace d’une solidité douce et fluide
dans le creux du temps qui se délite
mais qui est si jeune et si frêle
qu’aucune force ne peut le contenir
je le trouve souvent
dans des situations sans pareilles
silence et chaleur optimale
dans les bâtiments des civilisations
coeur d’entrailles secourues
toutes choses égalisées
à la stricte tempérance

mais là est une autre histoire.

décembre 25th, 2020 § 0 comments § permalink

PAYSAGE
 

Je t’appartiens, cycle des moissons
j’appartiens au Gange qui se dilate
aux familles dont je ne suis point
je suis une campagne suisse
qui s’éventre dans le dedans de ses terres
j’ai bu des pâturages et encore
je me suis maudit à certains cols

j’appartiens au cycle des obscures raisons
qui sont dans les cornes de vaches
je suis l’alarme et la sonnette
d’un monde qui va mal
pour cela je me meurtris encore
et me sacrifie sur les étendues que j’aime
c’est ainsi que mon esprit se dilate
et sort de sa boite crânienne

en étant la meurtrissure de mes amis, mes ennemis

décembre 25th, 2020 § 0 comments § permalink

CE QU’ELLE DISAIT

 

Quand du vent froid passe sur mes jambes
le monde est un cornet réduit à ma morale
je dis qu’il faut être la lie, et le pavé
la lie de la société bien que je sois bourgeoise
mais m’éconduisent mes désirs vers d’autres lisières
que mes promises éducations
je passe le long du tunnel qui s’éternise
je passe le long du temps qu’amenuisent
les raisons glacées qui me convainquent
et m’amènent sur des terre-pleins
où je sens le monde, vaincre toute morale
vaincre les chiens et les misérables

décembre 24th, 2020 § 0 comments § permalink

ALLÉGORIE D’UNE STATUE
 

l’hiver auguste apporte son lot de flocons
je suis dans la situation suivante
des espaces qui m’entravent
un souffle court et des angoisses
agitent le centre d’une nuit
qui pourtant avait été en ses débuts
une simple buée

mais les choses sont ainsi faites
que le monde s’écroule
les pensées fusent quand elles vont mal
et ce mal est le signe non pas des pensées
peut-être d’un rythme
qui fait que penser fait mal
dans la lignée d’une nuit qui s’étale et dure
dans la mouvance de la vie

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