Les gens ne veulent pas que je sois malheureux. Ils veulent que je sois heureux mais un peu moins qu’eux. Or cela est parfaitement impossible. Je ne peux pas, biologiquement, être un peu moins heureux qu’eux. Et cela est dû à ma vie publique : elle est l’affaire personnelle de chacun.

Ce n’est pas tant exceptionnel. Un ami demande toujours à un autre ami d’être un peu moins heureux que lui, sans même mesurer le potentiel de chacun. Il peut se présenter comme un peu moins heureux afin de se faire accepter, puis il tentera d’être un peu plus heureux. Un animal ne connaît pas ce problème, les animaux s’acceptent sans compétition ou sans compromis. Pour un humain à qui on a augmenté les facultés cela est plus délicat. Il peut avoir plus d’empathie mais si on lui demande d’être moins que ce qu’il est cela est paradoxal. Autant rester seul. Pour un schizophrène, dont l’accès au bonheur naturel est souvent restreint, cela se complique aussi.

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