Claire Ceira

le trou de l’Etre (à Ivar Ch’Vavar)

par claire le 27 octobre, 2018

C’est la faille des choses
qui vient goutter le long des tracés d’autoroutes –
couler vers la mer
pour voir l’endroit haut d’où coule la lumière
en traits doux et obliques,
léchant les puits creusés des grands nuages
et de sa langue radieuse l’intérieur de leurs cuisses bleutées
(sans nombre)
puis tombant, grands droits, échelle
sur notre vaste et pauvre pays.

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mais voir
dans le même temps, l’anti-lumière
léchant du bas leurs ventres gris, grisants
longs gisants d’orage
hachant et filtrant tout
sur cette terre, cette ombre
qui se déplace avec nous
effaçant les collines,
plantée de vents tournoyants.

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nuages comme barbe à papa comme la poussière
épaisse derrière les armoires
des appentis – torchons tordus, rouillés
cet endroit désigné
par les enfants bêlant leur faiblesse
agneaux aux yeux fendus devant le trou du monde
qu’ils noient de leur urine chaude.

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ou léchant la gomme des merisiers
à l’orée d’un bois
de la trouée qu’ils connaissent
– ambre coulant de l’écorce éclatée,
à l’est, là où frappe le soleil blanc,
un temps d’arrêt –
le gel de la nuit serre leurs petits ongles sales.

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