Morale d’esclaves.

La morale d’esclaves (ou « moralité des esclaves ») est un concept philosophique développé par Friedrich Nietzsche dans Par-delà bien et mal et Généalogie de la morale. Elle désigne un système de valeurs né du ressentiment des faibles face aux puissants, qui inverse les valeurs aristocratiques en qualifiant de « bon » ce qui soulage la souffrance (la pitié, l’humilité, la douceur) et de « méchant » la force des maîtres.

Origine et Fonction

  • Le ressentiment : Née de l’impuissance et de la frustration, cette morale utilise le jugement moral comme une arme de revanche contre les forts.
  • La réaction : Contrairement à la morale des maîtres qui agit par affirmation de soi, la morale des esclaves se définit d’abord par réaction en disant « non » à ce qui lui est extérieur.
  • La stratégie de survie : Elle valorise des vertus utiles aux opprimés pour endurer leur condition, telles que l’obéissance, la patience et le renoncement.

Valeurs Associées

  • Ce qui est loué (« le Bien ») : La pitié, l’humilité, la charité, l’égalité, la faiblesse et la soumission.
  • Ce qui est condamné (« le Mal ») : La puissance, la fierté, la force, la passion et la domination.
  • L’incarnation historique : Nietzsche l’associe principalement à la tradition judéo-chrétienne, qu’il accuse de déprécier la vie terrestre au profit d’un monde idéal ou céleste.

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