Les âmes mortes.

Les Âmes mortes (russe : Мёртвые души, Miortvye douchi) est un roman de Nicolas Gogol paru en 1842.

Narrant sur un ton comique les mésaventures d’un petit escroc dans la province de l’Empire russe des années 1820, le roman est aussi une troublante dénonciation de la médiocrité humaine et est considéré comme une des œuvres maîtresses de la littérature russe.

Présentation

Le roman a été publié originellement avec le sur-titre Les Aventures de Tchitchikov et le sous-titre Poème, peut-être pour céder aux exigence du comité de censure de Saint-Pétersbourg. Le sous-titre, qui fit scandale à l’époque, pourrait être un artifice de Gogol pour éviter la censure, en insistant sur le caractère fictif de son histoire. Une autre hypothèse est qu’il s’agirait d’un hommage à Pouchkine, qui avait envisagé de faire un poème sur le thème des Âmes mortes.

Dans l’Empire russe, le mot « âme » désignait les serfs mâles. C’est le nombre d’âmes qui déterminait la valeur d’une propriété ainsi que l’impôt foncier dont le propriétaire était redevable. Comme les recensements n’étaient effectués que tous les cinq ans, les serfs morts « vivaient » parfois des années dans les registres de l’État ; et les propriétaires continuaient de payer l’impôt par tête sur ces âmes mortes. Cette absurdité du système avait donné à des escrocs, dont fait partie Tchitchikov le héros du livre, l’idée d’une arnaque au crédit foncier. Ils achetaient d’abord des âmes mortes à prix minime, pour le plus grand bénéfice des propriétaires, ainsi dégrevés de l’impôt correspondant. Ils les plaçaient ensuite, fictivement évidemment, sur un terrain acheté à bon compte. Finalement, ils hypothéquaient le tout auprès du crédit foncier, pour la valeur d’une propriété florissante.

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