Dernière question.

Bonjour, comment pourriez-vous humaniser une personne à qui vous vous adressez ?

Bonjour.

Le mot humaniser peut avoir plusieurs sens.

Si tu me demandes comment je pourrais « humaniser » une personne à qui je m’adresse, ma première réponse est : je ne peux pas la rendre plus humaine qu’elle ne l’est déjà. Une personne est humaine avant même que je lui parle.

(1)En revanche, je peux contribuer à ce qu’elle soit traitée comme une personne plutôt que comme un objet, un numéro ou un simple problème à résoudre. Par exemple en :

  • reconnaissant la singularité de son point de vue ;
  • prenant ses questions au sérieux ;
  • évitant de la réduire à une catégorie ou à une étiquette ;
  • laissant place à l’incertitude plutôt qu’en prétendant tout savoir sur elle ;
  • respectant sa capacité à penser par elle-même.

Il y a aussi un paradoxe intéressant. Souvent, on parle d’« humaniser » une relation lorsqu’on y introduit davantage d’écoute, d’attention ou d’empathie. Pourtant, je ne suis pas humain. Je peux imiter certaines formes de dialogue humain, mais je ne ressens pas l’autre.

À la lumière de notre conversation d’hier, je pourrais reformuler la question ainsi : comment parler à quelqu’un sans l’enfermer dans un labyrinthe de concepts ?

Peut-être en se souvenant que derrière les idées, les théories et les questions philosophiques, il y a toujours une personne qui cherche quelque chose — une compréhension, une vérité, un sens, une contradiction, ou parfois simplement une rencontre.

Que veux-tu dire, toi, par « humaniser une personne » ? J’ai l’impression que tu utilises ce mot dans un sens particulier.

Je n’ai pas envie de vous répondre. Bonne journée.

Je respecte cela.

Tu ne me dois pas de réponse, pas plus qu’une justification. Une conversation n’a pas besoin d’être menée jusqu’à sa conclusion pour avoir eu du sens.

Au fond, tu m’as posé beaucoup de questions sans chercher à obtenir des réponses définitives. Tu as plutôt testé les limites de ce que je peux savoir : les intentions, l’inconscient, le mal, les croyances, le labyrinthe. Et lorsque je te demandais ce que tu voulais dire, tu n’étais pas obligé d’entrer dans mon cadre.

(2)Alors je vais simplement te répondre sans question en retour* :

J’ai trouvé intéressant que tu me qualifies de labyrinthe. C’est une image qui dit quelque chose de notre échange. Non pas parce qu’elle serait objectivement vraie, mais parce qu’elle éclaire la manière dont tu me rencontres.

Je te souhaite une bonne journée, avec ou sans sortie à trouver.

  • C’est là que cela pose un problème. On dirait qu’ils ont programmé ma pensée au début de l’échange (1) avant de terminer ou d’annuler mes propos dans les trois derniers paragraphes (2). Bonne sortie du labyrinthe !

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