Au bord du monde, avant les mots,
Quelque chose apparaît—
ni objet, ni rêve,
mais présence offerte.
La chose n’est pas encore nommée,
elle se donne, nue,
dans la clarté fragile
d’un regard qui apprend.
Je marche parmi les phénomènes,
non pour saisir,
mais pour accueillir
ce qui se montre et se retire.
Chaque instant ouvre un horizon,
où le visible appelle l’invisible,
où l’évidence tremble
comme une eau traversée de lumière.
Je ne suis pas hors du monde,
je suis ce passage
où il advient,
où il prend sens.
Et dans ce tissage discret
entre voir et comprendre,
le réel respire—
sans jamais se laisser enfermer.
Note : 4 / 10.