La plupart des documents que vous jugez proviennent de gens qui étaient au courant (voire actifs) du complot (ou de ma situation si vous préférez) lorsque je ne l’étais pas. J’ajoute par ailleurs que ce même complot tourne autour de ma personne et de ma production, qui sont bien ma personne et ma production. L’absurde semble s’être emparé des esprits au plus au point, sans qu’ils puissent se pencher sur ce qu’il y a de plus profond en eux. Il en est ainsi de la civilisation gravitationnelle.

Gravité. Emprunté du latin gravitas, « pesanteur, lourdeur ; importance, dignité ; dureté, incommodité », dérivé de gravis (voir Grave I).

Où serait la gravité aujourd’hui, c’est une question que l’on peut se poser. Ce qui gravite (et je ne parle pas seulement de mon cas) est ce qui obtient une légèreté par ce phénomène de gravitation. Il repose sur la gravité, et c’est cela qui le maintient sur orbite, tel un satellite. Cette légèreté l’est-elle vraiment ? Elle peut être comestible ou consistante éventuellement, mais elle est dépendante de ce autour de quoi elle gravite. Cela peut se constituer en réseaux, en réseaux abstraits de gravitation, ce qui ne serait pas réellement les mille plateaux ou les rhizomes de Deleuze, qui ont une fonction personnelle plus intense.

La gravitation n’est pas non plus la gravure, le processus d’une intensification du moi, qui a été un poids certes conséquent, ou rendu comme tel, sur un support parfaitement neutre où l’on a pu reproduire son moi profond. Elle n’a pas un moi bien installé, bien à soi, mais un moi sur orbite, un moi qui se confond aux autres satellites. Pourtant ce qui est gravé libère, intensément parfois, de ce moi et ce qui est sur orbite n’en a pas l’occasion, à moins d’être désaxé et de se perdre dans un vaste espace et dans une profonde solitude.

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