La symphonie du silence.

Un beau terrain vierge était resté vacant pendant trente ans en périphérie d’une ville moyenne. Le maire décida un jour d’y construire un aérodrome. Peu de temps après on y créa une école d’aviation, puis un centre de recherche spatiale à proximité. Les affaires allant bien, on y construisit de nouveaux bâtiments afin de créer un centre équestre, des clubs de danse, de voltige et de formation aux métiers du cirque. Les lieux devinrent bientôt un centre tendancieux et on y expérimenta de nouvelles formes d’art. On y construisit un musée, un centre de recherche artistique. La science s’attela à ce projet et on installa un centre de recherches en neuroscience. Des communautés se formerent à proximité. Il y eut des débats entre elles au sujet des diverses formes d’interprétation que le pôle d’activité et de recherches contemporaines suscitait dans le monde entier. Des universités furent construites, des églises évangéliques, des lieux de loisirs, de tourisme, de randonné, des élevages, un ministère, des filiales et des succursales d’entreprises, un centre financier, des logements, deux aéroports internationaux et un chantier naval. Quelqu’un trouva un jour une étoffe blanche près d’un axe routier et lut ces mots inscrits sur un bout de papier : « Ici j’ai tout perdu, ici je mettrai fin à mes jours, ici je bannirai l’existence pour en faire un lieu de silence éternel ».

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