Jean était chef de gare en gare de Bourg en Bresse. Son enfance fut solitaire et marquée par une fascination pour les trains, qui était la seule chose qu’il savait des grandes villes. Il décida naturellement de passer sa vie au milieu des trains jusqu’à la fin de ses jours. Il était sérieux dans son travail, mais frappé régulièrement de rêveries dont il ne pouvait se défaire. Le 4 avril 2005, l’une de ses rêveries fut fatale. Le système d’aiguillage n’avait pas été actionné, ou bien la transmission avec le conducteur était défectueuse, si bien que le train dérailla, non pas en gare heureusement, mais au milieu d’un champ où il tua trente volailles qui appartenaient à une dame, veuve depuis une dizaine d’année, qui était l’ancienne professeur de Jean.