Claire Ceira

fin d’été

par claire le 19 janvier, 2026

Il faut maintenant s’arrêter, descendre
dans l’humeur de la poésie –
maintenant que la lumière décroît – parce que c’est l’heure et la saison,
que l’orage promis s’approche,
venant de loin.

Au-delà de l’isthme des Sablettes, il s’avance sur la mer,
palpite blanc derrière les lourds nuages,
et gronde.
La lumière tombe d’un seul coup.

On est en septembre, il fait chaud encore,
ici dans les rues on cherche l’ombre,
et parmi les dernières fleurs du jardin
j’ai trouvé de quoi faire un petit bouquet :
furieusement coloré de rouge orangé, de violet, de rose pâle,
parfumé par les minuscules fleurs du chalef –
parfum de printemps, de muguet.

Ici il n’y aura pas d’automne, ou si peu. Les platanes
abandonnent bien leurs feuilles crispées,
couleur de cuir,
la rosée mouille bien l’herbe le matin.

Mais où sont les glacis d’un bleu tremblant,
les transparences
du ciel derrière les grands peupliers jaunes
hauts comme des flammes ?
Et le velours brun sombre des champs labourés
la pluie qui court sur les coteaux, la boue ?

Ici j’ai les oliviers séculaires,
le soleil caressant leurs feuilles chaque matin.
La joie du soleil en ouvrant la fenêtre,
sa façon de vibrer dans chaque couleur.
J’ai la mer d’un bleu profond
mais
où sont les amis,
les enfants ?

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