Claire Ceira

Assise, embrasser

par claire le 14 septembre, 2012

les regards n’ont cessé de descendre
depuis l’esplanade pour se poser, mesurer
l’immense plaine en contrebas
or et brun.

la lumière n’a cessé
d’éclater de séparer
le ciel des murs de pierre
et les plantes des ombres.

les murs n’ont cessé d’enserrer
les maisons les petites rues, les églises
construites et peintes il y a longtemps, les gens
n’ont cessé de venir comme des fourmis.

et la terre a toujours tremblé
les murs ont croulé les plafonds fendus
laissant tomber à terre leur fardeau divin
d’écailles de peinture.

les fourmis ont toujours construit
leurs fourmilières, les hommes empilant
leurs villes neuves et leurs murs sur les murs passés
écroulés.

les gens n’ont cessé d’aller et de venir
sur la place haut placée que baigne la lumière du soir
les gens n’ont cessé de regarder en bas
et de se taire, embrassés.