Chaïm Soutine représente le Christ, soit la chair. Elle est tangible, dans l’instant, belle ou martyrisée. Elle n’a pas d’intermédiaire. Si le Christ est un intermédiaire, il n’en reste pas moins la chair, c’est sa fatalité. Il est condamné à être, à ne jamais être Dieu. Il est la chair sur terre et pas autre chose. Il a peu de corrélation avec le divin, il est la simple chair, brute et condamnée. S’il périt sa chair est emportée, le Christ est emporté, il n’en reste qu’un souvenir, malléable, dilué, diffus, et perdu à nouveau. L’idée que le Christ soit cosmique ne semble pas plaire à Soutine. Il représente du gibier dépecé, des poulets déplumés et pendus. La torture de la chair, le sang et la violence, comme ces arbres torturés par le vent. Il semble dire que seuls l’ici et le maintenant comptent en ce monde.

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