Sans titre

mai 11th, 2013 § 0 comments § permalink

 

Je fais du désir de vivre un objectif, dans le sens d’une objectivation. Cette métaphysique elle-même a ses limites. On ne saurait faire d’un objectif un organisme ou une constellation, bref, un corps véritablement vivant. Il me semble cependant que des failles y laissent entrer la vie plénière.

Ce que j’ai désiré je l’ai préservé, mis en réserve en quelque sorte, et cela fait surface, je dirais « fait écume ». Les travaux que je lui ai consacrée dans un cocon abstrait, comme sourd et enfoui me rendent grâce.

Je ne suis plus dans cet ailleurs qu’est la métaphysique, mais bel et bien en prise avec l’écume, qui est la singularité terrestre la plus vivifiante. Elle qui nait et meurt instantanément. Je lui accorde un corps vivant projeté dans l’espace superficiel, l’espace du sensible.

 

Délirium ?

avril 27th, 2013 § 0 comments § permalink

L’évolution se fera sur trois niveaux : le travail, les services, et le nombre.

D’abord le travail, tel qu’il est soumis aux avancées technologiques et au régime capitaliste, tend à diminuer par la base pour atteindre, progressivement, un sommet unique. Si bien qu’une seule personne, tôt ou tard, pourra subvenir aux besoins d’une entreprise et en récolter tous les fruits.

Ensuite, l’économie de services, services qui par extension ont toujours été la finalité du travail, à savoir l’amélioration de la vie, mais ici assujettis à un besoin qui ne sait plus se voir – j’entends par là qui ne sait plus ce qui est bon pour lui – l’économie de services aboutira à ce qu’on peut appeler un cerveau géant, qui sera maître absolu de lui même.

Il faut bien comprendre que les services d’abord recherchés pour un mieux vivre, une diminution de l’effort, sont en eux-mêmes une aliénation de l’esprit et une négation du corps, jusqu’à ce que, dans l’optique de l’économie de services, le corps lui-même disparaisse jusqu’à sa seule protubérance nécessaire pour faire tourner le régime : le cerveau.

Ce cerveau sera l’unique entreprise à venir.

Banlieue ouest (suite)

avril 19th, 2013 § 0 comments § permalink

Je croise un peu avant une fille à la sortie d’une station de cette même ligne de tramway qui rivalise avec le paquet de sensations métaphysiques – métaphysiques car ensevelies en moi-même, intériorisées – que j’ai pu éprouver jusqu’ici. En elle tous les paradoxes, toutes les accroches et les rêves fermentés, l’amour pour le père certainement, qui ne la rend pas accessible à ses camarades. Au lieu du décor, de l’anima, de toutes les extensions possibles du cerveau, je croise un corps physique qui les concentre, les révèle. Ce qu’il y a en elle de paradoxal est sa tenue exagérément sensible, superficielle à outrance, une gothique sculptée à la manière d’une geisha qui me toise comme une qui ne sait rien ou n’a rien vécu que son cocon fallacieux, où pourtant je décèle quelques vérités. C’est d’ailleurs ce qu’elle saisit simultanément, ce mélange de vérités et de paradoxes qui jouent sur l’impossibilité et la rêverie plastique. Je sais la mièvrerie profonde qui l’agite depuis quelques mois, et qu’elle mêle au temps, au devenir, voire à l’éternité. Ayant succombé tantôt à ces poisons filtrés, je semble en chercher les esquisses dans cet environnement adéquat et c’est là qu’elle me surprend, et croit comprendre, ou affirme, qu’elles lui sont destinées.

La nuit se fait, autour de l’obscurité le gris des murs se confond. Les rues toujours à portée de tramway, cette fois dans une province plus marquée. Je monte dans ce décor vital, m’enfonce comme dans une poitrine. Où les crins ténus, les allées princières, la richesse se font. J’atteins d’autres lignes, plus rapides, qui mènent à Montparnasse par l’acier.

Banlieue ouest

avril 12th, 2013 § 0 comments § permalink

Cette avenue sera spirituelle, tout en étant ancrée dans le sensible. Je ne parle d’aucune théorie, mais d’un état de fait tu qui s’élance à la portée de mon corps en marche, qui avance le long de cette avenue, longe l’hippodrome désert, le second. Le premier marqué par cet état de fuite, là où les chevaux passent, mais vide comme un bâtiment de l’ancienne Russie, je veux dire encore grand, majestueux, mais à l’abandon, chargé de mystère. Le mouvement se fige, le ciel s’écartèle à son sommet et fuse en rayons déjà obliques. C’est une angoisse naissante qui a les caractères du bonheur. Le second hippodrome, lui est plus ordinaire, il se déroule sans d’ailleurs que je ne perçoive son architecture, seulement l’avenue qui le longe. Je marche, me nourris de ce mouvement, calquant l’ossature frileuse de mes pensées à l’atmosphère clémente, nouvelle qui ruisselle comme un soleil, sur ma nuque et l’après midi finissant.

J’arrive au croisement où mendie à chaque fois le même unijambiste, je traverse et rejoins le pont de béton qui m’est cher, toujours la même trajectoire, le même restaurant sur pilotis au bout. Comme mien, je l’avale, le béton fait sucre, la lourde structure conçue par des architectes du passé qui me font le don présent de leur maîtrise. Du béton et du savoir pour des minutes de flottement. Puis c’est la riche ville pavillonnaire, banlieue ouest, creuset de rêves permis par l’argent, le travail, l’austérité, pourtant là où passent les plus ahuris des paresseux.

Je longe une fois de plus quelque structure, cette fois la ligne de tramway par les hauteurs où stagne la capitale en contrebas. La musique faite chair, où s’égosillent et s’appesantissent les sons, parlent d’un ailleurs, où je suis. Un autre croisement, des maisons provinciales, des bâtisses d’enfance où pendaient les mêmes fins d’après-midi sous le même climat. Cette fois j’ai l’assurance, la maîtrise, pas tellement différente de celle des constructeurs du pont. Deux composantes : la matière et la pensée enlacées de végétation.

Paysage nocturne avec deux hommes (Friedrich)

avril 4th, 2013 § 0 comments § permalink

Deux hommes. Une mer de plaines, la mer elle-même en aval. Ce qu’il y a c’est certainement la quiétude qui les habite. Ils semblent enfouis et dressés, silencieux face à ce paysage empilé tout en étant quasi-liquide, épuré. Cette épuration est une tromperie et une vérité. Le monde étant impur, comment s’extasier devant ce qui n’est que signe d’ennui, l’ennui étant la conséquence de cette impureté. Il se fait qu’ici, et c’est là ce qui est révélé, il n’y a pas d’ennui ou de misère, ni même de dépassement toute vaniteuse, il y a la contemplation à laquelle on est sujet, ce qui descend sans pensée, sans travail, une grandeur innée, l’acquis devenu inné. Ces deux hommes, peu à peu entrent au paysage et dépassent toute condition, je dirais presque tout déterminisme. Ils sont là comme deux cerveaux faits hommes dans des habits de princes, et le paysage c’est eux, c’est leur attribut et cela ne pouvait être qu’ainsi. Ce n’est pas tellement une vision, car c’est un processus intellectuel qui a mûri et donné corps au champ visuel, c’est une vision, dans ce cas, que l’on a soi même faite et qui a l’aspect du neuf, quand bien même cet espace aurait été visité et contemplé des milliers de fois. Les deux hommes en sont les bâtisseurs et les sujets princiers.

1 texte

avril 2nd, 2013 § 0 comments § permalink

Ainsi je les emmerde, j’ai avalé deux tablettes de Tercian et trois tablettes de Zyprexa, tout ce que j’avais, j’ai à peine arrondi. Je me couche, je leur dis d’aller se faire foutre, je prouve, j’espère, ce que je vaux, l’amour que j’ai eu en moi, peut-être qu’ils cacheront l’affaire, ou qu’ils mourront, tous, on verra, cette pensée en suspens me laisse à mes rêveries, je me couche, c’est la nuit tombée depuis une ou deux heures, la petite fenêtre est ouverte – j’aime à dire la petite en souvenir de celle de mon premier appartement, qui m’apportait les bruits du monde, alors que celle-ci est grande, en vérité. Les lieux se mélangent, le temps aussi, les mouvements, les nappes de nuit presque tangibles, et douces. C’est une douceur comme j’aimais la percevoir, une douceur grave, habitée de démons crémeux. Etonnement, et hors de tous clichés – je vous assure que c’est vrai, je n’y peux rien – des cloches se mettent à sonner. Je m’imagine Notre Dame, je me souviens qu’il était question d’installer de nouvelles cloches, fondues à l’ancienne, dans les règles de l’art, pour son huit cent cinquantième anniversaire. Et que l’inauguration aurait lieu fin mars, que ces cloches retentiraient pour la première fois, une première série de tintements qui en annonceraient des millions d’autres et qui verraient probablement la fin du monde, cette fois ci pour de vrai. Cela m’apporte un goût d’éternité. Comme une justice qui retentit, s’efface, ou un drame qui s’allonge et se tient délicatement au creux de ces cloches d’une nouvelle ère.

Extrait

mars 8th, 2013 § 1 comment § permalink

Il n’ y a que dalle à prendre de germes constructifs dans une soirée passé un certain temps, tous ceux qui ont senti bouger un petit animal furtif dans leur corps à ce moment iront chercher, toujours un peu plus, son âme morte aux côtés des spectres, des autres âmes qui ont vécu et sont mortes avec le vin.

La vérité est qu’il ne s’est rien passé de personnel si ce n’est la présence de cet animal qui n’est qu’un mort en devenir là où on le sentait vivant sans avoir rien mesuré de son existence. On croit le chercher mais ce n’est pas lui, c’est son environnement qui ne lui doit rien, lui qui est mort avec la bière et toutes sortes de choses qui meurent.

Ici commence mon histoire.

Extrait

février 7th, 2013 § 4 comments § permalink

La solitude habitée, si tant est que tout ne soit parfaitement solitaire, est la seule chose que nous pouvons éprouver.

Rêve et hallucination

janvier 27th, 2013 § 0 comments § permalink

on peut s’échapper du rêve, on rêve dans le rêve, on est libre. on parcourt sa trame, on voit des choses que l’on connaît, des choses sensées. on comprend que l’on n’est pas tout à fait là. les choses ont une fin naturelle. on se réveille, on se rendort paisiblement.

dans le rêve on doute à moitié, mais la production délirante, hallucinatoire a ce caractère d’absolu, cette chose qui nous tient, nous raidit et affecte nos fonctions vitales de défense. au lieu d’une image floue, romantique, on a devant nous un brasier qui nous dévore.

un brasier dont nous sommes le combustible, mais dont nous n’avons pas les moyens de l’atténuer, car nous n’y pensons pas. et pourquoi n’y pensons nous pas ? très exactement car nous ne pouvons y penser : si nous y pensions nous ne saurions pas là.

nous sommes le souffle court, haché devant cet énorme mensonge qui tient lieu de vérité. le rêve a probablement sa part de vrai, réparatrice. le rêve hallucinatoire est un mensonge qui nous a pris par surprise, un disfonctionnement qui affecte le jugement, les perceptions.

Extraits

janvier 24th, 2013 § 4 comments § permalink

 

Je ne souffre pas de hauts et de bas, je souffre du recommencement, de la reconstruction, du tout-à-faire suite à ce qui a été fait, mais doit être refait.

Ce qui est en cause dans cette interminable douleur, c’est vous, c’est le désir, c’est ce qui m’extrait de vous et me perd alors que je vous ai eus.

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