juillet 16th, 2015 § 0 comments § permalink

 

Ca ne creuse pas, ça nage à l’écume. Ca défile et ça reste, comme collé à la bouche de la ville, aux artères et aux ruelles. Depuis que ça ne me quitte pas, c’est comme depuis toujours. Et depuis que ça ne me quitte pas, ça tient aux façades, ça tient au trottoir et aux bouches d’égout. Ce n’est pas laid, bien que ça se fixe sur le sol. Rien n’est tout à fait laid. Je ne dirais pas que c’est une sorte de langueur, c’est une sorte de goudron qui se fixe, et qui atteint jusqu’aux synapses. Ca reste c’est sûr, ça ne part pas. Ca ne tombe pas, ça ne monte pas, ça s’étend. Ca prend de l’ampleur et ça recommence. Ca se régénère. Ca meurt tellement vite que ça ressuscite aussitôt. Le cycle est imperceptible. Pourtant ça nait à nouveau et puis ça meurt, à chaque instant. Ce n’est pas pénible. C’est un cycle tellement ténu qu’il est une courbe parfaite.

isolé.

mars 13th, 2015 § 0 comments § permalink

isolé.

un kant isolé. une souche sur du goudron. souche isolée dans le clair du monde. dans la transparence du goudron. une souche ou un kant ou un esprit. un esprit mangeur. mangeur de toutes sortes d’autres esprits. toutes sortes de vérités. toutes les aspérités du goudron. ce corps de kant. ce corps décortiqué avance et avale les aspérités du goudron. alchimie de la raison. qui avance par les creux de la vision. les espaces noués. les aspérités du goudron. la perception. la perception en lambeaux.

Osmose

janvier 29th, 2015 § 0 comments § permalink

Osmose

bleu du même élément urbain dans les mailles de la ville les mailles du cerveau la nuit bleuâtre le bleu du ciel parvenu aux dernières mailles dernières prises l’air bleu qui est comme advenu au cerveau l’air bleu intériorisé dans ses sphères bleu groseille bleu givre bleu semailles et bleu liquide qui est comme advenu rentré par l’effraction du brun oxydé du rebord lentement fissuré lentement égosillé par un soleil frappant bleu d’hiver givré comme un engin de montagne une neige bourgeoise bleu rentré au-dedans d’une bouche alpine une bouche provinciale une bouche écarlate bouche d’un égout flottant dans sa brune oxydation l’air bleu du ciel ment à la bouche de sa nuit sa frustration noire son devenir son emballage industriel son artifice bleu improvisé bleu rendu subtil par la pointe des transversales qu’il a piquées charriées comme une ambulance son blessé bleu qui déjà dans son osmose déjà ment sur sa durée et s’éternise bleu groseille bleu de sphères acides tâte l’air de sa langue chétive enfoui dans ses écailles sa peau muée qui dans l’espace cherche sa proie se dépose dans les meubles les ombres imprégnées de poussières bleues indemnes

acte chrétien

février 2nd, 2012 § 0 comments § permalink

il m’ajoute au cœur le sien et me fait grâce – me dit dans l’alcool le sang de son fils – l’ivresse est le lien ses chimères les signaux – qu’il est vrai de suivre ses strates, d’agripper ses falaises et se trancher au granit car sa vapeur est douce – il m’annonce le repos – je fais acte chrétien – j’ai le visage de la passion et le fil des cerveaux – j’ai le teint de la figure éprouvée et l’acuité de sa matière qu’il nous fait éprouver – la fortune et la vertèbre de l’affection – je m’afflige sa passion – j’ai la solitude qui m’enveloppe et me tient à sa bulle – sa très haute bulle ne désire aucune chose – j’ai l’ivresse de son sang et l’apogée de son envergure – sa souffrance tue, la souffrance vaincue par le visage – le désir révolu – ses principes abolis – la permanence du désir à tel point qu’il n’est plus – j’ai la main du seigneur et le champ qu’il a conçu – le champ identique, le champ qui recèle la lumière, le temps et dicte l’avenir dans sa fusion au présent – j’ai la main qui moissonne, le cerveau qu’elle (la lumière) alimente – la musique et la couleur du champ changeantes – la saison plastique – toute chose – l’éternité de la neige – l’odeur de ses critaux qui font un alliage - la terre et le givre cassant qui sont le foyer et le manteau – j’ai la passion de la neige et les cheveux de sa transparence – je vois à travers sa luisance et son reflet – je suis la réflexion, l’adoration de l’image – je pense l’image et comprends sa couleur – sa texture et son néant – je suis le peuple, la voix dans le vide et qui porte loin au point d’unir par la voix et le vide – je suis le figurant de l’esprit qui a porté (l’esprit) ses fils à le connaître – les unir à leur songe et leur foi- c’est toujours la neige et la dévotion du dieu – c’est le plein de son dieu dans la neige et c’est tous dans l’adoration de dieu – c’est aussi elle (l’aimée) qui est la neige – c’est la transparence de son front dans la lumière – elle (toujours) – la lumière et sa neige – le poids du manteau sur les fils et la terre – l’unité des filets de lumière dans l’hiver

vagabond bribes 6

janvier 16th, 2012 § 1 comment § permalink

mon psychiatre me regardait et se disait je ne suis qu’un enfant. il avait des doutes. on peut toujours devenir un con. il avait des doutes mais je fus doté rapidement d’une capacité de réflexion. et par là de réflexivité. errance oblige.

je suis resté le même avec la conscience du même. quel bonheur de se sentir vivre. alcoolisé. pénétrer son propre royaume. sentir les étincelles. le soufre. la joie de franchir les gouffres.

vaincre. faire un feu indolore. chanter les passions de victoires. chanter le sentiment de faiblesse. aimer ce même parcours en périphérie. le bruissement des arbres à l’écart. calfeutré dans le silence. la tension des feuillages. les harpies et leurs pinces à venir.

vagabond bribes 5

janvier 15th, 2012 § 0 comments § permalink

j’entendis ou cru entendre qu’une poignée de femmes aimait à sillonner le secteur. elles croyaient en la folie comme à un révélateur. un accélérateur de particules. des particules blanches à queue qui viendraient leur féconder les nerfs. la sainte cartouche dans leur ventre.

leur nid. leurs arêtes qui leur donnent des frissons. je me dis elles pullulent. elles en veulent. elles sont éclairées. elles aiment savourer le suc et la liqueur. vite elles se volatilisèrent. j’étais parti pour un autre domaine.

une bave semblable. une  pression identique. un chemin d’artère qui va. ne se perd. vadrouiller. nager ainsi tout le long. jusqu’à défier ses racines. faire de l’air ambiant une racine. fondre comme craché par un cratère. s’engouffrer dans les océans. devenir une pierre riche. éternelle. pâture à des créatures minuscules. quelle étreinte.

vagabond bribes 4

janvier 13th, 2012 § 0 comments § permalink

je sors de la nuit. je suis cette même onde, ce lacet jaune de soleil. il fait un tel jour. soleil modéré, cristal bleu comme gelé dans les rayons chauds. le soleil est peut-être dément peut-être dieu. son sable une myriade de sens. c’est lui qui a fait le temps et l’espace. seul repère dans le vide. lui qui a fait la nuit pour nous tuer. lui qui s’est construit par orgueil pour nous brûler. lui qui est dieu.

je me souviens d’un clochard qui cassait ce qu’il voyait. dans une ruelle sale il brisa une boussole. celle derrière mon collège. recouverte d’urine séchée. il a cassé la boussole. cela fait des années. des années perdues. perte de direction, reprises, soulèvements. l’urine séchée est un soleil mort.

vagabond bribes 3

décembre 15th, 2011 § 4 comments § permalink

multiples pavillons au crochet du parc. le soleil les blanchit comme un air abstrait. une série d’imbrications fait la journée au soleil. une retraite avec des pensionnaires amovibles. ils tournent autour d’une boussole qui indique le sud. là où la matrice réchauffe lentement les pavillons. les contours sont précis comme un travail de menuisier. le relief fait un pignon permanent. il ne me quitte plus. une fuite de sable.

«  »

un œil isolé concentre les mouvements, transpire et passe son laser. vestige du soviétisme. l’idée en germe d’une région lointaine. où le soviétisme se mêle à la forêt avec ses architectures de béton délaissées, ses yeux comme un artifice de puissance. le béton n’est-il la plus grande des conquêtes. débris d’idéologie. immenses forêt yougoslaves. oeuvres d’art sans notices d’explication. oeuvres issues d’une idéologie sans esthétisme. cris de symboles.

vagabond bribes 2

décembre 13th, 2011 § 0 comments § permalink

il y a une atmosphère à cette aube qui suit. elle transpire le nouveau jour. elle l’embrasse. il lui dit de dormir. les choses doivent s’endormir. partir par la fenêtre. se coucher dans l’ombre du jour. les volets blindés en bois. les rustiques volets méditerranéens cachent une foule qui n’a rien vu. elle n’a rien connu non plus. il fait une bonne température, un nid de sommeil approche. je me fous de tout. je ne sais pas. pourquoi il le faut, pourquoi j’ai vécu cela. je fais ce que la raison me dicte. l’appétit des choses. une chimère. le mouvement. je suis dicté. une chose me dit. elle est muette. je suis heureux. je n’ai pas de conseils à entendre des morts. de la vie peut-être. l’éventail du matin. ses félicitations. les ouvriers sains. ceux qui acceptent les choses comme elles sont. j’aime ce matin. le dernier des cons m’a reproché mon amour. je n’ai rien eu à lui dire avant que la vérité se vérifie. je n’étais pas là pour voir le spectacle. j’étais avec le chien gris. les spectres. la vraie vie quoi. je sens l’humanité. ça sent un parfum subtil. ça sent le vrai. le danger et l’intelligence. ça sent les peuples et le fruit du travail. ça sent un sourire. il y a comme une vague dehors qui s’amplifie et donne du rythme. les premiers passants. c’est déjà les lourds rayons. mes draps transpirent. j’aime l’odeur qui fait vaciller les filles. ça colle un peu d’amour, ça colle de vie. on devrait me payer pour ça. j’apporte du bonheur. on devrait me payer pour être heureux. on devrait me remercier d’écouter les chants. les groupes. les soleils. être le parfum en flacon de ma pièce rance.

vagabond bribes 1

décembre 12th, 2011 § 8 comments § permalink

je subis ce même silence. le champ est une nuit. une couleur fluorescente flotte. l’ombre du chien la traverse. le chien n’est qu’une ombre dans la nuit. le champ a peur ou c’est moi. la nuit se fiche du chien et du champ. c’est un gris qui passe, déchire le champ et meurt. je sens comme une mauvaise herbe m’envahir. s’empresser, lier ma gorge. j’oublie le chien. la nuit est une obsession. j’avance dans le bruit de son feuillage. c’est une nuit anonyme. le chien est passé. il marche encore quelque part. il me suit peut-être. il entre dans la forêt. j’ai une sorte de malaise. qu’est-ce que je fous là. je pisse sans gêne ça ne me dérange pas. je pisse même en ville des fois. je cherche l’endroit avec l’envie de pisser et je pisse. je salis les murs je m’en fous. c’est pas moi qui habite au-dessus. il faut que je rejoigne la gare. le dernier train est à vingt trois heure cinquante. cette nuit est bannie de couleurs. cette nuit sent bon. un vent frais m’ennuie. je fume une clope. elle apporte ses couleurs. si j’avais bu ce serait différent. ou peut-être pas. ici c’est la campagne. les gens sont cons et vulgaires. ils circulent sur des routes sans âme. mes yeux sont alanguis. je me souviens d’une bouche alanguie, des lèvres entrouvertes. la gueule de cette nuit est fermée. j’ai perdu le rêve qui m’a amené là. j’aimerais manger un fruit. j’aimerais sucer la nuit jusqu’à son jus sucré. ici tout est sec. on entend les crapauds dans l’odeur de goudron. les coassements accompagnent comme une sorte de marche funèbre. qu’annoncent-ils. ils sont un mystère qui dure. je perds le fil sonore des crapauds. je dois me concentrer sur leur chant. quand j’y pense c’est horrible. un mystère est horrible. un mystère vit la nuit.

 

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