{"id":3677,"date":"2026-01-19T14:36:54","date_gmt":"2026-01-19T14:36:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/?p=3677"},"modified":"2026-01-19T14:36:54","modified_gmt":"2026-01-19T14:36:54","slug":"neige-et-temple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/neige-et-temple\/","title":{"rendered":"Neige et temple"},"content":{"rendered":"\n<p>D\u00e9cembre progresse vers son solstice, son obscurit\u00e9 profonde. D\u00e9cembre s\u2019avance vers ses festivit\u00e9s, ce grand trou de lumi\u00e8re chaude ouverte dans la nuit, o\u00f9 tout doit \u00eatre joie, cadeaux, famille heureuse.<br>&nbsp;Tandis qu\u2019il avance, moi je descends, je me r\u00e9tracte. Comme chaque ann\u00e9e, depuis que j\u2019ai 6 ans. Et plus encore depuis que j\u2019ai rencontr\u00e9 Ariane, il y a trois ans&#8230;pour qui d\u00e9cembre s\u2019avance vers joie, cadeaux, familles&#8230;etc.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; Pendant des d\u00e9cennies &#8211; d\u00e8s que j\u2019ai pu mener ma vie &#8211; &nbsp;je n\u00e9gociais en souplesse le virage, \u00e0 partir du 15 d\u00e9cembre \u00e0 peu pr\u00e8s. Je pr\u00e9voyais un d\u00e9part, loin.<br>En car quand j\u2019\u00e9tais sans argent, en avion les ann\u00e9es fastes. Etre \u00e9tranger, quel repos.<br>&nbsp; No\u00ebl pour moi c\u2019\u00e9tait une chambre d\u2019h\u00f4tel anonyme dans un quartier plus ou moins anim\u00e9. De pr\u00e9f\u00e9rence un h\u00f4tel restaurant, pour avoir le d\u00eener \u00e0 une table tranquille, entour\u00e9 de quelques autres solitaires dont le langage vous \u00e9chappe, ou de familles en d\u00e9placement.<br>Je naviguais dans les rues \u00e9clair\u00e9es des centre-ville, le long des vitrines, sans m\u00eame \u00e9viter de les voir. Il n\u2019y avait aucun cadeau \u00e0 pr\u00e9voir ni \u00e0 attendre, je pouvais regarder, avec int\u00e9r\u00eat m\u00eame, avec fascination parfois. L\u2019extraordinaire multitude, dans le ruissellement des lumi\u00e8res, de ces choses \u00e0 d\u00e9sirer, \u00e0 montrer, \u00e0 jeter. Belles ou laides, raffin\u00e9es ou vulgaires&nbsp;; de quoi attirer tout le monde, jeunes et vieux, riches et pauvres. Le reflet magn\u00e9tique des lumi\u00e8res sur les visages des passants .<br>&nbsp; Et particuli\u00e8rement tout ce qui concernait la beaut\u00e9 des femmes, les parfumeries pleines de luxe et de paillettes, d\u00e9versant dans la rue sombre leurs parfums, leur simili-po\u00e9sie, leurs froids et magiques visages.<br>&nbsp; Et aussi les jouets, ce qu\u2019ils invitaient les enfants \u00e0 vouloir avoir et \u00eatre. C\u2019\u00e9tait int\u00e9ressant, quand on n\u2019avait rien \u00e0 choisir.<br>&nbsp; Mais je naviguais aussi, parfois, dans des banlieues vides, des champs et des villages, des bords de mer aux persiennes closes. Brouillards, ciel bas, paysages clos, nuits pr\u00e9coces, silence.<br>&nbsp; D\u00e9cembre est un mois &nbsp;parfait&nbsp;pour &nbsp;chercher&#8230;sans trouver. Il y a comme le reflet att\u00e9nu\u00e9 de la mort, son th\u00e8me qui flotte, on la pressent &#8211; sans peur et sans danger.<br>Et le solstice, pos\u00e9 l\u00e0, comme un lieu central de ce qui serait un temps infini et sans borne&nbsp;: toutes ces ann\u00e9es \u00e0 vivre ou d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cues. Un point d\u2019\u00e9quilibre, de bascule.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; Il faut dire que j\u2019avais mon compagnon, mon \u0153il magique, ma bo\u00eete anti-temps, anti-mort, qui capture tout. Il me suffit de voir, prendre, emmener, fixer.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; Avant de rencontrer Ariane, donc, je partais ailleurs.<br>Elle a tout de suite, d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e, tent\u00e9 de me convertir, de m\u2019entra\u00eener dans son monde de No\u00ebl. Et bien s\u00fbr je me suis laiss\u00e9 faire, avec bonne volont\u00e9, avec d\u00e9sir. Comme un sanglier qu\u2019on inviterait \u00e0 une noce, je m\u2019\u00e9tais habill\u00e9, j\u2019avais trouv\u00e9 des cadeaux, re\u00e7u des cadeaux, mang\u00e9, et je souriais, souriais. Il a fallu trois ans pour que j\u2019abandonne.<br>Que je l\u2019abandonne \u00e0 sa tribu, son monde richement nourri d\u2019amour \u00e9vident, sans condition, \u00e0 ses f\u00eates.<br>Elle s\u2019est sentie \u00e0 nouveau \u00ab&nbsp;femme seule&nbsp;\u00bb, s\u00fbrement devant eux. Mais il n\u2019y avait pas d\u2019autre choix&nbsp;. Cette ann\u00e9e j\u2019ai d\u00e9sert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n\n\n\n<p><em><br>&nbsp; Entre 6 et 17 ans, No\u00ebl n\u2019\u00e9tait que douleur sourde et sans mot. Les endroits o\u00f9 je vivais, avec leurs mis\u00e9rables c\u00e9l\u00e9brations, les guirlandes en papier cr\u00e9pon que nous fabriquions nous-m\u00eames &#8211; les ann\u00e9es o\u00f9 quelqu\u2019un avait pens\u00e9 \u00e0 en acheter &#8211; les sapins en plastique pench\u00e9s qu\u2019on oubliait de ranger jusqu\u2019\u00e0 P\u00e2ques, les fen\u00eatres barbouill\u00e9es de fausse neige. Et les couloirs presque d\u00e9serts o\u00f9 nous errions, oubli\u00e9s d\u2019entre les oubli\u00e9s, cern\u00e9s de baies aux grandes vitres noires, sans rideaux, d\u2019\u00e9ducateurs frustr\u00e9s de leur propre No\u00ebl, press\u00e9s de partir.<br>&nbsp; J\u2019ai perdu tous les visages de mes compagnons de malheur, il faut dire qu\u2019ils partaient en g\u00e9n\u00e9ral apr\u00e8s quelques mois. Et je restais, passant de section en section.<br>A la longue, j\u2019avais pris un statut sp\u00e9cial, un peu comme un v\u00e9t\u00e9ran, pour les adultes. Ils m\u2019interrogeaient sur la fa\u00e7on dont les choses \u00e9taient organis\u00e9es, sur le pass\u00e9, les rares \u00e9v\u00e8nements m\u00e9morables (en g\u00e9n\u00e9ral funestes) qui s\u2019\u00e9taient produits.<br>Et \u00e0 cette \u00e9poque, personne ne m\u2019emb\u00eatait plus, si maigrichon que je sois. J\u2019avais l\u2019impression que le temps m\u2019avait oubli\u00e9 l\u00e0, comme un fleuve d\u00e9pose un minable bout de bois dans une petite crique.<br>Je ha\u00efssais ce lieu, mais en m\u00eame temps j\u2019y \u00e9tais \u00e0 peu pr\u00e8s en s\u00fbret\u00e9, apr\u00e8s les anciennes horreurs qui avaient entra\u00een\u00e9 mon \u00ab&nbsp;placement&nbsp;\u00bb. Et ces horreurs \u00e9taient si vieilles, je les avait v\u00e9cues si jeune, que \u00e7a ressemblait \u00e0 un mauvais film, sans aucun personnage \u00e0 aimer. Je n\u2019avais aucune nostalgie de rien, le pass\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas mieux que le pr\u00e9sent, peut-\u00eatre pire, et l\u2019avenir&#8230;je pr\u00e9f\u00e9rais ne pas y penser.<br><br><br>&nbsp; Un de mes pires No\u00ebl fut celui de la \u00ab&nbsp;famille d\u2019accueil&nbsp;\u00bb. J\u2019avais quatorze ans, on avait fait cette tentative. C\u2019\u00e9tait une famille de la campagne, o\u00f9 quatre enfants \u00e9taient plac\u00e9s, en plus de leurs deux grands ados.<br>Comme d\u2019habitude, l\u2019ASE avait bien fait les choses&nbsp;: v\u00eatements neufs de marque, jeux vid\u00e9os&#8230;les fils de la familles lan\u00e7aient sur ces richesses des regards torves. La m\u00e8re avait essay\u00e9 de faire un bon repas, mais bien entendu notre pr\u00e9sence emp\u00eachait d\u2019inviter la \u00ab&nbsp;vraie&nbsp;\u00bb famille. Tout cela suait la contrainte, le ressentiment, le malheur.<br>Un de mes jeux a disparu, je ne sais pas comment, ni par qui. Mais c\u2019\u00e9tait comme un signal. Pendant que tout les monde partageait le dessert, je me suis gliss\u00e9 dans la nuit qui entourait la maison et je suis parti, chaudement v\u00eatu et chauss\u00e9, suivant la route qui descendait sous la lune, tr\u00e8s belle ce soir-l\u00e0.<br>&nbsp;J\u2019ai march\u00e9 pendant des kilom\u00e8tres, au hasard, jusqu\u2019\u00e0 un d\u00e9but de banlieue avec un abribus o\u00f9 je me suis rencogn\u00e9 jusqu\u2019au matin. J\u2019avais faim.<br>Un \u00e9ducateur affol\u00e9 m\u2019a trouv\u00e9 l\u00e0, ramen\u00e9 dans la famille et le lendemain je repartais au foyer. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 ma maison, ma place, ma fratrie perdue.<br><br>Des ann\u00e9es plus tard, quand j\u2019ai d\u00e9couvert le texte authentique de \u00ab&nbsp;Peter Pan&nbsp;\u00bb, l\u2019histoire de James Matthew Barrie, et ce qui a entour\u00e9 les d\u00e9buts de ce r\u00e9cit &#8211; &nbsp;qui au d\u00e9part \u00e9tait une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre pour adultes &#8211; j\u2019ai compris le sens de tout cela.<br>A la premi\u00e8re de la pi\u00e8ce, Il avait exig\u00e9 que des places soient r\u00e9serv\u00e9es dans le th\u00e9\u00e2tre pour des orphelins de Londres, plac\u00e9s dans des orphelinats. Lui qui n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 orphelin, ni plac\u00e9, mais \u00e9clips\u00e9 par un fr\u00e8re mort. Lui qui \u00e9tait ch\u00e9tif et malingre et racontait comment certains enfants tr\u00e8s malins se glissent hors de leur poussette pour rejoindre le pays imaginaire.<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;<br><br>&nbsp; Ce No\u00ebl a \u00e9t\u00e9 le pire parce qu\u2019il n\u2019y avait pas \u00e0 en vouloir \u00e0 qui que ce soit. Tout le monde avait fait de son mieux, c\u2019\u00e9tait sans espoir. Le monde du bonheur m\u2019\u00e9tait ferm\u00e9, et pire, me r\u00e9pugnait.<br>Quelques ann\u00e9es plus tard, moi qui au moins avais \u00e0 peu pr\u00e8s suivi mon cursus scolaire, j\u2019entrais en apprentissage chez un photographe, je gagnais ma vie, je m\u2019achetais un appareil photo d\u2019occase. J\u2019avais trouv\u00e9 un sens \u00e0 ma vie.<br><br><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; Cette ann\u00e9e donc, apr\u00e8s avoir fauss\u00e9 compagnie (quelle curieuse expression&nbsp;: fausser compagnie ) \u00e0 Ariane, il y a trois jours, j\u2019ai pris un billet pour S\u00e9oul et me voil\u00e0, en ce jour de No\u00ebl qui ne signifie pas grand-chose pour les cor\u00e9ens, dans la montagne enneig\u00e9e.<br>J\u2019ai gravi une longue pente, m\u2019enfon\u00e7ant souvent dans la blancheur duveteuse qui m\u2019entoure, libre et heureux.<br>Tout en haut m\u2019a-t-on dit, il y a un joli temple.<br>Et effectivement il est tr\u00e8s beau, pas tr\u00e8s grand, de bois sombre.<br>Devant lui un petit arbre d\u00e9feuill\u00e9 a re\u00e7u la neige de la nuit derni\u00e8re, et il est d\u2019une telle perfection graphique, avec ses branches soulign\u00e9es d\u2019un blanc fragile que j\u2019en reste saisi. Je me dis que c\u2019est cela, l\u2019arbre de No\u00ebl, avec cette solitude et ce silence, le ciel bas d\u2019un gris uni.<br>Et soudain, pos\u00e9es soigneusement, verticalement, sur les marches, je vois les deux pantoufles laiss\u00e9es \u00e0 la disposition des visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; Ce soir j\u2019appellerai Ariane qui s\u00fbrement m\u2019en veut, qui n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 me joindre. Je lui raconterai tout cela, elle comprendra car elle ne s\u2019appelle pas Ariane pour rien&nbsp;. Et on parlera un long moment, tranquillement, moi dans ma chambre d\u2019h\u00f4tel, elle dans notre chambre commune, dont elle aura ferm\u00e9 la porte. Et quand quelqu\u2019un passera la t\u00eate, viendra la chercher pour l\u2019ap\u00e9ro, elle dira&nbsp;: \u00ab&nbsp;Attends, je suis au t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><em>r\u00e9cit inspir\u00e9 par la visite d&rsquo;une exposition \u00e0 Nice, d&rsquo;un photographe solitaire que je ne connaissais pas et dont la d\u00e9marche m&rsquo;a beaucoup touch\u00e9e : Micha\u00ebl Kenna<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9cembre progresse vers son solstice, son obscurit\u00e9 profonde. D\u00e9cembre s\u2019avance vers ses festivit\u00e9s, ce grand trou de lumi\u00e8re chaude ouverte dans la nuit, o\u00f9 tout doit \u00eatre joie, cadeaux, famille heureuse.&nbsp;Tandis qu\u2019il avance, moi je descends, je me r\u00e9tracte. 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