{"id":3663,"date":"2026-01-19T14:17:12","date_gmt":"2026-01-19T14:17:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/?p=3663"},"modified":"2026-01-19T14:38:23","modified_gmt":"2026-01-19T14:38:23","slug":"margarita-et-lola","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/margarita-et-lola\/","title":{"rendered":"Margarita et Lola"},"content":{"rendered":"\n<p>(D&rsquo;apr\u00e8s une photo de Diane Arbus)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La m\u00e8re<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai deux filles pour une. Celle que j\u2019attendais, laquelle est-elle&nbsp;? Il y en a une que je n\u2019attendais pas, c\u2019est s\u00fbr.<br>\u00ab&nbsp;Il faut encore pousser&nbsp;\u00bb m\u2019a dit la sage-femme (quelle idiote celle-l\u00e0, elle n\u2019avais pas entendu battre les deux coeurs, tout au long de la grossesse&nbsp;; elle m\u2019a prise par surprise). Et la deuxi\u00e8me est sortie tr\u00e8s vite, comme un poisson glisse hors du panier. Avait-elle peur que se referme la porte, peur de ne pas voir le jour&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Margarita doit \u00eatre celle que j\u2019attendais puisque son p\u00e8re et moi nous n\u2019avions qu\u2019un seul pr\u00e9nom. Lola (Dolores), c\u2019\u00e9tait le pr\u00e9nom de ma grand-m\u00e8re, qui \u00e9tait morte deux mois plus t\u00f4t. Je l\u2019aimais.<br>Elle sont toutes deux tr\u00e8s belles, avec leur teint p\u00e2le, leurs cheveux noirs, leurs yeux clairs entour\u00e9s de cils sombres. Je les habille toujours pareil, pour que les gens voient bien la ressemblance, et apr\u00e8s il faut que comme moi ils fassent l\u2019effort de savoir laquelle est laquelle. Je ne veux pas \u00eatre la seule \u00e0 ressentir cette confusion.<br>Quand elles \u00e9taient b\u00e9b\u00e9s, je me trompais peut-\u00eatre, elles \u00e9taient si semblables. Me suis-je tromp\u00e9e&nbsp;? Et combien de fois&nbsp;?<br>Maintenant je ne pourrais pas me tromper, elles se sont arrang\u00e9es pour \u00eatre diff\u00e9rentes. Elles me font penser au po\u00e8me de Francisco Vighi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;La luna se llama Lola<br>Y el sol se llama Manuel&#8230;&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Lola, oui, c\u2019est bien la lune qui brille dans ses yeux souvent baiss\u00e9s. Et Margarita ouvre ses p\u00e9tales, bien large, bien au soleil de l\u2019amour des parents. Margarita n\u2019en doute pas, ne doute pas de sa lumi\u00e8re, elle rit toujours, entra\u00eene sa s\u0153ur dans ses jeux, lui impose des r\u00f4les secondaires.<br>Lola se laisse faire, il y a des moments o\u00f9 on sent comme une peur chez elle, une peur que la porte se ferme. Je vois la lumi\u00e8re de sa col\u00e8re aussi, qui glisse entre ses cils.<br>Margarita est toujours l\u00e0 o\u00f9 on la cherche, ou m\u00eame on pourrait dire toujours l\u00e0 tout pr\u00e8s. Quand je les appelle elle est la premi\u00e8re arriv\u00e9e, avec le claquement de ses petites sandales dans le couloir. Lola est parfois cach\u00e9e derri\u00e8re les portes. Je la cherche, je m\u2019inqui\u00e8te, j\u2019appelle et peu \u00e0 peu elle sent la col\u00e8re dans ma voix. Elle n\u2019a pas le droit de me faire peur ainsi, de me faire chercher celle qui est de trop, celle qui n\u2019avait pas de pr\u00e9nom. Quelque chose se tord en moi alors, une piti\u00e9 pour son absence, sa douleur si bien dissimul\u00e9e. Elle ne pleure jamais. Je voudrais tant qu\u2019elle pleure \u00e0 grosses gouttes chaudes dans mon cou, comme fait sa s\u0153ur. Des fois je lui dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;ma petite chatte&nbsp;\u00bb, je reste tendue vers elle, et elle voit mon regard. Alors, quelque chose s\u2019ouvre entre nous, elle y croit, vient sur mes genoux. Dans ces moments-l\u00e0, elle est la seule.<br>Margarita alors va prendre la main de son p\u00e8re, va avec lui dans la rue, elle rit au soleil et il rit. Margarita trouve toujours tout si facilement.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le p\u00e8re<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aime aller au caf\u00e9 avec mes deux filles. Dans la rue je leur donne la main, une de chaque c\u00f4t\u00e9. Les gens souvent me regardent&nbsp;: quel est cet homme avec deux fillettes si jolies et si semblables, leurs mignonnes robes bien repass\u00e9es par une m\u00e8re fi\u00e8re, leurs petites jambes qui trottent&nbsp;: quatre jambes, quatre petits pieds chauss\u00e9s de sandales. Je garde Lola du c\u00f4t\u00e9 des murs, je ne sais pas pourquoi, et Margarita suit le trottoir. Je m\u2019en suis aper\u00e7u un jour parce que Lola a attrap\u00e9 mon autre main en quittant la maison.<br>Je n\u2019ai rien dit, elle a march\u00e9 ainsi du c\u00f4t\u00e9 de la chauss\u00e9e, des voitures, du c\u00f4t\u00e9 du soleil, et Margarita a docilement pris l\u2019autre main. Mais d\u00e8s le lendemain, c\u2019\u00e9tait comme d\u2019habitude&nbsp;; sauf que je l\u2019avais remarqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A la naissance, Lola est rest\u00e9e sans respirer quelque minutes. On \u00e9tait tellement surpris sa m\u00e8re et moi qu\u2019elle soit l\u00e0&#8230; J\u2019avais Margarita dans les bras, avec sa petite t\u00eate rouge et noire. On voyait de dos la sage-femme qui s\u2019agitait, et le b\u00e9b\u00e9 blanc comme un poisson sur la table. Puis elle a cri\u00e9, s\u2019est agit\u00e9e, elle a rosi.<br>On a commenc\u00e9 \u00e0 vivre cette histoire qu\u2019on avait pas pr\u00e9vue&nbsp;: parents de jumelles ; de&nbsp;<em>vraies<\/em>&nbsp;jumelles. C\u2019\u00e9tait difficile, surtout au d\u00e9but. Ma m\u00e8re m\u2019a donn\u00e9 le vieux berceau qu\u2019elle avait mis au grenier, celui o\u00f9 je dormais, parce qu\u2019on n\u2019en avait achet\u00e9 qu\u2019un, tout blanc. Le vieux berceau, je l\u2019ai lav\u00e9 \u00e0 l\u2019eau de javel dans la cour, il est peint en bleu ciel, et c\u2019est ma m\u00e8re qui a achet\u00e9 le matelas.<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e8res voient tout, mais ma femme n\u2019a pas vu au d\u00e9but, je crois, qu\u2019un des ongles de pied de Margarita \u00e9tait un peu plus petit (celui du petit orteil gauche). Elle \u00e9tait tellement perdue \u00e0 cette p\u00e9riode. Moi je l\u2019ai remarqu\u00e9 depuis le d\u00e9but et donc, je suis bien tranquille&nbsp;: Margarita est Margarita, Lola est Lola.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand j\u2019entre dans le caf\u00e9, comme un homme fortun\u00e9 avec ses deux bijoux, tout le monde s\u2019exclame, mes vieux amis appellent les filles, elles vont sur leurs genoux, ils s\u2019amusent \u00e0 v\u00e9rifier qu\u2019ils ne se trompent pas, ils leur donnent des petits canards de sucre tremp\u00e9s dans le fond de leur tasse, leur montrent les cartes, les dames et les valets, les coeurs, les piques. Elle rient toutes les deux, courent de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre.<br>Je suis bien au caf\u00e9, avec elles.<br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Margarita<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp;Lola est ma jumelle \u00e7a veut dire qu&rsquo;on a le m\u00eame papa et la m\u00eame maman et qu&rsquo;on est n\u00e9es le m\u00eame jour.<br>&nbsp; On est des vraies jumelles \u00e7a veut dire qu&rsquo;on est presque pareilles. On habite dans la m\u00eame maison, dans la m\u00eame chambre mais on n&rsquo;a pas le m\u00eame lit. Des fois je viens dans son lit quand j&rsquo;ai peur, elle, elle n&rsquo;a jamais peur la nuit. Elle voudrait aller dans le jardin la nuit mais la porte est ferm\u00e9e, elle regarde la lune \u00e0 travers les volets. Elle s\u2019est promen\u00e9e la nuit dans le grenier, une fois&nbsp;&#8230;on dirait qu&rsquo;elle ne dort jamais. Moi j&rsquo;aime tout manger sauf les courgettes et les poireaux, et le miel. Elle, elle n&rsquo;aime rien sauf le poulet et les p\u00e2tes. Maman la force un peu. Une fois elle a vomi.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; Elle n\u2019a pas pleur\u00e9 le premier jour d\u2019\u00e9cole, moi, si, je m\u2019accrochais au cou de Maman, elle a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de me d\u00e9crocher et de me donner \u00e0 la ma\u00eetresse.<br>Lola \u00e9tait \u00e0 c\u00f4t\u00e9, elle est entr\u00e9e dans la salle o\u00f9 il y avait tous les enfants qu\u2019on n\u2019avait jamais vus, elle est rest\u00e9e sans bouger m\u00eame quand la ma\u00eetresse a dit d\u2019aller s\u2019asseoir \u00e0 une petite table. Les enfants nous ont laiss\u00e9 deux places \u00e0 c\u00f4t\u00e9, ils nous regardaient, avec nos robes pareilles. On n\u2019a pas jou\u00e9 avec les autres au d\u00e9but, on regardait. Apr\u00e8s on jouait avec eux, ensemble.<br>Et puis Lola a fait une grosse col\u00e8re apr\u00e8s les premi\u00e8res vacances parce qu\u2019elle ne voulait pas mettre la m\u00eame robe que moi et Maman \u00e9tait un peu f\u00e2ch\u00e9e mais elle a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de lui mettre la jupe en jeans. Et Lola a commenc\u00e9 \u00e0 jouer pas toujours avec moi et la premi\u00e8re fois j\u2019ai pleur\u00e9 parce que c\u2019\u00e9tait un jeu que je n\u2019aimais pas, et un gar\u00e7on est venu et m\u2019a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Hou le b\u00e9b\u00e9&nbsp;\u00bb et je suis partie \u00e0 l\u2019autre bout de la cour. Il y avait une fille qui \u00e9tait nouvelle et elle m\u2019a demand\u00e9 pourquoi je pleurais et apr\u00e8s on est devenues copines. Je n\u2019\u00e9tais plus du tout avec Lola, j\u2019\u00e9tais avec ma copine et l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s on n\u2019\u00e9tait plus dans la m\u00eame classe et j\u2019ai pleur\u00e9 le premier soir. Mais Lola est venue me consoler dans mon lit.<br>Plus jamais on ne s\u2019habille pareilles maintenant. On n\u2019a pas les m\u00eames go\u00fbts. Papa dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;chacune ses go\u00fbts&nbsp;\u00bb, et m\u00eame Lola a voulu qu\u2019on lui coupe les cheveux \u00ab&nbsp;au carr\u00e9&nbsp;\u00bb, et moi j\u2019aurais bien voulu aussi mais je savais que \u00e7a ne lui plairait pas alors je n\u2019ai rien demand\u00e9.<br>Je crois que Maman me pr\u00e9f\u00e8re parce que je ne fais pas de col\u00e8re mais moi des fois je pr\u00e9f\u00e8re Papa.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Lola<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; Papa est mort d\u2019un seul coup. Il \u00e9tait assis \u00e0 la petite table \u00e0 l\u2019entresol, en train de prendre son caf\u00e9 comme chaque matin. Il s\u2019est affaiss\u00e9 et c\u2019est Margarita qui l\u2019a trouv\u00e9, deux heures plus tard, comme endormi sur son bras. Moi j\u2019\u00e9tais au Qu\u00e9bec.<br>&nbsp; J\u2019ai seulement pu imaginer la sc\u00e8ne, les sc\u00e8nes qui ont suivi. Je suis arriv\u00e9e le lendemain en fin de journ\u00e9e. Je peux seulement raconter dans quel \u00e9tat je les ai trouv\u00e9es apr\u00e8s, Maman et Margarita.<br>&nbsp;Maman, c\u2019\u00e9tait comme dans cette expression&nbsp;: \u00ab&nbsp;KO debout&nbsp;\u00bb. Je crois qu\u2019elle a mis ensuite des mois \u00e0 r\u00e9aliser, comme on enl\u00e8ve peu \u00e0 peu les pelures d\u2019un oignon pour trouver la chair blanche, \u00e9lastique, les larmes du deuil. Elle avait d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu beaucoup de deuils, elle ne s\u2019attendait pas \u00e0 celui-l\u00e0, mais c\u2019\u00e9tait une chemin connu, les d\u00e9marches, l\u2019organisation, elle s\u2019en est saisi. Moi, qui aurais peut-\u00eatre d\u00fb m\u2019en charger avec ma s\u0153ur, j\u2019\u00e9tais emp\u00eatr\u00e9e, perdue, et sa mani\u00e8re de prendre les choses en mains \u00e0 la fois nous arrangeait et nous ramenait \u00e0 nos places d\u2019enfants. Mon malaise n\u2019\u00e9tait rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce gouffre o\u00f9 Margarita s\u2019est laiss\u00e9e couler.<br>Apr\u00e8s les c\u00e9r\u00e9monies, les condol\u00e9ances, les \u00ab&nbsp;Il n\u2019a pas souffert, allez, on voudrait bien partir comme \u00e7a&#8230;&nbsp;\u00bb qui me laissaient de marbre, les r\u00e9flexions inavouables sur la suite&#8230;la maison, tout \u00e7a, j\u2019ai fui.<br>&nbsp; Mon travail m\u2019attendait imp\u00e9rieusement l\u00e0-bas. Je leur ai dit au revoir sans qu\u2019une seule parole sinc\u00e8re, sentie ait \u00e9t\u00e9 vraiment \u00e9chang\u00e9e sur ce qu\u2019on vivait, sur l\u2019avenir. Moi qui croyais Margarita \u00e0 peu pr\u00e8s heureuse dans sa vie d\u2019institutrice, je d\u00e9couvrais avec effroi combien elle avait \u00e9t\u00e9 le reflet de notre p\u00e8re, et elle me semblait d\u00e9sormais comme un miroir cass\u00e9.<br>&nbsp;Elle manifestait pour Maman une r\u00e9pulsion que moi seule, je crois, voyais. Maman pleurait de temps en temps, dans les moments o\u00f9 il n\u2019y avait rien \u00e0 faire. Mais ni Margarita ni moi ne pleurions, du moins devant d\u2019autres. Margarita se d\u00e9pla\u00e7ait sans cesse, ne pouvait venir partager les repas, quittait les pi\u00e8ces d\u00e8s que Maman y entrait.<br>En partant j\u2019\u00e9tais terrifi\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de les laisser en t\u00eate \u00e0 t\u00eate dans cette maison. Mais je ne pouvais rien faire, ni proposer. Seulement les laisser trouver leurs propres solutions. Je n\u2019avais pas besoin de ma part de la maison, ni de l\u2019argent, et s\u00fbrement la question ne viendrait que dans tr\u00e8s longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019a\u00e9roport, je regardais dans mon t\u00e9l\u00e9phone les photos que j\u2019avais prises de l\u2019int\u00e9rieur de la maison&nbsp;: la chaise de jardin sur laquelle Papa est mort, toutes les pi\u00e8ces de la maison, ses bottes encore pleines de boue s\u00e9ch\u00e9e (il avait plu la veille), le grand couloir dall\u00e9, le jardin bien s\u00fbr, qui semblait offrir un adieu \u00e9clatant \u00e0 son ma\u00eetre (ou serviteur), en cette fin de printemps. Et la fameuse photo sur le buffet o\u00f9 Margarita et moi semblons incarner si parfaitement la g\u00e9mellit\u00e9, avec nos petites robes \u00e0 volants. J\u2019ai l\u2019air un tantinet contrari\u00e9e, Margarita s\u2019offre avec na\u00efvet\u00e9 \u00e0 l\u2019oeil m\u00e9canique. D\u00e9j\u00e0 je crois j\u2019essayais de fuir cette identit\u00e9 jumelle, fuir le reflet, la petite main serr\u00e9e, serrant. Papa prenait les choses avec simplicit\u00e9, il m\u2019a aid\u00e9e parfois dans mes man\u0153uvres d\u2019\u00e9vasion\u2026 c\u2019est lui qui a obtenu que nous ne soyons pas dans la m\u00eame classe, quand je le lui ai demand\u00e9. Margarita m\u2019en a beaucoup voulu.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je suis partie pour mes \u00e9tudes, Margarita a pass\u00e9 beaucoup de temps avec lui&#8230;il y avait quelque chose d\u2019un peu forc\u00e9 dans sa fa\u00e7on de donner \u00e0 voir cette proximit\u00e9. Elle passait avec lui une grande partie de son temps libre, dans l\u2019association qu\u2019il avait cr\u00e9\u00e9e, dont elle \u00e9tait secr\u00e9taire.<br>Maman m\u2019a dit une fois&nbsp;: \u00ab&nbsp;Elle vient avec lui au caf\u00e9, le samedi, je ne sais pas si \u00e7a lui pla\u00eet tant que \u00e7a, peut-\u00eatre il pr\u00e9f\u00e9rerait \u00eatre seul avec ses amis&nbsp;\u00bb.<br>Si je r\u00e9fl\u00e9chis, je crois que je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 seule avec lui depuis bien longtemps. Ca n\u2019arrivera plus jamais maintenant&nbsp;.<a href=\"http:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(D&rsquo;apr\u00e8s une photo de Diane Arbus) La m\u00e8re J\u2019ai deux filles pour une. Celle que j\u2019attendais, laquelle est-elle&nbsp;? 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