{"id":1742,"date":"2015-10-09T09:07:31","date_gmt":"2015-10-09T09:07:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/?p=1742"},"modified":"2016-08-29T12:06:01","modified_gmt":"2016-08-29T12:06:01","slug":"nuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/nuit\/","title":{"rendered":"nuit"},"content":{"rendered":"<p>quand pour la premi\u00e8re fois<br \/>\ntout petit enfant on a vu la nuit<br \/>\nloin des figures tut\u00e9laires<br \/>\noccup\u00e9es de leur propre vie,<br \/>\nallong\u00e9 dans une poussette<\/p>\n<p>on a per\u00e7u le sens de l\u2019adieu :<br \/>\nquand tout est dit<br \/>\net fait.<br \/>\nquand le mouvement va reprendre.<\/p>\n<p>on a senti l\u2019incoh\u00e9rence<br \/>\nbien-aim\u00e9e du monde<br \/>\nle trou de la haie le verre limpide sur la table<br \/>\nle b\u00e2timent inconnu o\u00f9 il faut entrer<br \/>\nle pays de l\u2019adolescence.<\/p>\n<p>tout \u00e7a on le voit<br \/>\ndans le collier de perles que font les lumi\u00e8res<br \/>\nlointaines, insaisissables.<\/p>\n<p> \u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0\u00b0<\/p>\n<p>il n\u2019y a pas de fronti\u00e8re entre la nuit et l\u2019int\u00e9rieur de ses yeux, rien qui emp\u00eache sa vision ; liquides, noires, les prunelles, et l\u2019ourlet des deux paupi\u00e8res immobiles, comme son corps envelopp\u00e9, bien au chaud &#8211; tout pr\u00e8s, la m\u00e8re (ou le p\u00e8re) est une montagne obscure, absente<br \/>\n&#8211; le petit enfant voit, et ne fait rien d\u2019autre<br \/>\nrien ne fait rien, c\u2019est la nuit.<\/p>\n<p>je ne t\u2019ai pas dit adieu, c\u2019\u00e9tait trop tard, rien n\u2019y faisait rien. le temps d\u2019avant \u00e9tait plein, le temps de maintenant vide. <\/p>\n<p>ce qui \u00e9tait surprenant et qui s\u2019interrompt avant qu\u2019on l\u2019ait vraiment vu.<br \/>\nce qui a \u00e9t\u00e9 terriblement long \u00e0 venir, ou a dur\u00e9 longtemps<br \/>\ncontre toute logique.<br \/>\nla personne qui est devant vous, dans la file, qui attend son tour.<br \/>\nl\u2019a\u00e9roport apr\u00e8s minuit<br \/>\nles grandes vitres o\u00f9 se refl\u00e8te un homme assis.<br \/>\nce qu\u2019a fix\u00e9 la m\u00e9moire sans aucune raison.<\/p>\n<p>le jardin en juin qu\u2019on a visit\u00e9, l\u2019\u00e9chapp\u00e9e d\u2019un vert acide<br \/>\nentre deux sureaux. la soif dont on prend conscience en entendant couler de l\u2019eau.<br \/>\nla premi\u00e8re fois o\u00f9 elle vous a parl\u00e9 de sa maladie, le poing d\u2019un b\u00e9b\u00e9 qui dort encore<br \/>\n\u00e0-demi ouvert.<br \/>\nla lumi\u00e8re orange dans la rue d\u2019hiver famili\u00e8re, un dimanche soir, en fermant les volets.<\/p>\n<p>ce qu\u2019on n\u2019a pas eu, ce qu\u2019on a eu.<br \/>\nce qu\u2019on a juste en ce moment.<\/p>\n<p>ce qu\u2019on aime, c\u2019est \u00e0 dire exactement ce qui va dispara\u00eetre, que la nuit \u00e9loigne &#8211; cette libert\u00e9 des objets, des vivants, quand on ne peut plus les voir.<\/p>\n<p>et tout ce qui va appara\u00eetre<br \/>\ndont on ne comprendra<br \/>\nque la facette qui nous regarde.<\/p>\n<p>toi, maintenant<br \/>\nc\u2019est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi que je peux saisir<br \/>\nquelque chose qui se m\u00e9lange, un point de fusion<br \/>\nlave pourpre se d\u00e9versant dans l\u2019eau, plonge dans la mer nocturne et bouillonne&#8230;<\/p>\n<p>que la nuit reste toujours pr\u00e9sente, que le jour se l\u00e8ve, que le jardin se livre \u00e0 sa fermentation lente, \u00e0 ses propres lois, que je sois l\u00e0 pour l\u2019endiguer.<\/p>\n<p> que rien ne g\u00eane ma vision. <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/francois-corvol\/nuit-claire-ceira-1\">pour \u00e9couter<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>quand pour la premi\u00e8re fois tout petit enfant on a vu la nuit loin des figures tut\u00e9laires occup\u00e9es de leur propre vie, allong\u00e9 dans une poussette on a per\u00e7u le sens de l\u2019adieu : quand tout est dit et fait. (&hellip;)<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/nuit\/\">Read the rest of this entry &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1742","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-mobilis-immobilis"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1742","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1742"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1742\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1771,"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1742\/revisions\/1771"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1742"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1742"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.angle-vivant.net\/claireceira\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1742"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}