décembre 28th, 2019 § 0 comments § permalink

 

Je me sens proche de Chirico
ses figures dénudées et mélancoliques
qui sont l’âme en son béton
les visages des bords de mer
dans leur ailes balnéaires
mais ce n’est rien qu’une entité vivante qui s’éloigne
et s’approche dans son gain de mystère
révélé, par l’ouverture de la terre
les structures en béton, logis romancés où des cerveaux
s’extraient du temps qu’ils ont été
qu’ils ont puisé dans les filets de la solitude
et des fêtes qui subsistent

 

je me sens proche des carrés, des constructions monolithiques
et ces fenêtres balnéaires découvrent un frontispice
où vraiment la corvée de ne pas être
est seulement primitive à ce prix
que se dévoilent d’autres têtes
d’autres ailes qui nous ont appartenus

 

la majesté balnéaire
les cubes et les appartement entrouverts
où fermés pourtant sont les sols et les fenêtres
restreinte l’opacité du sang de la mer
le sang toujours, baigne les hémisphères dans ses chevelures
et perdent la loyauté de leurs esprits
ceux qui penchent vers une enfance altière
au point de ne plus être

décembre 22nd, 2019 § 0 comments § permalink

AIGLE
 

Les divinités mexicaines m’auscultent
avec leur tendres défenses et leurs cornes
je ne suis pas en mesure de défier autre chose
qu’une tourmente, qui a lieu comme le givre
et comme les concrétions attaquent la roche
je suis roche si seulement la divinité
puise ailleurs qu’en mon coeur les manières de bâtir
je suis roche si seulement je ne trouve autre chose qu’un liant
mais seulement j’ai les yeux qui sont la vivacité
qui sont le grain de terre meuble et qui sont l’échine d’une vase
un geyser ou encore une autre ébullition
plus souterraine encore

décembre 21st, 2019 § 0 comments § permalink

IMAGES

 

la traînée va sur le devant de cette scène émotive
l’impossibilité d’écrire sur une image
c’est la même histoire du peintre
qui a arrêté de peindre dès qu’il a commencé
l’impossibilité d’écrire sur un sens
sans qu’advienne la pensée
l’impossibilité de gouverner les images
sans que se sépare l’âme
par le dérangement
rester sur l’équilibre du sens vraiment
est la seule manière de ne pas parler

drame de l’artiste qui subit l’arrêt du temps
mais supériorité que d’écouler les spasmes de ce temps
dans les antres
dans les possibilités des demeures.

décembre 19th, 2019 § 0 comments § permalink

 

C’est une épreuve où l’on doit mourir
cette trouée dans le ciel
le parfum vespéral est âcre encore
quand se mêle la chimie de la réminiscence
mourir en ce ciel qui se troue
de malveillance ferrugineuse
la teigneuse façon qu’on a de ne pas se sentir à l’aise
quand l’angoisse efface les espoirs et que l’attente
veille à former des décisions
le long d’une citerne qui s’épuise

le long d’un canal seulement
chenal d’orchidées où les mendiantes
luttent avec la transformation du jour
en une bouée où cicatrisent les espoirs d’un ailleurs
quand la force concentrique nous obligeait

long chemin où s’avalent d’autant plus les rencontres
qu’elles ont été fructifiantes
et que la liste s’épuise dans un coffret qui semble
de l’or ou l’ambre d’une vieille synthèse

décembre 18th, 2019 § 0 comments § permalink

LES REVOLUTIONNAIRES

 

J’ai vu de jeunes révolutionnaires
à vrai dire ils étaient en deuil
en deuil de n’avoir rien fait
et d’être comme des mannequins immobilisés
à se mouvoir dans le cerveau
comme des caméléons paralysés
ils dansaient ainsi que de piètres synapses
acculés sur le bord des falaises
et comme des mouroirs s’exprimaient
telle une anti-falaise

à force de ne rien être ils auraient été presque
une âme humaine, mais plus rien
en eux ne savait apprécier les choses qui viennent
ils dépréciaient
immobilisés la nature humaine
et comme des crevettes
respiraient l’air qui leur manquait

l’une d’entre eux, bougeait insensiblement
elle était figée dans son mouvement
et on aurait dit une image vivante
tétanisée par elle-même

c’est ainsi que les révolutionnaires faisaient la fête.

décembre 15th, 2019 § 0 comments § permalink

 

C’est toi qui voulais un espace spacieux
une densité restreinte de boiseries
où tu pourrais allègrement être
l’objet rêvé d’une ancienne semonce
que toujours visiterait le bonheur
ton bonheur singulier d’être
la fille que tu étais

et pourtant c’est moi encore dans le lieu de cet étau
qui délabre les mêmes meubles et les mêmes ustensiles
à quoi sert cet état délabré et sain
cette chambre où l’on peut lire encore
la semonce ou bien des toiles qui dans la main
laissent présager ce qui sépare de l’âme

là encore ce rêvoir qu’ont connu les enfants d’une génération
là encore où le rêve a pris dans un crépuscule
mais dis-moi l’aube est elle aussi un devenir
une tempe qui bat et un verre brisé
une foi qui dans le coeur gonfle
sans savoir ce qui s’éclaire

mais oublier et donner à voir
la visite et le tumulte d’un gris
et d’une lucarne sur le ciel

décembre 14th, 2019 § 0 comments § permalink

 

Ne dis rien que le sperme de la nuit
le mien n’est pas noir comme le sont d’autres cors
enfouis dans une plaine,
car ici des futaies et des steppes
avec des mains seigneuriales posent leurs os
sur des génies reposés dans les lierres
des alcôves où ton corps est une fin en soi
ce n’est plus qu’un démiurge synergique
plus rien que la stridence des perdrix
et le tout envolé dans la bouche
d’une prairie où le sens fait rage

rare ligament, rare denrée
quand tout est muni de la sphère et l’idée
quand un hêtre apparaît comme la statue de sel du vivant
mais toutes amenuisées sont la lueur et la caverne
assaisonée par les douces pénates
et l’hybridité du monde moderne

décembre 12th, 2019 § 0 comments § permalink

 

je pensais que celui-ci avait raison quand il préférait rire des feuillages
d’une chose totalement stupide
comme si vous ne vous souveniez pas du contenu d’une blague
donc ceux-là n’ont jamais ri qui se sont évertués à écrire
d’abord moi je riais et buvais
et me levais de ma chaise avant de me rasseoir fatigué
ma chaise d’interné mais avant j’avais un peu fait basculer le monde
dans des lueurs oranges
et ma lingerie blanche surtout épousait la folie
parce qu’il y a des lambeaux et parfois des dentelles
dans la manière de déconstruire

je n’emploie plus les mots, ils s’écoulent et ont pour seul substance
l’enfant intelligent qui n’écoute pas d’autres choses
j’attends le fond des drogues que j’ai prises
et qui m’ont pincé et qui ont fait fleurir
des folies sages et des substrats
d’années en années

je n’aime pas ceux qui n’ont jamais prisé
et ceux qui ne font que conduire leur petit cheval
dans les ornières et la boue jusqu’à ce qu’ils récoltent un peu de neige
je n’aime pas ceux qui ne savent autrement jouer de la folie
que par des mots et du langage
il faut se lever un jour dans le bleu et le cristal
du matin, mais surtout virer et détruire ensuite la myriade du noir
pour savoir construire en raison du temps
autre chose que des mots mais des mets hallucinogènes
qui fermentent et détruisent
l’enveloppe charnelle d’une année entière

décembre 9th, 2019 § 0 comments § permalink

 

Ton visage – le crémeux
enfin tes nerfs quotidiens appellent à aimer
des phases succulentes
comme plantes et pot les choses vont un train
et une préciosité absente
mais je voulais pourtant amortir ces états
qu’un démiurge tout aussi nerveux
esquive, et qui laisse aimer à sa suite
d’autres combinaisons encore de mélodieux
quand toute musique absente ausculte un silence
méticuleusement démembré

Une légère fuite cérébrale, se plait à ouvrir d’autres champs
d’autres allégories puissantes ensevelies là
précisément où se trouve la chimie de ta chimère
et le lieu déconcerté par toute prévenance

c’est morts d’être nés qu’ainsi se forment les espaces
dans la durée

décembre 8th, 2019 § 0 comments § permalink

 

L’intensité du soir est avilissante
les tombeaux sont sereins et c’est pour cela
qu’on nomme soir ce qui est serein
quand viennent s’opacifier les éclats de verre
brisé par des schémas récurrents
tu es incorrecte en raison d’une divinité qui le soir
s’abstrait de sa pourriture d’ambre
et fait coaguler des impressions de ciels et verdures
intériorisées comme le sont les pensées
décoratives d’une décadence.

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