Claire Ceira

funeral train

par claire le 20 juillet, 2018

le train traverse le pays – pas très vite
le vent soulève les branches des grands arbres mouvants
les petites gares sont envahies, leurs quais noirs de monde
sur les remblais, les herbes sont hautes comme à chaque fin de printemps
certaines ont déjà grainé, sont couchées
on ne voit rien de l’intérieur des wagons
la locomotive ressemble à une bête de trait, noire
il y a des gens sur le ballast, des gens sur les talus, venus par des chemins tracés dans l’herbe depuis leurs maisons
ils sont tous debout et droits, les bras le long du corps certains font un signe
même les enfants portés à bras ont un visage figé
la respiration du vent entoure tout – les gens respirent paisiblement dans l’eau du chagrin
et lui, raide comme une planche, blanc et froid, est le seul immobile
dans son déplacement glissant.

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