Claire Ceira

aller

par claire le 1 juin, 2017

quelque chose de passé réapparaît, qu’on croyait avoir perdu
qui semblait vidé de sa matière. tandis qu’il pleut, sans vent, cela surgit.
le ciel vers lequel va la route est d’un gris uniforme
opaque et plat comme le fond d’un très grand tableau

et jaillit un éclair vertical qui le sépare en deux moitiés.

je roule, j’ai toujours le volant entre les mains
glisse entre les feuillets du paysage, visant le V lointain
qui sépare deux monts bruns couchés sur l’horizon

glisse sous la couverture du ciel, comme celle d’un lit large, inconnu
et frais

je vais et rejoins ce qui m’attend de ville en ville
de jour en jour et de lumière en pluies
toujours devant toujours exact
dans l’arrière-salle des restaus populaires
ou sur les bancs des squares
assis
toujours à l’écart.

il est comme un soldat qui ne peut pas vous voir
adossé au mur cramoisi il rêve
du combat qu’il faudra vivre demain
la peur vibre dans la chair de ses cuisses
mais son visage est immobile.

et moi qui ai peur aussi
à l’idée de la guerre
je m’éveille au milieu de la nuit
les murs sont trop près ou évanescents

demain dans le jour
tout sera clair
on passera à l’action.

Laisser un commentaire

Required.

Required. Non publi.

Si vous en avez un.